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Habitats alternatifs et usages de la participation ? Comparaisons Nords-Suds

Cycle « Écologie des pratiques et place des collectifs »

Neuvième journée de l’atelier “Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés”

Mardi 11 décembre 2018 (9h30-17h00)

École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris la Villette
144 avenue de Flandre 75019 PARIS
Salle 112 B

Programme PDF

Coordinateurs de la séance : Lionel Rougé[1] et Dominique Theile[2]

Cette journée est une session commune à deux ateliers du REHAL (réseau Recherche Habitat-Logement)  :  l’atelier « Habiter la transition », dont l’objectif est d’analyser la rhétorique qui entoure la notion de « transition » et les pratiques qui y sont associées en confrontant ce mot d’ordre aux expériences des acteurs et des populations, notamment celles liées à l’habiter au sens large ; et l’atelier « Alternatives dans l’habitat », qui s’intéresse aux pratiques, actions et expériences de production de logement qui, situées hors du secteur de la promotion immobilière et de celui dit « social », permettent de contourner les difficultés à se loger et à habiter. S’intéressant tous deux aux expériences participatives comme terreaux d’une transition/d’une alternative dans les modalités d’habiter et la fabrication d’habitats, nous avons souhaité centrer les échanges de cette session commune autour des usages de ces expériences participatives dans la mise en œuvre d’habitats alternatifs, ce dans une perspective comparatiste « Nords-Suds ».
La notion de participation est connotée d’une certaine ambiguïté : elle est associée à des droits mais aussi à des devoirs. Ainsi, on peut percevoir un point commun entre le service militaire dans les cités antiques grecques, les « trabajos vecinales » en pays andins qui s’ancrent en partie dans la tradition des corvées Inca, et aujourd’hui en France une participation conçue comme outil au service de la puissance publique : des moyens de faciliter la mise en œuvre de certaines actions publiques. Mais la participation peut désigner aussi des actions de conquête ou reconquête de droits par des citoyens mais aussi des exclus : par exemple, les « invasões » au Brésil, pratiques collectives organisées d’occupation de terres associées à l’autoconstruction, pour contourner les difficultés de logement ; l’autoconstruction, même d’initiative individuelle, est aussi une façon de récupérer un droit confisqué par certaines professions dites réglementées. En France, en Europe comme aux Etats-Unis, les expériences participatives, initiées dans le champ de l’habitat et de la production du logement, sont diverses et ont des parcours variés dans le temps comme dans l’espace[3]. Les travaux récents examinant la situation française soulignent bien le caractère protéiforme et pluriel de l’usage de la participation dans la conception, la réalisation et la gestion d’habitats dits alternatifs (autogéré, coopératif, autopromotion, autoconstruction, participatifs … »[4].
Au travers d’éclairages faisant dialoguer expériences « Nords » et « Suds », cette session commune se propose de venir questionner le sens accordé à l’utilisation de la rhétorique de la participation, ainsi qu’à sa structuration, dans des projets d’habitats alternatifs. Dans ces mondes alternatifs en construction les démarches participatives – et de démocratie directe – sont mobilisées/activées/abusées pour développer des compétences dans la conception, production, gestion de logements. Comment la participation est mobilisée, intériorisée et entendue par les acteurs engagés dans ces projets émergents ? Comment logiques individuelles et collectives arrivent-elles à s’articuler au sein de ces initiatives ? En quoi cette « participation » socialement et politiquement située – voire fabriquée – est-elle mise en pratique et questionnée dans des contextes appropriés ou en cours d’appropriation ? Bref, notre propos est de s’intéresser à la multiplicité des expériences de la participation, dans les « nords » mais aussi dans les « suds », en ce qu’elles tentent de dépasser plusieurs difficultés, celles des systèmes de production de logement, celles des démarches de transition, celles enfin d’un « habiter autrement » et de « faire ville » autrement.

Les enregistrements audios de la séance sont directement accessibles depuis le programme ci-dessous :
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Introduction de Lionel Rougé, Anne d’Orazio, Jérôme Boissonade (enregistrement audio) et Dominique Theile   Enregistrement audio    Présentation PDF

Matinée (9h30 – 12h) :

Discussion 

Après-midi (14h – 17h) :

  • Anne D’Orazio[10] et Véronique Biau[11]: « Asymétrie des relations et non interchangeabilité des acteurs; le plafond de verre de la participation. Analyse à travers le cas d’habitats alternatifs français ». Enregistrement audio

Discussion   Première partie     Seconde partie


[1] Maître de Conférences à l’Université de Caen, chercheur UMR CNRS 6590 ESO (Espaces et Sociétés)
[2] Chercheur conseil en sciences humaines et sociales
[3] Marie-Hélène Bacqué & Claire Carriou, « La participation dans l’habitat, une question qui ne date pas d’hier », Métropolitiques, 11 janvier 2012. URL : http://www.metropolitiques.eu/La- participation-dans-l-habitat.html.
[4] Anne d’Orazio, 2017, S’associer pour habiter et faire la ville : de l’habitat groupé autogéré à l’habitat participatif en France (1977-2015). Exploration d’un monde en construction, Thèse en Aménagement de l’espace et Urbanisme. Camille Devaux, 2015, L’habitat participatif. De l’initiative habitante à l’action publique, Rennes, PUR, Coll. Géographie Sociale, 294 p.
[5] Professeure de sociologie à l’université Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis, chercheuse LAVUE (UMR CNRS 7218)
[6] Directeur de recherche CNRS, Géographie-cités (UMR CNRS 8504)
[7] Architecte ENSAL, doctorante Université Lumière-Lyon 2 / Environnement Ville Société (UMR CNRS 5600)
[8] Maître de conférences à l’Université Paris Ouest-Nanterre, chercheuse LAVUE (UMR CNRS 7218)
[9] Université de Sienne
[10] Maître de Conférences à l’ENSAPLV, chercheure LET-LAVUE (UMR CNRS 7218)
[11] Architecte-Urbaniste en chef de l’Etat, chercheure LET-LAVUE (UMR CNRS 7218)

Présentation du réseau ACDD

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Approches critiques du développement durable

 

La notion de développement durable fait l’objet d’un travail critique fragmentaire de la part de nombreux chercheurs. Cependant, leur éclatement et le caractère parfois marginal de l’objet “durable” dans leur démarche masquent les transversalités critiques qui pourraient être mises en évidence sur ces objets du développement durable.
Il est temps aujourd’hui nous semble-t-il, d’avoir une approche réflexive s’interrogeant à la fois sur les appuis théoriques, les démarches empiriques, les corpus utilisés et les objectifs visés. Bref, analyser les ressorts de ces critiques, leur éventuelle cohérence et les limites qu’elles rencontrent, que ces dernières soient d’ordre pratique, épistémologique, théorique ou autres.
A la suite du colloque international qui a eu lieu les 1er et 2 février 2012, ce réseau s’inscrit dans une ambition multiple :

  • Poser les premiers jalons d’une sociologie des approches critiques du développement durable.
  • Rassembler des chercheurs opérant un retour réflexif sur leur propre travail critique, et d’autres souhaitant défricher ce champ, ce réseau sera aussi l’occasion de les faire converger.
  • Donner une lisibilité à cette diversité critique et mettre en évidence certaines options théoriques communes.
  • Participer à la théorisation de certains fondements de la critique du développement durable, non seulement au sein du monde de la recherche, mais aussi au-delà, parmi les acteurs et les usagers des “objets” durables. Ceci, en s’attachant notamment aux liens qu’ils entretiennent actuellement et ceux qu’ils pourraient mettre en œuvre.

Pour mener à bien cette entreprise, nous avons mis en évidence cinq axes de travail qui ne sont ni exclusifs les uns des autres ni exhaustifs, mais constituent une trame pouvant permettre aux uns et aux autres de situer leur approche.

