Atelier HABITER LA TRANSITION

Habiter la « transition »
Des pratiques existantes aux politiques de transition :
circulations et ambiguïtés

J. Boissonade, G. Lacroix, S. Nemoz, E. Peyroux, D. Theile, F. Valegeas

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Cet atelier se donne pour objet d’étude la « transition ». Nous souhaitons analyser la rhétorique qui l’entoure et les pratiques qui y sont associées en confrontant ce mot d’ordre aux expériences des acteurs et des populations, notamment celles liées à l’habiter au sens large. Cette mise à l’épreuve par l’habiter pourra se déployer sur de nombreux terrains, y compris dans une perspective comparée à l’échelle européenne et au-delà (en incluant notamment des villes du Sud).
La rhétorique de la « transition » circule au sein de différents milieux qui, habituellement, s’inspirent d’appuis plus antinomiques. On la retrouve en effet dans les discours militants, institutionnels, professionnels, politiques, scientifiques, etc. Pour l’essentiel, ces acteurs conservent des difficultés à repenser les modes de production et de consommation, l’accélération des dégradations portées à l’environnement, le renforcement des inégalités ou les injustices environnementales, mais ils sont surtout confrontés à des difficultés pratiques lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre concrètement la « transition ». Par exemple, lorsqu’un jardin partagé est mis en place par une municipalité et ne trouve pas son public[1], ou lorsqu’une association coopérative militante tente de surmonter par ses initiatives l’entre-soi qui la menace[2]. Dans quelle mesure ces difficultés pratiques auxquelles sont confrontées les démarches de « transition », peuvent-elles nous permettre de mettre à l’épreuve cette notion ? Ce questionnement vient à la suite de la réflexion menée par l’atelier précédent, intitulé “Développement durable et acceptabilité sociale”. La notion de « transition » et surtout ses usages, soulèvent de nombreux problèmes. Ceux-ci avaient été mis en évidence lors de cet atelier qui a duré quatre ans et rappelés dans les deux numéros de la revue Vertigo consacrés à l’acceptabilité sociale[3]. Par exemple, les expérimentations menées au nom de la transition énergétique mêlant usagers, habitants, industries, experts et pouvoirs publics se sont multipliées ces dernières années. Souvent d’inspiration plus ou moins behavioriste, l’approche dominante induit l’existence de deux entités : les usagers d’un côté et les objets techniques, ainsi que les techniciens, de l’autre. L’enjeu, dans cette optique, consiste ici à envisager une acculturation mutuelle permettant la réussite de la relation. On peut néanmoins considérer qu’une telle démarche fait l’impasse sur l’existence des « milieux » constitués entre autres par ces assemblages à la fois humains et non humains[4].
Ce nouvel atelier doit tout d’abord faire le point quant au travail scientifique mené sur la « transition » : nous établirons dans ce but une cartographie des différentes conceptions qui sont en circulation, puis nous essaierons de repérer les acteurs qui s’approprient ou sont liés à ces conceptions et enfin, nous tenterons de suivre les processus qui traversent les situations et les milieux concernés. Nous aborderons ensuite la question centrale du sacrifice et des inégalités face à ce sacrifice (groupes sociaux vulnérables, petites entreprises, territoires défavorisés, etc.), puis celle des collectifs susceptibles d’être mobilisés ou sommés de le faire par les injonctions à la « transition » auxquels ils sont soumis, et enfin, du type de capacités d’agir que cela produit (répertoire d’action collective, etc.) et des obstacles ou difficultés que les différents acteurs rencontrent. Bref, nous souhaitons croiser à l’occasion de cet atelier les enjeux de connaissance et les enjeux politiques liés à la « transition », par le biais des pratiques de l’habiter et des moyens de les connaître.

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    1. Mettre la « transition » à l’épreuve des pratiques et de l’habiter