Axe 1 : Un développement insoutenable ?
Les conventions sociales qui structurent habituellement les situations et les collectifs constitués sont aujourd’hui éprouvées par un double processus de fragmentation et de mondialisation. Portée par la plupart des institutions internationales, l’analyse de ce double processus en termes de développement durable déplace l’attention des inégalités sociales vers les inégalités écologiques, par exemple celles liées à la montée des eaux. La nature devient donc un nouveau moyen de créer du bien commun. Cette question des inégalités écologiques est généralement abordée en considérant la “rareté relative”[1] des biens environnementaux et se préoccupe de “ce que la nature peut supporter”[2]. Plus radical, le concept de décroissance met à nu certaines contradictions essentielles de l’approche en termes de développement durable[3]. Cette alternative radicale peut-elle cependant se nourrir des autres entreprises critiques du développement durable pour mieux les inspirer ?

Axe 2 : Une gouvernementalisation des conduites ?
Les approches en termes de développement durable tentent de régler les conduites des populations en inventant de nouvelles pratiques de responsabilité sociale, une gouvernance susceptible d’organiser une socialisation en-deçà du droit[4]. L’inflation d’indicateurs, caractéristique de ces approches, témoigne de l’importance grandissante des technologies de gouvernement du changement dans cette mise en ordre des populations. C’est ce qui justifie le déploiement de cette politique de gouvernement en matière d’environnement au sens large, en contradiction avec la construction libérale dominante, qui par définition, s’y oppose. Cependant, cette politique de gouvernement ne donne-t-elle pas aussi certains instruments susceptibles de provoquer son propre dépassement ?

Axe 3 : Une démocratie par les instruments ?
La question des politiques de la nature a notamment été abordée à travers la problématique d’une démocratie de procédures qui consiste essentiellement à savoir “comment faire entrer les sciences en démocratie”[5]. Dans ce cadre, le sens du développement durable repose sur la performativité des outils qu’il se donne pour répondre aux enjeux qu’il soulève. Les concepts portés par ce courant de recherche (“forums hybrides”[6], “balistique”[7] des mobilisations, etc.) reposent sur un principe de symétrie qui conduit logiquement à s’intéresser aux processus de construction des controverses environnementales (OGM, tracés de ligne TGV, etc.). Cette mise au centre de la dimension procédurale de ces objets ne repose-t-elle pas néanmoins sur une confiance excessive dans les potentialités critiques de dispositifs, quels qu’ils soient ?

Axe 4 : Une justification écologique ?
Partant le plus souvent d’une approche en termes “d’arènes d’engagement public”[8], la sociologie de la justification s’intéressant à l’environnement s’est d’abord attachée à rendre compte des stratégies, intérêts et légitimations mis en œuvre lors des conflits d’aménagement. A cette occasion, les acteurs travaillent une “grandeur verte”[9] susceptible d’intégrer la nature dans des ordres de justification existants, mais aussi de conduire à l’élaboration d’un nouvel ordre, ou encore de remettre en cause profondément la matrice commune à ces ordres et l’assise qu’elle offre aux entreprises critiques. Promu par les institutions, le “développement durable” s’appuie sur la croyance en cette remise en cause profonde des ordres existants pour inverser la critique, mais ces populations mettent aussi à l’épreuve au quotidien les différents dispositifs qui leur sont prescrits.

Axe 5 : Une durabilité techniciste ?
L’émergence du développement durable tend à redéfinir au sein de l’organisation du travail le mode de production des nouveaux objets techniques et par là même du rapport qu’entretiennent les humains avec leurs environnements dans la vie quotidienne. Cette situation interroge la « convivialité »[10] des éco-techniques contemporaines, c’est-à-dire leur capacité à s’inscrire à la fois dans les savoir-faire et savoir-vivre en usage, mais également dans un projet d’élargissement de l’autonomie individuelle. Au regard des fondements de l’écologie politique, elle implique une controverse sur les possibilités de contrôle des outils techniques par les usagers[11]. Elle questionne ainsi les conditions d’existence de contre-pouvoirs face aux logiques de renouvellement des objets inhérentes au fonctionnement du capitalisme[12].

La problématique du réseau ouvre de nombreuses pistes dont seulement quelques-unes sont esquissées ici. Il s’agit d’un chantier dont les enjeux sont à la mesure d’un modèle qui sature aujourd’hui les modes de légitimation des institutions et des cadres de l’expérience qu’elles tentent de mettre en œuvre.

 


[1] Rawls J. (1987), Théories de la justice, Paris, Seuil

[2] Jonas H. (1990), Le principe de responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique, Paris, éditions du Cerf

[3] Latouche S. (2003), « L’imposture du développement durable ou les habits neufs du développement », Mondes en développement, Vol.31-2003/1, N°121

[4] Gautier C. (1996), « A propos du « gouvernement des conduites » chez Foucault : quelques pistes de lecture », La gouvernabilité, Paris, Presses Universitaires de France

[5] Latour B. (1999), Politiques de la nature. Comment faire entrer les sciences en démocratie, Paris, La Découverte

[6] Callon M., Lascoumes P., Barthe Y. (2001), Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, Paris, Seuil

[8] Cefaï D., Trom D. (dir.) (2001), Les formes de l’action collective. Mobilisations dans des arènes publiques, Paris, Editions de l’EHESS, Collection « Raisons pratiques »

[9] Thévenot L., Lafaye C. (1993), « Une justification écologique? Conflits dans l’aménagement de la nature », Revue française de Sociologie, 34 (4), p. 495-524

[10] ILLICH Ivan, 1973, La convivialité, trad. de l’américain par L. Giard et V. Bardet, Tools for conviviality, Ed. du Seuil, Paris, 160p.

[11] BOSQUET Michel (GORZ André), e1978 (1ère éd. 1975), Ecologie et politique, Paris, éd. du Seuil, 244 p. (coll. «Points Politique»)

[12] SCHUMPETER Joseph, e1951 (1ère éd. 1943), Capitalisme, socialisme et démocratie, Paris, Payot, 462 p.

Activités du réseau

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Programme 2018-19 de l’atelier

Habiter la “transition”
Des pratiques existantes aux politiques de transition :
circulations et ambiguïtés

Atelier thématique commun aux réseaux ACDD et ReHaL
En partenariat avec le Master « Habitat et ville durable – Pour une approche critique de la fabrique urbaine »
(École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris – La Villette)

Six séances sont prévues cette année :
La mobilité transfrontalière : un catalyseur des territoires locaux en transition ?
Mardi 13 novembre 2018 (Besançon)
Coordinatrice et coordinateur de la séance : Sophie Némoz et Alexandre Moine
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Habitats alternatifs et usages de la participation : comparaisons nord-sud
Mardi 11 décembre 2018
(École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris – La Villette)

Coordinateurs de la séance : Dominique Theile et Lionel Rougé (en partenariat avec l’atelier “Alternatives dans l’habitat” du REHAL)
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Entre les lignes des Smart Cities : transition ou disruption des modèles urbains et des pratiques ?
Mardi 8 janvier 2019
(École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris – La Villette)

Coordinatrices de la séance : Sophie Némoz et Elisabeth Peyroux
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La fabrique des vulnérabilités à l’heure des transitions
Mardi 12 mars 2019 (Montpellier)
Coordinateur et coordinatrice de la séance : François Valegeas et Nadine Roudil (en partenariat avec l’atelier “Vulnérabilités résidentielles” du REHAL)
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‘Communs mondiaux’ et pratiques de transition. Les échelles de l’engagement en question
Mardi 14 mai 2019
cole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris – La Villette)
Coordinatrice et coordinateur de la séance : Léa Eynaud et Frédéric Sultan
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Ingénieries(s) de la transition : performance, décision, processus
Mardi 11 juin 2019
(École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris – La Villette)

Coordinateurs de la séance : Guillaume Lacroix et Gilles Debizet
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Conférences organisée par
la Majeure Développement soutenable de Sciences Po. Lille
en partenariat avec le réseau ACDD

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Atelier 2012-2016
« Développement durable et acceptabilité sociale »

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Séances précédentes
Innovation et développement durable : entre injonctions et pratiques
Recherche et “Acceptabilité sociale” de la durabilité
Innovations et comportements
Concepteurs de durabilité : des quartiers pour éco-habitants idéaux ?

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Les numéros de la revue Vertigo liés à l’atelier
« Développement durable et acceptabilité sociale »

Article de présentation du dossier (lien)

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L’ouvrage du réseau ACDD

La ville durable controversée

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Les auteurs : Jérôme Boissonade (dir.), Pierre-Arnaud Barthel, Caroline Barthelemy, Christophe Beaurain, Christophe Beslay,  Valérie Clerc, Ludivine Damay, Miguel Donate Sastre, Rémi Eliçabe, Guillaume Faburel, Philippe Genestier, Romain Gournet, Amandine Guilbert, Anne-Sophie Haeringer, Caroline Lejeune, Marie-Hélène Lizée, Raul Marquez Porras, Laetitia Overney, Eric Pautard, Pascal Philifert, Hélène Reigner, Camille Roche, Pablo Romero Naguera, Delphine Varlet, Bruno Villalba, Marie-Christine Zelem.

Les projets urbains qui invoquent la « ville durable » sont-ils à la hauteur des enjeux contemporains? La promesse d’éco-quartiers montrant la voie d’une « transition écologique » répond-elle aux préoccupations économiques, sociales et environnementales portées notamment par de multiples acteurs de la société civile? Les « éco-techniques », proposées pour donner un vernis écologique aux bâtiments, peuvent-elles inverser les conséquences négatives du régime de développement dominant? Le greenwashing des projets urbains est-il une dérive de la « ville durable » ou une conséquence logique? Dans les discours, il s’agit encore et toujours de changer les comportements par une pédagogie des « petits gestes » auxquels chacun doit prêter attention, jusque dans sa salle de bains. Un tel gouvernement des conduites peut-il susciter l’adhésion des « simples citoyens »? Les dispositifs de débat public qui accompagnent les projets d’aménagement sont-ils à la mesure des enjeux démocratiques posés par ces projets?
Cet ouvrage collectif interroge les usages de la matrice du développement durable dans les espaces urbains. Il rassemble les travaux de recherches qui, dans leur diversité, ont en commun de prendre au sérieux les critiques formulées par les acteurs eux-mêmes, saisis dans ce qui les lie à leurs milieux et leurs formes de vie. Ces critiques de la « ville durable », énoncée publiquement comme un « bien en soi », sont soumises à de multiples épreuves. Quelles prises faut-il construire pour donner une portée à ces mouvements critiques qui naissent au cœur des expériences et des pratiques urbaines les plus ordinaires?
Le livre ouvre une discussion théorique et pragmatique sur la place de la critique dans le développement durable. Il explore la fabrique des prises de la critique, en s’appuyant sur des enquêtes dont les terrains sont français et internationaux, tendus entre géo-politiques urbaines et politiques locales. Inspiré par l’anthropologie et la sociologie de la perception, l’ouvrage réinsère la question politique dans les agencements pratiques que vivent les personnes et les groupes, traçant les contours de résistances ordinaires, ou parfois très singulières, qui échappent aux instruments d’une gouvernementalité verticale par la ville durable.

Sommaire et détails techniques
Introduction

Le changement : du sacrifice à l’exercice ? Comment passer du discours à l’action

Cycle « Pratiques sociales et politiques de transition »

Sixième journée de l’atelier « Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés »

Jeudi 23 novembre 2017
(10h -16h30)

Institut des Sciences de la Communication du CNRS (ISCC)
20 rue Berbier-du-Mets 75013 Paris

Programme

Coordonnateurs de la séance : Sylvain Lavelle[1] et Dominique Theile[2]

Une « transition écologique » complexe, sans doute longue et difficile, qui articule un ensemble de dimensions – industrielle, sociale, environnementale, territoriale… -, semble s’imposer comme un des horizons les plus probables de notre époque. Or le sentiment d’urgence et d’inquiétude qui paraît gagner un nombre croissant de personnes contraste avec une certaine lenteur des changements à l’œuvre – quand ce n’est pas, pour certaines catégories d’acteurs, un déni pur et simple des problèmes. C’est un des paradoxes de la « transition » : il est généralement admis que nous avons désormais toute l’information et la connaissance pour rendre nécessaire et légitime le passage à l’action, mais nous nous comportons comme si nous n’en disposions pas…
C’est la question générale, suivie d’une série de questions plus particulières, que pose cette journée d’étude : comment passe-t-on du discours aux actions, si la connaissance et l’information en tant que telles ne suffisent pas et ne suffiront probablement jamais pour susciter l’engagement des acteurs ? Ne faut-il pas réfléchir le problème selon d’autres modalités, en allant regarder du côté des conditions matérielles et morales de la transition, dans la manière dont le changement, en écologie comme ailleurs, est décliné, motivé, vécu et pensé par les acteurs ? En particulier, s’il est question d’un changement de mode de vie, comment peuvent s’envisager, dans une société qui n’y semble pas préparée, du point de vue de la justice sociale, de l’égalité ou de l’équité, du sens individuel ou collectif, les sacrifices qui sont ou seront demandés aux populations ? Est-il pertinent d’envisager des modes de changement graduels ou expérimentaux, des exercices en somme – terme qui traduit la notion ancienne d’ascèse – qui pourraient rendre la sobriété plus ‘heureuse’ – en tous cas, moins sacrificielle ?  Quels genres d’éclairage nous apportent la recherche de voies de « transition » dans divers domaines qui exigent d’affronter les problèmes du sens, de l’addiction, de la résistance ou de l’appropriation du changement par les acteurs eux-mêmes ?
Cette journée d’étude pose dans toute son acuité la question de la sortie ou pas d’un modèle de société fondé sur la production marchande, et plus encore, sur la consommation, étendue désormais à toutes les sphères de la vie humaine. Une des hypothèses, qui constitue le fil conducteur de cette journée, est qu’il ne faut sous-estimer (a) ni l’ampleur et la profondeur du changement requis par la « transition écologique », à l’opposé de ce qu’ont semblé faire les approches classiques du développement durable, visant un chemin d’équilibre et de conciliation entre des objectifs par ailleurs contradictoires (b) ni la variété des options et des ressources qui s’offrent aux individus et aux collectivités qui envisagent d’être, chacun à leur manière, des acteurs de cette « transition écologique », et ceci, sans jamais nier, justement, la difficulté du changement.

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Introduction de Dominique Theile Présentation PDF

Matinée (10h – 12h30) :      

Après-midi (14h – 16h30) :

 

[1] Enseignant-Chercheur en Philosophie (ICAM-CETS, EHESS-GSPR)
[2] Chercheur conseil en sciences humaines et sociales
[3] Psychologue clinicienne, formatrice en développement personnel
[4] Accompagnatrice du changement sur les questions d’environnement et de développement durable
[5] Responsable du service Solidarités et Innovations Sociales, Aquitanis – Office Public de l’Habitat de Bordeaux Métropole

Jardins et Communs : terreaux de “transition” ?