Dans quelle mesure les difficultés pratiques auxquelles sont confrontées les démarches de « transition », peuvent-elles nous permettre de mettre à l’épreuve cette notion ?
Nous nous attacherons tout d’abord à l’analyse de cette rhétorique entendue comme l’art de s’exprimer et de persuader [5]. Comment le langage et les discours participent-ils de la construction d’une vérité, d’une capacité à persuader (ou à séduire), à convaincre ? On pourra notamment s’interroger sur la manière dont cette rhétorique de la transition s’articule avec celle du développement durable. Vingt ans après avoir proclamé la notion de durabilité au Sommet de la Terre (Rio, 1992), l’idée de « transition » a ainsi été exprimée à plusieurs reprises dans le texte à la base des négociations tenues au Sommet de Rio+20 en juin 2012[6].
Cependant, l’atelier cherche à mettre à l’épreuve cette rhétorique par les expériences de « l’habiter », entendu comme l’art de « faire avec de l’espace »[7] (Stock, 2012). Cette proposition de définition assez « souple », nous permet en effet, d’intégrer les approches consacrées au « logement », comme les approches heideggériennes et les multiples théories de l’habiter ou de l’espace vécu. Si ce choix semble mettre de côté la définition de l’habiter issue des sciences de l’écologie qui s’intéresse explicitement à l’habitat des non-humains, il s’agit pour nous, y compris lorsque nous nous intéresserons aux non-humains, par exemple dans leurs relations avec les pratiques et les représentations humaines, d’orienter les réflexions de l’atelier vers la première définition de l’« habiter ». Habiter peut se définir en effet, par des fonctions diverses qu’un lieu autorise précisément parce qu’il permet de parer la pluie, le vent, le soleil, les attaques, les regards, etc. Mais habiter se définit aussi comme un processus mettant en jeu des pratiques et des représentations spatialisées, quand bien même l’espace sur lesquelles elles se déroulent ne serait pas fixe. Dès lors, habiter la « transition » peut se dire de territoires de la « transition » impliquant l’habiter (les écoquartiers, les copropriétés, les espaces publics, communs, les aires d’implantation d’éoliennes, etc.), mais également de processus, pas nécessairement territorialisés, de « transition » impliquant une ou plusieurs pratiques et représentations inhérentes à l’habiter (pratiques alimentaires, de mobilité, etc.).
La notion de « transition », connotée positivement, est utilisée à de multiples occasions. Par exemple, le règlement européen REACH, notamment applicable à tous les produits d’entretien ménager stockés dans les habitations, conditionnant la qualité de l’air intérieur, indique par exemple, qu’il “convient que les dispositions du présent règlement entre en vigueur par étapes afin d’assurer une transition harmonieuse vers le nouveau système[8]. De même, la transition écologique vise à rendre progressif le passage à une société post-carbone par des avancées mesurées à l’aide d’indicateurs qui ne se limitent pas au domaine énergétique ou aux émissions GES. Par exemple, si l’on considère les évolutions réelles des mix énergétiques, celui de la Suède, souvent cité en exemple, est le fruit d’une évolution sur 40 ans. Cette définition générique de la « transition » ne fait pas cependant l’unanimité. Si pour certains, elle est considérée comme une réponse à la crainte d’un basculement lié essentiellement au pic pétrolier, pour d’autres ce basculement reste improbable et ne doit pas constituer la justification exclusive de la « transition ». Pour d’autres enfin, la « transition », étroitement associée à la notion d’adaptation, représente non pas un mouvement vers une alternative aux modes de production et de consommation actuels mais l’extension d’une logique de marché permettant au capitalisme d’investir de nouveaux secteurs, les acteurs privés se substituant aux Etats au nom des principes d’innovation et de flexibilité : développer la résilience devient alors le moyen de ne pas changer de modèle[9].
Invoquer un basculement pour justifier de la nécessité d’une « transition » permet de comprendre l’importance que prend aujourd’hui la notion de résilience, qui consiste, pour un système quelconque à retrouver ses propriétés initiales après une altération, à perdurer en dépit des chocs, crises ou perturbations, à s’adapter pour accompagner des transformations globales ou encore à se transformer et à changer de trajectoires de développement, autant d’acceptations révélant la grande polysémie du terme de résilience et son usage parfois contradictoire dans de nombreux discours. Ainsi, cet impératif de résilience ne semble pas toujours suffisant pour remettre en cause les politiques énergétiques et lancer une démarche de « transition ». Le Japon a par exemple, été victime d’un accident nucléaire majeur, ce qui n’a apparemment pas remis en question le mix énergétique en vigueur, puisque la volonté actuelle est de relancer la production nucléaire pour réduire une dépendance accrue aux hydrocarbures, qui était déjà très forte avant l’accident.
La question de la « transition » peut donc se poser comme un choix de société, délié au moins en partie de cette perspective du basculement, cependant, aller au-delà d’une définition très générique est difficile, au moins pour deux raisons :

        • Premièrement, la « transition» est une notion qui ne prend un sens suffisamment précis que lorsqu’elle est complétée par un autre terme qui permet de saisir de quoi l’on parle (écologique, énergétique, etc.).
        • Deuxièmement, cette notion est si peu stabilisée que c’est essentiellement la qualité de l’énonciateur (Ministère, association, habitant, entreprise, etc.) qui permet d’identifier les contours, voire d’imaginer en situation ce qui est en jeu derrière ce terme.