Cycle Écologie des pratiques et place des collectifs

Cinquième journée de l’atelier « Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés »

Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LaSA EA 3189)
Département de Sociologie – UFR Sciences du Langage de l’Homme et de la Société (SLHS) Université de Franche-Comté

Jeudi 12 octobre 2017 (10h-17h00)

Besançon
Maison des Sciences de l’Homme et de l’Environnement
1 rue Charles Nodier
Salle Claude Nicolas Ledoux
Programme PDF

Coordinatrices de la séance : Sophie Némoz[1] et Florence Rudolf[2]

Tandis que les jardins collectifs, jardins partagés, sèment divers territoires urbains, périurbains, ruraux, l’idée de changement, d’alternatives en cours, s’affirme sur ces terrains cultivés à plusieurs. Entre nature et culture et au croisement des problématiques de l’habiter, différentes qualités, sociales, économiques, politiques, esthétiques, sanitaires et environnementales, ont été associées aux jardins selon les époques, les sociétés et les territoires. Aujourd’hui, leur essor s’observe notamment au cœur de nouveaux collectifs. Le mouvement des « villes en transition » développe ainsi des potagers et des vergers urbains, gérés en groupe et présentés comme les « ingrédients » fondamentaux d’un territoire résilient face à la déplétion pétrolière et au réchauffement climatique. Si les jardins collectifs constituent une des initiatives les plus concrètes, fréquentes et visibles pour « rendre la Transition palpable par la communauté »[3], cet atelier vise à poser plus largement la question.
Les actions collectives dans ce domaine et les conceptions de la « transition » sont portées par différents acteurs. Ils excèdent un mouvement militant et s’étendent à travers une multiplicité de projets qui émanent de la société civile, d’initiatives « grass roots » tels qu’ils sont qualifiés à l’international, ou par-delà ces formes associatives, par l’entremise de démarches professionnelles, scientifiques ou institutionnelles. Le terme de jardin partagé est celui retenu par l’État français depuis 2014 bien que d’autres appellations comme jardin collectif, jardin communautaire, soient couramment utilisées.
Toutes ces dénominations mettent en avant l’usage et la gestion en commun de pratiques auxquelles les jardins offrent un horizon de possibles. Ces possibles partagent l’idée de communs aussi, c’est à cette notion que cet atelier sera plus précisément décerné d’autant qu’elle suscite un intérêt particulier de nos jours. A la croisée des sciences et des imaginaires politiques, culturels et sociétaux, les biens communs font l’objet d’une attention bien particulière parce qu’ils témoignent d’une alliance entre universalisme et localisme/ particularisme. L’idée de communs est née d’une critique de l’intérêt général, dont elle se distingue sans renier l’intérêt d’une montée en généralité. L’idée de communs, nous enjoint, de célébrer la recherche d’universalisme à travers des expériences situées, en travaillant des formes d’alliances entre des grandeurs incommensurables. Il s’agit de jouer d’équilibres instables, non comme d’une fragilité, mais comme l’affirmation d’une ouverture : ouverture à l’altérité (humaine et non humaine), ouverture sur le monde et le devenir.
Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que les communs soient au cœur de nombreux débats. De la philosophie politique à l’économie publique, puis institutionnaliste[4], ou encore en science juridique, en sociologie, en anthropologie et en histoire, la littérature internationale rend compte d’une définition polysémique, traversant différentes disciplines, et partant de sources d’inspiration plurielles. Elle recouvre des formes d’organisation de ressources matérielles ou immatérielles par un collectif. Il y a là, des communautés plus ou moins inclusives/exclusives d’ayant-droits dont les pratiques et les représentations ne vont pas sans ambiguïtés.
 A l’heure où ces dynamiques d’action collective interrogent l’organisation des territoires, tout en soulevant le débat en matière d’environnement, cette journée a pour objectif d’approfondir leur questionnement sur le terrain des jardins. Quels biens communs peuvent être observés en leur sein ? Comment sont-ils cultivés ? Par qui ? A travers quels savoirs, quelles pratiques, quels imaginaires et sens ? Qu’est-ce qui les met en œuvre mais aussi à l’épreuve ? Dans quels espaces-temps ? A quelles échelles ? Selon quelles formes institutionnelles ? En quoi l’organisation, la production et l’usage des jardins en communs recomposent-ils les manières d’habiter ? Avec quels effets sociaux, économiques, politiques et environnementaux ?
Cette séance propose de travailler sur ces questions, en invitant un public large, composé tant de chercheurs, de praticiens, d’associations, d’étudiants et de toute autre personne intéressée. Du point de vue historique, l’idée des communs a connu plusieurs phénomènes de résurgence dans la région Bourgogne Franche-Comté. Les formes pluriséculaires de la coopération des producteurs laitiers locaux ont créé des « fruitières » visant à fructifier ensemble, à travers une défense du commun social mais aussi, environnemental au niveau des pâturages. L’idée des communs a pu être également portée par des militants socialistes et radicaux, anciens fouriéristes, ou encore par les œuvres de l’architecte, urbaniste et utopiste, Claude Nicolas Ledoux.
Au regard de ce patronyme, d’un ancrage territorial et des approches comparatives internationales, la Maison des Sciences de l’Homme et de l’Environnement de Franche-Comté (MSHE Ledoux) accueillera cet atelier en partenariat avec le Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LaSA EA 3189 UBFC), ainsi qu’avec le soutien de l’Equipe d’Accueil « Architecture, Morphologie/Morphogénèse Urbaine et Projets » (AMUP EA 7309) et de la Région Bourgogne-Franche-Comté. La journée reviendra sur la généalogie locale des dispositifs coopératifs, puis analysera au cours de la matinée des expériences concrètes de jardins partagés dans la région, notamment à Besançon où l’une d’elles a débouché sur un projet d’habitat participatif. L’après-midi sera résolument international, avec des présentations de recherches en agroécologie à Neuchâtel, sur les potagers urbains dans le cas de Genève, les « Community gardens » à New York, et plus largement aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

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Introduction de Sophie Nemoz

Matinée (10h00 – 12h30) : Fragments locaux

Discutante : Laurence Granchamp[9]

Après-midi (14h – 17h) : Mises en perspectives internationales

Introduction de Sophie Nemoz

Discutante : Sophie Némoz

Conclusion de la journée : Florence Rudolf

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[1] Maître de conférences, Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie, Université Bourgogne Franche-Comté, LaSA (EA 3189).
[2] Professeure, Directrice adjointe de l’équipe d’accueil Architecture, Morphologie/Morphogenèse Urbaine et Projets, AMUP (EA 7309), Insa de Strasbourg.
[3] HOPKINS Rob (2010), Manuel de transition : de la dépendance au pétrole à la résilience locale, Montréal, Écosociété.
[4] OSTROM Elinor (1990), Governing the Commons : The Evolution of Institutions for Collective Action, New York, Cambridge University Press.
[5] Maître de conférences HDR, Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie, Université Bourgogne Franche-Comté, LaSA (EA 3189).
[6] Architecte-conseiller chargée de mission pour les Conseils d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement du Doubs, du Jura et de la Haute-Saône.
[7] Membre du Groupe Habitat Participatif de la Pernotte.
[8] Membre du Groupe Habitat Participatif de la Pernotte.
[9] Maître de conférences, Dynamiques Européennes, Université de Strasbourg, DynamE (UMR 7367).
[10] Maître d’Enseignement et de Recherche, Laboratoire de biodiversité du sol, Université de Neuchâtel, UNINE.
[11] Sociologue, professeur, Responsable du Centre de recherches (CERES), Haute école spécialisée de Suisse occidentale, HETS Genève.
[12] Maître de conférences, Savoirs dans l’Espace Anglophone Représentations, Culture, Histoire, Université de Strasbourg, SEARCH  (EA 2325)
[13] Chargée de recherche CNRS, Dynamiques Européennes, DynamE (UMR 7367)

 

Possibles sociotechniques, construction des futurs et sens de la transition

Cycle « Pratiques sociales et politiques de transition »

Quatrième journée de l’atelier « Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés »

Mercredi 13 septembre 2017
9h30-16h30

Institut des Sciences de la Communication du CNRS (ISCC)
20 rue Berbier-du-Mets 75013 Paris
Métro Les gobelins (ligne 7)
Entrée libre (sans inscription)

Programme et plan d’accès

Coordonnateurs de la séance : Yannick Rumpala[1] et Jérôme Boissonade[2]

Les souhaits et efforts en faveur d’une transition (écologique) ont aussi dans leur noyau structurant une dimension temporelle qui est celle du futur. C’est, pour une part importante, cette dimension qui leur donne sens, puisque l’horizon proposé ne peut être que celui d’une amélioration à venir. Le chemin esquissé est celui d’un apprentissage collectif qui doit trouver ses conditions de facilitation. Plus ou moins explicitement, les interventions envisagées et mises en œuvre visent conjointement à transformer des configurations sociotechniques pour en éliminer les effets problématiques et essayer d’assurer des effets bénéfiques.