Cependant, comme la notion d’acceptabilité, celle de « transition » présuppose que ce sur quoi elle s’applique la rend nécessaire et légitime (le pic pétrolier et l’épuisement des ressources[10], les (biens) communs, le réchauffement climatique, la santé, la pression anthropique, la disparition des espèces, la croissance démographique, etc.) : “La situation (…) nous impose dès à présent un processus de transition écologique. (…) Dès lors, la transition écologique peut devenir un chemin de progrès collectivement désirable[11]. L’impératif transitionnel[12] s’appuie ainsi sur la perspective séduisante d’un devenir commun, pourtant peu défini et que l’on peut imaginer relativement hétérogène selon les acteurs, les contextes, les temporalités, etc. Ces perspectives de transitions ne sont donc pas exemptes de contradictions, de décalages, de phénomènes de concurrence ou d’opposition.
Au final, cette notion devrait moins provoquer l’embarras[13] que celle d’acceptabilité, notamment en raison de la popularité du Mouvement des Villes en Transition[14] parmi les chercheurs et des idées qu’il porte au sein du grand public[15]. Si nous avons choisi de réinterroger son évidence, c’est essentiellement en raison de son usage rhétorique de plus en plus élargi, permettant indistinctement de porter des démarches qui reposent sur la “sobriété” ou l’“efficacité”, portées par des acteurs aux stratégies et moyens très divers.. De même, nous aurions pu défendre un autre terme, susceptible de le concurrencer, comme cela a été fait par d’autres entre durabilité et soutenabilité, afin de défendre une autre idée de la « transition ». Toutefois, plutôt que de choisir un autre terme, au risque de retomber dans les mêmes ornières que le précédent, il nous a semblé préférable d’interroger les pratiques, et notamment celles liées à l’habiter, qui doivent faire avec ce manifeste, cette perspective, cet espoir, cette injonction, etc. Bref, la mettent à l’épreuve[16].

      1. Cartographier les conceptions, repérer les acteurs, discerner les motifs et mettre en évidence les processus

Pour bien comprendre les différents sens de la « transition », il faudra revenir sur la généalogie de cette notion, sa naissance, son déploiement, ses usages, ses appropriations, ses circulations, ses rhétoriques, ses représentations et imaginaires. En effet, plusieurs points d’entrée thématiques, théoriques et conceptuels peuvent être identifiés (les débats autour du développement durable, du changement climatique, de la décroissance, de la transition énergétique, de l’économie post-carbone, de la relocalisation, de la résilience…). Ceux-ci peuvent aussi varier selon que la « transition » soit pensée de manière sectorielle, trans-sectorielle ou envisagée à l’échelle nationale, locale ou urbaine. Enfin, les compréhensions et les usages de la « transition » sont également conditionnés par les types d’acteurs qui s’en saisissent. On peut notamment distinguer les politiques qui partent du haut (de l’échelle internationale et européenne à celle des acteurs publics locaux), des pratiques citoyennes (le mouvement des « Villes en Transition ») ou même des acteurs de l’économie sociale et solidaire, voire de l’économie collaborative (vue comme outil de la « transition »). Enfin, la notion de « transition » fait également l’objet de théorisations différentes dans le milieu scientifique, avec notamment la structuration d’un champ autour des transition studies (y compris l’apparition récente des « sustainability transition studies ») issues de la littérature socio-écologique et socio-technique[17].
Il s’agira donc pour le présent atelier, de prolonger cette réflexion sur les motifs de la « transition », de cartographier les conceptions qui sont à l’œuvre, de repérer les acteurs liés à ces conceptions, et mettre en évidence les processus qui traversent les situations.