Cette séance vise à démêler l’intrication de ces différentes dimensions. Certaines initiatives dans la période récente sont emblématiques de cette intrication, comme celles dérivant de l’esprit des fab labs, tiers-lieux, etc., presque constitué en modèle alternatif. A l’échelle de la ville, des projets sur ce modèle offrent la promesse de pouvoir assurer certains besoins basiques grâce à de petites unités de fabrication, sous forme d’ateliers implantés dans les quartiers et mettant des machines relativement avancées à disposition des communautés. La « fab city » serait une ville où les citoyens pourraient aussi devenir fabricants et ressaisir leurs propres besoins, en se réappropriant des technologies de manière collaborative et en contribuant à une maîtrise des flux physiques et énergétiques qui conditionnent les situations écologiques.

Ce qui apparaît intéressant dans ces projets et dans d’autres, c’est la manière dont ils inscrivent leur action et leurs « aspirations transformatrices » dans des perspectives et des futurs qui leur donnent sens. La transition écologique semble intégrée comme un référent majeur de ces initiatives. Mais les démarches prospectives mises en jeu semblent relever d’une quête extensive de prises pour rendre les futurs discutables. Ces initiatives s’organisent en effet, comme s’il s’agissait de trouver à travers la complexité des ensembles socio-techniques, des prises permettant d’avancer vers un futur marqué par l’incertitude. L’enjeu pour les acteurs paraît être alors d’ouvrir une pluralité d’échelles d’action et de futurs possibles, ne se résumant pas à l’entrée dans un temps nouveau qualifié maintenant couramment d’« anthropocène » ou à celui d’un effondrement généralisé. Nous souhaitons donc dans cette séance discuter la dimension transitionnelle de ces arrangements sociotechniques, en interrogeant les manières dont est construite leur « habitabilité » à travers les images du futur, les dynamiques intellectuelles, les pratiques associées, etc.

Les enregistrements audios de la séance sont directement accessibles depuis le programme ci-dessous :
Cliquez sur le passage du programme concerné, puis Télécharger (le fichier peut alors être écouté ou téléchargé : clic droit sur la barre de progression audio et choisir « Enregistrer le fichier sous… »)

Introduction de Jérôme Boissonade

Matinée (9h30 – 12h30) :

Débat avec la salle 1ère partie  2ème partie

Débat avec la salle 1ère partie  2ème partie

Après-midi (14h – 17h) :

Débat avec la salle

Débat avec la salle

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[1] Maître de conférences (HDR) en science politique à l’Université de Nice, membre de l’Equipe de Recherche sur les Mutations de l’Europe et de ses Sociétés (ERMES).
[2] Architecte, Maitre de Conférences en sociologie à l’Université du Littoral (ULCO), membre de l’équipe de recherche Architecture Urbanisme Sociétés (AUS – UMR LAVUE).
[3] Directeur des programmes de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), Président du comité scientifique et technique du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM).
[4] Directeur d’études de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), Directeur de recherche émérite à l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA), membre du Centre Norbert Elias (UMR 8562)
[5] Directeur d’études en sociologie à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), Directeur du Groupe de Sociologie Pragmatique et Réflexive (GSPR)

“Transition” et inégalités : injustices, normes et morale

Cycle « Pratiques sociales et politiques de transition »

Deuxième journée de l’atelier « Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés »

Mardi 4 avril 2017

9h30-16h30

MARSEILLE

Laboratoire Population Environnement Développement (LPED)
(Espace Fernand Pouillon)
Aix-Marseille Université, centre Saint Charles, case 10

3, place Victor Hugo – Marseille
Entrée libre (inscription avant le 24 mars auprès de francois.valegeas@univ-amu.fr)
Programme PDF

Coordonnateurs de la séance et discutants : François Valegeas[1] et Hélène Reigner[2]

La rhétorique de la « transition » propose un devenir commun, désirable, mais finalement peu défini. Au nom de ce devenir, la transition est présentée comme nécessaire et légitime, bien que s’appuyant souvent sur des présupposés et outils normatifs peu débattus. Pourtant, ces démarches transforment les responsabilités, renvoyant souvent la charge morale de la transition aux individus. Ce faisant, le cadrage des enjeux de la transition, réduit à une affaire de bons comportements individuels, peut être source de mécanismes inquiétants. De même, des outils opérationnels et juridiques, tels que les « trames vertes et bleues » ou les « mobilités douces » (lois Grenelle) sont supposés engager les politiques publiques dans des formes de transition écologique, mais se trouvent en tension avec des logiques contradictoires, et se réduisent souvent à des effets vitrines limités à certains espaces. L’hypothèse est ainsi faite que les démarches et les politiques en faveur de la transition tendent à exacerber les inégalités sociales et spatiales.
Les injonctions à la « transition » s’accompagnent de discours normatifs visant l’incitation, l’acceptation, l’adoption de « bonnes pratiques », qui seront dévoilées dans les diverses présentations. Les démarches et politiques de transition peuvent ainsi être considérées comme des sacrifices, auxquels tous les groupes sociaux ne font pas face de la même manière (groupes sociaux vulnérables, petites entreprises, territoires défavorisés, etc.). Les dispositions, capacités d’appropriation ou de détournement des dispositifs de la transition ne sont en effet pas également distribués, aussi bien selon les groupes sociaux que selon les territoires concernés.
Cette séance s’intéressera donc aux liens entre les démarches et politiques de « transition » et la question des inégalités, mis à l’épreuve par les pratiques de l’habiter. Les interventions permettront d’aborder différentes modalités de transition telles qu’elles sont revendiquées et mises en œuvre, de questionner leur prise en compte des inégalités (sociales et spatiales) ou encore d’analyser les formes d’inégalités et d’injustices (par exemple environnementales) créées par ces démarches.
Cette séance s’appuiera principalement sur des exemples pris dans le quart sud-est de la France, en montrant les spécificités de ce contexte territorial et politique, notamment sur les caractéristiques des promoteurs de cette « transition » ou sur les modalités de sa mise en œuvre.

Les enregistrements audios de la séance sont directement accessibles depuis le programme ci-dessous :
Cliquez sur le passage du programme concerné, puis Télécharger (le fichier peut alors être écouté ou téléchargé : clic droit sur la barre de progression audio et choisir « Enregistrer le fichier sous… »)

Introduction d’Hélène Reigner et François Valegeas

Matinée (9h30 – 13h) :

Après-midi (14h – 16h30) :

 

 

[1] Ingénieur de recherche au LPED (UMR151), Aix-Marseille Université, chercheur associé au Lab’Urba (EA 3482)
[2] Professeur à l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional, LIEU (EA 889), Aix- Marseille Université
[3] Professeur, LPED (UMR 151), Aix-Marseille Université
[4] Maître de conférences, LPED (UMR 151), Aix-Marseille Université
[5] Doctorant CIFRE, LPED (UMR 151) / Agence d’Urbanisme de l’Agglomération Marseillaise
[6] Maître de conférences, LPED (UMR 151), Aix-Marseille Université – IRD
[7] Maître de conférences, LPED (UMR 151), Aix-Marseille Université – IRD
[8] Maître assistante, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille
[9] Directrice de recherche, IRSTEA Bordeaux
[10] Maître de conférences à l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional, LIEU (EA 889), Aix-Marseille Université
[11] Chercheur CNRS, TELEMME (UMR 6570)
[12] Professeur, ADEF (EA 4671), Aix-Marseille Université
[13] Professeur, LIRDEF (EA 3749), Université de Montpellier

Séance soutenue par :


Participation et durabilité. Deux injonctions en tension ?

Affiche atelier ACDD Participation et durabilite injonctions en tension (fusionne)

Cycle « Acteurs et régimes de production de l’acceptabilité sociale »

Neuvième journée de l’atelier Développement durable et “acceptabilité sociale”

Mardi 26 mai 2015

Coordonateur de la séance : Rémi Barbier[1]

La participation des « personnes concernées » est une norme de l’action publique environnementale. Plusieurs finalités lui sont généralement assignées : incorporer des valeurs et intérêts du public dans le processus de prise de décision ; améliorer la qualité intrinsèque des décisions ; renforcer la confiance dans les institutions ; éduquer le public ; réduire les conflits, le tout en justifiant le temps et l’argent consacrés à sa mise en œuvre [2]. Mais les résultats de la gouvernance participative ou concertée de l’environnement sont-ils à la hauteur des espoirs placés dans ces nouvelles pratiques ? La littérature se fait l’écho à cet égard d’une lassitude et d’un certain désenchantement. D’autres auteurs évoquent avec une tonalité critique une « idéologie participationniste » au service d’un gouvernement de la critique sociale et environnementale. D’autres enfin identifient les multiples obstacles à l’effectivité démocratique (quel(s) public(s) participent réellement ? les acteurs d’environnement en sortent-ils renforcés ?) et fonctionnelle (cela contribue-t-il à améliorer l’état de l’environnement ?) de la gouvernance participative. L’environnement a-t-il alors vraiment besoin de la participation ?

Cette séance de l’atelier entend questionner les liens complexes entre (formes diverses de) participation et (pluralité des effets en matière de) soutenabilité.

Discutante : Cécile Blatrix [3]

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Les présentations Powerpoint et les enregistrements audios de la séance sont directement accessibles depuis le programme ci-dessous :

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Introduction de Rémi Barbier

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Matinée (10h – 12h30) Des dispositifs participatifs à leurs effets en matière de durabilité :

Gilles Massardier[4] : « Des contradictions aux paradoxes: les relations ambigües entre durabilité et participation »

Première partieDeuxième partiePrésentation Powerpoint

A partir de cas français et latino-américains et d’une méthodologie délibérément externaliste de la lecture des arènes participatives, cette intervention raisonnera en deux parties. La première montrera les contradictions entre durabilité et participation où sélection des acteurs et système expert annihilent toute capacité des arènes participatives à construire une quelconque acceptabilité sociale des politiques publiques. La seconde partie évoquera des relations plus paradoxales. Si l’on regarde les dispositifs participatifs à partir des relations qu’ils entretiennent avec les logiques ‘classiques’ des politiques publiques (contrôle des normes, logique de la représentation, contrôle politique et administratif des territoires), apparait alors un paradoxe : la durabilité sociale ou environnementale entre par la fenêtre de ce classicisme mais est relayée par les instruments participatifs.

Intervention de Cécile BlatrixRéponse de Gilles Massardier

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Charlotte Halpern[5] : « Participation et durabilité: une relation ambigüe, des effets limités »

Présentation Powerpoint [6]

L’environnement et le développement durable, au même titre que d’autres politiques transversales à l’action de l’Etat (urbain, égalité, social etc.) ont longtemps constitué un domaine privilégié pour l’introduction de dispositifs participatifs. Reposant sur une forme alternative de légitimité politique, ces dispositifs constituaient une solution politique privilégiée pour faire face l’évolution des formes de participation politique. Appréhender ces dispositifs par leurs effets, et non par leur nature ou leurs caractéristiques, constitue une opportunité de s’interroger sur la relation entre ces instruments de démocratie du publique et une amélioration de l’état de l’environnement (substance et acteurs). La communication s’appuiera sur des recherches passées et en cours sur les dispositifs participatifs introduits dans le domaine de l’environnement (infrastructures de transport et/ou déchets).

Intervention de Cécile Blatrix – Réponse de Charlotte Halpern

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Après-midi (14h – 16h30) Des acteurs, notamment associatifs, à leur rapport à la double injonction (participation et durabilité) :

Sandrine Rui[7] : « Durabilité et pluralisme. Des effets des tensions entre société civile organisée et participation institutionnalisée »

Première partieDeuxième partie

Quand D. Bourg (2013) affirme que « sans le développement durable, la démocratie participative et délibérative n’aurait pas exercé la même influence », la formule rappelle que l’institutionnalisation de la participation est particulièrement significative en la matière et s’est imposée comme une condition de la durabilité. Toutefois, ciblant de façon singulière les citoyens concernés, l’offre publique de participation est prise, comme toute institution intermédiaire, « dans une tension entre demande d’expertise de l’Etat pour connaître et gouverner la société et auto-organisation du social » (Chatriot, Lemercier, 2002, p.697). Elle s’avère de fait concurrencer la société civile organisée par l’extension du domaine du pluralisme (des acteurs, des enjeux, des évaluations) qu’elle induit. En nous intéressant aux réticences des acteurs de la société civile à l’égard des dispositifs participatifs, l’enjeu de la communication est alors d’interroger les conséquences de cette mise en concurrence sur l’appropriation du principe de développement durable. Dans quelle mesure la durabilité fait-elle les frais du pluralisme ? En sort-elle à l’inverse confortée comme principe et horizon de l’action publique contemporaine ?

Intervention de Cécile BlatrixQuestion de la salleIntervention de Jérôme BoissonadeIntervention de Benoit GranierRéponse de Sandrine Rui

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Etienne Ballan[8] Démocratie et environnement : une injonction paradoxale pour les environnementalistes ?

Première partieDeuxième partie

Le socle du rapport entre environnement et participation du public a été fondé lorsque l’écologie politique était encore faible, et la sensibilité aux enjeux environnementaux en train de se diffuser. Le principe 10 de la déclaration de Rio a ainsi fondé une alliance plus pragmatique qu’idéologique entre démocratie et environnement. On peut faire aujourd’hui le bilan de cette alliance.

D’un point de vue macro, la cause environnementale a eu besoin de la participation. Mais les logiques d’action des ONG au Grenelle et depuis montrent que ce point n’est peut-être pas essentiel dans leur combat. La démocratie a-t-elle eu besoin de l’environnement pour progresser ? Oui, sans aucun doute, et la conflictualité environnementale est encore un moteur du changement de la démocratie. On regardera à cet égard les étapes d’émergence et de mise en œuvre du principe de participation inscrit à l’article 7 de la Charte constitutionnelle de l’environnement.

Du point de vue des projets, l’alliance a produit également des effets plus forts qu’attendus. Un cercle « vertueux » est possible entre durabilité et participation dans certains cas, y compris sur des projets conflictuels. La « prime à la conflictualité » introduite par le développement des procédures de participation a fonctionné et permis l’abandon ou l’amendement très substantiel de nombreux projets.

Alors pourquoi une défiance renouvelée et la difficulté à légitimer durablement des procédures de participation en France ? On constate en effet un double mouvement des acteurs associatifs vis-à-vis des procédures de participation : leur instrumentation comme tribune pour des arguments par ailleurs inaudibles, et dans le même temps, la disqualification des instances au motif de leur incapacité à peser sur les décisions. L’hypothèse proposée ici est qu’il faut chercher les racines de cette défiance pas seulement dans les procédures, mais dans le rapport des ONG au grand public, structurellement faible en France. S’est instaurée une forme de concurrence entre le public, difficile à cerner mais source de légitimité, et les ONG, marquées par un certain complexe d’illégitimité.

Comment dépasser cette défiance qui marquerait le mouvement environnemental vis-à-vis de la participation ? Peut-on refonder une alliance contemporaine, mieux articulée aux questions démocratiques et pas seulement environnementales ? Pour cela, il convient d’identifier les déterminants internes et externes aux acteurs environnementalistes : la concurrence entre les logiques d’enrôlement des associations par l’Etat et la nouvelle conflictualité locale et nationale, la logique d’expertise demandée aux associations, le recours aux arguments de l’urgence et de la catastrophe imminente, etc. Le renouveau de la conflictualité environnementale semble repousser les acteurs vers la reproduction d’un sentiment de minorité éclairée, qui a marqué les débuts de l’écologie militante. Les débats sur les referendums nationaux et locaux sur les questions environnementales reposent crument ces questions.

Intervention de Cécile BlatrixRéponse d’Etienne BallanIntervention de la salleEchange entre Etienne Ballan et Cécile Blatrix

 

 

[1] Professeur à l’ENGEES Ecole Nationale du Génie de l’Eau et de l’Environnement de Strasbourg, UMR GESTE

[2] Beierle, T. C. 1999. Using social goals to evaluate public participation in environmental decisions. Policy Studies Review 16 (3/4): 75-103

[3] Professeur de Sciences politiques, AgroParisTech / CESSP. ESS et démocratie locale

[4] Maître de conférences de science politique, membre de l’UMR 5281 ART-Dev – Cirad, Montpellier

[5] Chargée de recherche FNSP – Centre d’études européennes – UMR8239

[6] Charlotte Halpern n’a pas souhaité mettre en ligne l’enregistrement, son intervention n’ayant encore jamais fait l’objet d’une publication.