      1. Travail scientifique sur la notion de « transition»

Dans la lignée du rapport Brundtland, qui souhaitait favoriser “la transition vers un développement durable”[18], le Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer considère que “lorsque l’on parle de développement durable et de transition écologique, il y a convergence. L’objectif de la transition écologique est de permettre le développement durable/soutenable. (…) Il faut passer par une transition pour refonder nos modèles et aboutir à un développement durable[19]. Le premier alinéa de l’article 1 de la “loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte” commence ainsi : “La politique énergétique : « 1° Favorise l’émergence d’une économie compétitive et riche en emplois grâce à la mobilisation de toutes les filières industrielles, notamment celles de la croissance verte »”[20].
De son côté, le Mouvement de la transition est défini “comme un mouvement fondamentalement optimiste et constructif qui suggère que face aux chocs globaux annoncés (climatiques, énergétiques et économiques), les communautés locales reconstruisent en urgence leur résilience locale. Pour cela elles doivent prioritairement relocaliser une part de leur production alimentaire et énergétique[21].
Le caractère volontariste et prescriptif des deux approches sous-entend qu’une démarche uniforme est en cours, ce qui n’est manifestement pas le cas[22]. Comment dès lors aborder dans un même atelier des démarches qui revendiquent d’aller ensemble vers un nouveau modèle de société plus vertueux, et qui sur le fond et la forme, divergent fortement ? Nous faisons l’hypothèse d’une part, que ces démarches mettent en jeu des ressorts que l’on peut se risquer à rapprocher, et d’autre part, que les pratiques qui traversent ces démarches sont un moyen essentiel de les mettre à l’épreuve.
Comme nous l’avions fait avec les expressions « développement durable » et « acceptabilité sociale », le parti pris de cet atelier est d’analyser les démarches de « transition » qui circulent tant dans les milieux techniques et politiques que dans les mouvements sociaux ou parmi les citadins et ruraux. Nous souhaitons faire ce travail essentiellement en nous appuyant sur les pratiques des acteurs, quels qu’ils soient, lorsqu’ils s’attachent, bien souvent de façon non littérale (devenir écoresponsable, écocitoyen, consommer bio, rénover, trier, etc.), à définir ce qu’habiter en « transition » veut dire : mettre en œuvre des dispositifs destinés à assurer la viabilité d’une « transition » et d’une résilience pour tel quartier ou territoire ; transformer des modes de vie consuméristes au sein du ménage, etc.

      1. Pratiques de l’habiter et injonctions à la « transition» : enjeux et capacités d’action

Il s’agit donc de questionner les trajectoires, les représentations et les pratiques de l’habiter au sens large, dans divers espaces de l’habiter, ruraux comme urbains, où se manifestent ou pas des revendications de la « transition », mais aussi de prendre la mesure de ce qu’exige des habitants et des citadins (individuellement et collectivement) une démarche de « transition ». Des exigences qui peuvent être contradictoires (rapport communauté-société, etc.). En effet, “ce n’est pas seulement le système qu’il faut changer, mais aussi nous-mêmes[23]. Imaginer changer son mode de vie et de pensée pour consentir à un sacrifice “dans une société qui est tout sauf sacrificielle[24] est nécessairement un processus long et douloureux, pour les individus, comme pour les groupes, mais les résistances à la « transition » ne viennent-elles pas surtout du fait que cette demande de sacrifice renforce les inégalités ?
Les mouvements constitués se revendiquant de la « transition » visent à produire des alternatives au cours des choses qui menace notre avenir commun. D’autres démarches, dispositifs, entreprises, campagnes de communication, décrets, etc. portant ce mot d’ordre de « transition » rencontrent aussi des difficultés pour transformer les pratiques, mais embrayent plus facilement sur les situations, acteurs et rapports de forces existants. Est-ce en raison du caractère limité, règlementaire ou euphémisé de leurs ambitions ? Ou au contraire, sont-ce les formes de la vie quotidienne, celles de l’habiter, qui freinent la réception des démarches de « transition » ? Qu’ont à nous dire ces blocages sur le sens qu’il faut donner à ces démarches ?
L’atelier va tenter de réinterroger la notion de « transition », ses usages et les différents enjeux et contradictions qui les traversent, notamment par les pratiques de l’habiter. Quelles sont les temporalités des politiques et des pratiques de « transition » ? Par qui sont-elles menées ? Dans quelle mesure celles-ci sont-elles congruentes entre elles, avec les pratiques existantes, la vie urbaine, périphérique, rurale ? Les pratiques de « transition » sont-elles de même nature selon la taille du bourg ou de la ville concernés, du degré d’intégration de ces villes dans des réseaux urbains plus globaux ? Que signifie vivre au quotidien une démarche de « transition », ou même l’envisager ? Comment fabriquer des espaces de l’habiter en menant ce travail sur les pratiques ? Dans quelle mesure les « écoquartiers » renouvellent-ils les relations pratiques à la « transition » ? Bref, les points à soulever dans cet atelier, et ce qu’ils nous disent du commun, ne manquent pas au moment où la rhétorique de la « transition » s’installe dans le fauteuil recyclé du développement durable.