[7] Maître de conférences – Université de Bordeaux – Chercheure au Centre Emile Durkheim – Chercheure associée au Centre d’Analyse et d’Intervention sociologique – CADIS-EHESS

[8] Maître de conférences – Ecole Nationale Supérieure du Paysage, Marseille – expert pour la convention d’Aarhus, aux Nation Unies, concernant la participation du public dans les négociations internationales

 

Sélection de sites Internet spécialisés

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ARCADIA

Le « Environment & Society Portal » – ou Arcadia – est un projet qui cherche à rendre libre d’accès les multimédia et matériaux interprétatifs digitaux des humanités environnementales. Le Portail cherche à cultiver l’esprit de découverte qui caractérise la recherche, autorisant les utilisateurs à trouver – même dans un environnement digital – des résultats inattendus. A cette fin, trois outils de navigation (map viewer, timeline, keyword explorer) permettent la découverte des collections du Portail.

Bibliothèque Nationale de France (portail Développement durable)

Le portail de la Bibliothèque nationale de France sur le développement durable propose des informations et des ressources pour accompagner vos réflexions sur le développement durable. Le développement durable est abordé ici dans sa dimension interdisciplinaire, sous l’angle économique, politique, environnemental et social. Ce portail est complété par le Centre de ressources et d’information sur le développement durable est situé dans la BNF, à l’entrée de la salle C, le centre offre 12 places assises, près de 2500 ouvrages en libre-accès, une vingtaine de revues spécialisées et des documents audiovisuels.

Développement durable & territoires

Développement Durable et Territoires est une revue scientifique, fondée en 2002, qui développe une approche interdisciplinaire (économie, science politique, géographie, droit, sociologie, ethnologie) du développement durable à l’échelle du territoire. En proposant une conception élargie de la notion d’environnement, la revue entend contribuer à la réflexion sur les formes et les finalités des logiques du développement dans nos sociétés contemporaines

Dictionnaire de la participation

Plus de 150 auteurs sont mobilisés pour ce premier Dictionnaire critique et interdisciplinaire de la participation. Presque toutes les disciplines des sciences sociales sont ainsi représentées : la sociologie, l’anthropologie, la science politique, la géographie, la philosophie politique, l’urbanisme et l’aménagement, l’histoire, l’architecture, etc. De la même façon, la diversité de l’origine géographique, de l’appartenance générationnelle et du rattachement institutionnel et professionnel des auteurs représente une source de pluralité d’approches, de styles et de points de vue dont bénéficie le Dictionnaire.

Environment & Technology

Du maintien de la diversité génétique à la gestion des déchets radioactifs, des toxines dans les sols au changement climatique dans l’atmosphère, les plus grands défis du XXIe siècle impliquent les relations entre la société et l’environnement dont elle dépend. Réunissant des sociologues qui étudient la société, l’environnement et la technologie, Environment & Technology cherche à expliciter les problèmes environnementaux tout en y apportant des solutions.

Environmental Humanities Now

Environmental Humanities Now cherche à identifier, évaluer et diffuser les savoirs du champ émergent que sont les humanités environnementales. La plate-forme relaie les travaux et actualités de la communautés des humanités environnementales à travers les différentes disciplines et les divers pays par le biais d’un processus d’agrégation, de découverte et de veille.

Environmental Humanities.Org

Environmental Humanities est un journal libre-accès qui cherche à promouvoir la recherche interdisciplinaire sur l’environnement. En réponse à un intérêt international croissant pour les questions relatives aux changements environnementaux et sociaux, le journal publie des travaux qui amènent les sciences de la nature et les sciences humaines à partager et confronter leurs points de vue.

Environmental politics

Publiée depuis 1992, Environmental Politics est l’une des références anglo-saxonnes majeures du champ de la science politique environnementale. A titre d’exemple, en 2013, les numéros thématiques de la revue ont envisagé successivement les politiques environnementales du XXIe siècle (1), le changement climatique et ses éthiques (3), la sécurité énergétique et le changement environnementale (4), les mobilisations environnementales des partis, ONG et groupes sociaux.

Global Environmental Politics

Global Environmental Politics examine les relations, à l’échelle mondiale, entre les pouvoirs politiques et le changement environnemental. La revue s’intéresse tout particulièrement au rôle des interactions locales-globales dansla gestion environnementale, ainsi qu’au rôle du changement environnemental dans les politiques mondiales. Les contributions au journal viennent de multiples disciplines, telles la science politique, les relations internationales, la sociologie, l’histoire, le droit, etc.

GSPR

Le Groupe de Sociologie Pragmatique et Réflexive (GSPR), unité propre (30442) de l’EHESS, est né de la convergence, à la fin des années 1990, de deux séries de travaux : des travaux de sociologie pragmatique portant sur des affaires, des controverses ou des crises et des recherches informatiques explorant de nouvelles technologies d’analyse pour les sciences humaines. Dirigé depuis sa création par Francis Chateauraynaud, directeur d’études*, le GSPR développe des travaux, aujourd’hui largement reconnus dans sept domaines constamment mis en relation :
• la sociologie des alertes et des risques ;
• la sociologie des controverses et des débats publics ;
• l’analyse informatisée de corpus ;
• la sociologie de l’expertise ;
• les modes de scénarisation du futur ;
• la sociologie des nouvelles formes de pouvoir et d’emprise ;
• les formes de mobilisation à l’échelle internationale.

Les humanités environnementales

Les humanités environnementales désignent un ensemble de disciplines dont l’origine tient aux enjeux environnementaux et climatiques des dernières décennies. Le degré d’impact environnemental de l’activité humaine – qui nous ferait aujourd’hui basculer selon certains dans l’« anthropocène » – accéléra un processus né au cours des années soixante-dix, lequel postule que les êtres non humains méritent non seulement une histoire commune aux êtres humains, mais aussi leur propre récit. Au lieu d’envisager une nature physique associée à une culture humaine distincte, les humanités environnementales fondent leur approche sur les ontologies interconnectées, à savoir un ensemble de réseaux associant les êtres humains et non humains.

International Environmental Agreements

International Environmental Agreements: Politics, Law and Economics est une revue multi-disciplinaire qui se concentre sur les dimensions théoriques, méthodologiques et pratiques des solutions coopératives des problématiques environnementales internationales. Particulièrement reconnue dans le domaine de la science politique environnementale, la revue explore tout à la fois les accords légaux formels tels que les traités multilatéraux, et les les mécanismes coopératifs moins formels tels que les déclarations ministérielles et les accords producteurs-consommateurs.

Journal of Political Ecology

Lancé en 1994, le Journal of Political Ecology est l’un des plus anciens dans le domaine de l’écologie politique. Publiant aujourd’hui en anglais, en français et en espagnol, il encourage les recherches qui lient l’économie politique et les impacts humain environnementaux dans différents espaces, mais aussi et surtout dans diverses disciplines.

LIED-PIERI

Le Laboratoire Interdisciplinaire des Energies de Demain (LIED) et son réseau international PIERI (Paris Interdisciplinary Energy Research Institute) ont été conçus dans le contexte de la croissance continue des besoins énergétiques mondiaux, couplée aux problèmes environnementaux, englobant la question climatique. Sa singularité est de fédérer des membres des secteurs Sciences et Sciences Humaines et Sociales, qu’ils soient universitaires ou venant d’entreprises.

Le courrier de l’environnement

La Mission d’anticipation Recherche/Société & Développement durable (MaR/S) est une petite équipe diversifiée, dépendant directement de la direction générale de l’INRA, et autonome dans ses choix de travail, produisant le Courrier de l’Environnement de l’INRA (15 000 destinataires) et diverses productions « soeurs » ponctuelles (Dossiers de l’Enrvironnement de l’INRA par exemple). Le périmètre des compétences des différentes structures qui ont précédé la MaR/S, situé en amont de la recherche stricto sensu, a évolué mais l’utilité d’un « service de contre-pied », pour irritant qu’il soit parfois ressenti à l’INRA, ne s’est pas démenti depuis 20 ans.

Natures Sciences Sociétés

La revue accueille les travaux traitant des interactions entre les sociétés et leur environnement. Les connaissances scientifiques se développent aujourd’hui très rapidement. Leurs applications se multiplient, puisent de plus en plus dans les ressources naturelles, vont de plus en plus loin dans l’artificialisation de la nature, ce qui pose la question de la durabilité des sociétés. Comprendre les relations que les êtres vivants entretiennent avec leurs milieux, c’est tenter de répondre à ces interrogations, génératrices d’incertitudes et même d’inquiétudes.

Organization & Environment

Envisageant la connection entre la gestion des organisations et de l’environnement, Organization & Environment (OAE) publie des recherches sur les dimensions complexes et pertinentes de la durabilité – incluant l’équilibre approprié entre et parmi les défis sociaux, naturels et économiques. Cette recherche fournit une ressource cruciale pour la formulation, l’application et l’évaluation de politiques et d’organisations impliquées dans la gestion de l’environnement.

PERG

Le Political Ecology Research Group (PERG) de l’Université de Californie, Berkeley, promeut les approches interdisciplinaires dans l’analyse critique des problématiques environnementales. Le Groupe cherche tout particulièrement à dépasser la division urbain-rural afin d’aboutir à une nouvelle synthèse relative à la construction et à l’interaction du rural et de l’urbain, du local et du global, de l’humain et du non-humain.

PMO

Pièces et Main d’Oeuvre, atelier de bricolage pour la construction d’un esprit critique à Grenoble, agit depuis l’automne 2000 de diverses manières : enquêtes, manifestations, réunions, livres, tracts, affiches, brochures, interventions médiatiques et sur Internet, etc.
Pièces et Main d’Oeuvre n’est pas l’enseigne d’un collectif, mais d’individus politiques. Refusant la bien-pensance grégaire, qui n’accorde de valeur qu’à une parole réputée « collective », pour mieux la réduire au conformisme, à la paresse et à l’incapacité, dans l’anonymat du groupe, ils souhaitent s’allier chaque fois que possible et nécessaire avec d’autres « qui fassent  » par eux-mêmes.

Political Ecology

Ce site est dédié aux chercheurs, enseignants et étudiants qui s’intéressent à la Political Ecology, approche des mouvements sociaux à propos de la Nature qui s’est développée principalement aux Etats-Unis. Il est constitué de deux parties : une partie internet qui a vocation à donner des informations de base sur cette approche et sur les activités de notre réseau ; une partie extranet qui a vocation à échanger des informations entre ses membres.

Pollution atmosphérique

Depuis 1958, la revue « Pollution atmosphérique, climat, santé, société » a contribué à l’élargissement des connaissances scientifiques sur la qualité de l’air, ses conséquences sur le changement climatique, ses effets sur la santé et sa prise en compte par la société. Numérisée depuis 1992, plus de 1000 articles sont ainsi disponibles en ligne….La revue, classée de rang A par l’AERES, est dotée d’un Comité de rédaction et d’un Conseil scientifique. Les articles sont publiés en français ou en anglais avec un résumé, des mots-clés et les légendes des figures disponibles dans les deux langues.

Reporterre

En 1989, Reporterre avait été le premier magazine sur l’écologie à paraître depuis La Gueule Ouverte et Le Sauvage, dans les années 1970. Sa parution témoignait du réveil de l’écologie en France. Lancé par une équipe animée par Hervé Kempf, il vendait en moyenne 26 000 exemplaires par mois et a compté 4 400 abonnés payants. Mais l’insuffisance de ses moyens financiers l’a obligé à s’interrompre. En 2006, Reporterre est relancé sur internet, afin d’informer sur les liens entre la crise écologique, les injustices sociales et les menaces sur les libertés. D’abord très modeste, le site a grandi doucement, en commençant à publier des enquêtes ou des entretiens exclusifs.

Revue d’ethnoécologie

La revue publie des articles scientifiques et des communications dans le domaine général de l’ethnoécologie, c’est-à-dire les relations entre les sociétés humaines et leur environnement naturel, dans des perspectives historiques, interculturelles, géographiques et comparatives. Par environnement naturel, la revue entend les autres espèces vivantes, animales et végétales, les écosystèmes, leur transformation, leur gestion ou leur préservation.

Revue Écologie & Politique

La revue se veut un forum pour défendre et promouvoir les projets d’alternatives sociales et politiques fondées sur l’appartenance des humains à la nature et non sur leur opposition. Elle se propose de débattre librement des valeurs de l’écologie et du socialisme, du féminisme, du pacifisme, de l’antiracisme, de la citoyenneté intégrale pour toutes et tous. Indépendante de toute organisation et de toute institution, Écologie & Politique entend être le lieu où peuvent débattre des hommes et des femmes libres de toute allégeance à un parti ou à un dogme, sans exclusive aucune.

SER (RT 38 AFS)

La visée de ce carnet est de centraliser les informations concernant la vie et les activités du réseau thématique n°38, de participer à la visibilité de la sociologie de l’environnement au sein du champ des sciences sociales et auprès d’un public plus large, de partager des questions de recherche, des hypothèses et des points méthodologiques et, enfin, de créer un espace de débats et de ressources (comptes-rendus de lecture, bibliographie…).

SGEP

Etabli comme le « Green Politics Standing Group » par Dick Richardson et rebaptisé en 2012 « Standing Group on Environmental Politics », le SGEP cherche à servir de nœud de réseau pour les spécialistes des politiques environnementales, à faciliter le dialogue entre les chercheurs travaillant sur la politique environnementale, en particulier dans les pays européens, et à promouvoir l’étude des politiques environnementale dans la communauté de la science politique.

Society & Natural Resources

La revue publie des travaux en sciences sociales relatifs aux processus bio-physiques, aux politiques et aux pratiques qui se déroulent dans le monde et à des échelles variées. Elle envisage les perspectives culturelles, psychologiques, économiques et politiques afférentes aux forêts, océans, sols et eaux, et appréhende une variété de sujets tels que les populations et aires protégées, globalisation et capitalisme, justice environnementale, résilience communautaire, changement climatique, etc.

VertigO

Fondée en 2000, VertigO est une revue scientifique interdisciplinaire de sciences naturelles et de sciences humaines dont les articles sont soumis aux règles usuelles d’évaluation par un comité de pairs. Elle assure la promotion et la diffusion au sein de la francophonie de recherches et d’analyses scientifiques sur les grands problèmes environnementaux contemporains. En moins de 8 ans, elle a réussi à s’imposer au plan international comme étant la première revue électronique francophone en importance dans le domaine des sciences de l’environnement.

Zilsel

L’ambition centrale du carnet de recherche Zilsel est de rendre compte des façons de concevoir les sciences, les savoirs et les techniques d’un point de vue qui emprunte à la fois à l’histoire, à la sociologie, à l’anthropologie et à la philosophie. Il s’agit, à travers ce prisme clairement interdisciplinaire, de faire droit aux analyses que les sciences humaines et sociales et la philosophie peuvent produire sur les connaissances savantes, leurs moyens de production et les conditions de leur mise en circulation dans l’espace social. Les participants au carnet Zilsel portent une grande attention aux objets nouveaux qui peuvent émerger en sociologie, en histoire, en anthropologie et en philosophie des sciences et des techniques. De même, ils restent soucieux d’une inscription dans l’historiographie longue des champs d’objets dans lesquels ils viennent à opérer : loin des zeitgeist parfois tapageurs ou des modes dans les « études des sciences » (science studies), souvent sans lendemain, ils mettent en lumière les strates successives de questionnements sur les savoirs.

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Merci à Guillaume Blanc, du site Humanités environnementales, pour sa grande contribution à cette page.