[1] Zomer M. (2015), Cultiver les cités. Genèse d’une politique publique ? Etude du développement des jardins en pied d’immeubles en Seine-Saint-Denis, Mémoire de recherche, Sciences Po Lille, Master Affaires Publiques et Gestion des Biens Communs, Majeure Métiers de l’Action Publique.
[2] Par exemple, le supermarché coopératif La Louve qui va ouvrir dans le 18ème arrondissement de Paris a mis en place une modulation des tarifs d’adhésion et mené des actions publiques, pour conduire des habitants du quartier non militants ou non sensibilisés à rejoindre l’association et à participer au fonctionnement coopératif du supermarché, mais aussi permettre l’accès du supermarché aux migrants.
[3] Boissonade J., Barbier R., Fortin M-J., Bauler T. et Raufflet E., Fournis Y., Mettre à l’épreuve l’acceptabilité sociale, revue [VertigO], première partie, (2015) http://vertigo.revues.org/16679, deuxième partie (2016), http://vertigo.revues.org/16912
[4]
Simondon G. (2012), Du mode d’existence des objets techniques, Aubier, 2012.
[5] Jean-Jacques Robrieux, Eléments de rhétorique et d’argumentation, Paris, Dunod, 1993.
[6] Source : http://www.uncsd2012.org
[7] Stock M., « « Faire avec de l’espace ». Pour une approche de l’habiter par les pratiques », dans O. Lazzarotti, Habiter. Vers un nouveau concept ?, Paris, Armand Colin, pp. 59-78, 2012
[8] Point 127 du règlement REACH (CE n° 1907/2006)
[9] Felli R., La grande adaptation. Climat, capitalisme et catastrophisme. Paris, Le Seuil, coll. Anthropocène, 2016.
[10] Christian de Perthuis, « Économie circulaire et transition écologique », Annales des Mines – Responsabilité et environnement 2014/4 (N° 76), p. 23-27.
[11] Grandjean A. et Le Teno H., article « Transition », in Dictionnaire de la pensée écologique, Bourg D. et Papaux A. (dir.), 2015, p.1008
[12] Référence à “l’impératif délibératif” de Blondiaux L. et Sintomer Y. (2002, « L’impératif délibératif », Politix, vol. 15, n°57, pp.17-35).
[13] Remi Barbier et Alain Nadaï, « Acceptabilité sociale : partager l’embarras », VertigO – la revue électronique en sciences de l’environnement [En ligne], Volume 15 Numéro 3 | décembre 2015, mis en ligne le 28 décembre 2015, consulté le 21 octobre 2016. URL : http://vertigo.revues.org/16686 ; DOI : 10.4000/vertigo.16686
[14] Le mouvement des villes en transition est né en 2005 à Kinsale, en Irlande, à l’initiative de Rob Hopkins de l’Université de Kinsale.
[15] Référence directe au succès du film « Demain », réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent (2015) https://www.demain-lefilm.com/
[16]
Boissonade J., Barbier R., Bauler T., Fortin M-J., Fournis Y., Lemarchand F. et Raufflet E., « Mettre à l’épreuve l’acceptabilité sociale », VertigO – la revue électronique en sciences de l’environnement [En ligne], Volume 16 Numéro 1 | mai 2016, mis en ligne le 09 mai 2016, consulté le 07 juin 2016. URL : http://vertigo.revues.org/17163
[17]
Markard J., Ravevn B. et Truffer B., Sustainability transitions : An emerging field of research and its prospects ; Research Policy, Volume 41, n°6, 2012, pp. 955-967. Frantzeskaki N., Loorbach D. et Meadowcroft J., Governing societal transitions to sustainability, International Journal of Sustainable Development, Volume 15, N°1/2, 2012, pp. 19-36.
[18] Partie I (chap.6) consacré aux pays en développement et partie II (introduction, chap.1.2) consacrés aux institutions.
[19] MEEM (2015), « La transition écologique », 19 février 2014 (mis à jour le 25 juin 2015) – Développement durable, URL : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Qu-est-ce-que-la-transition.html
[20] LOI n° 2015-992 du 17 août 2015 (https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=31A58930DCB434F84E26E4C500DA7F01.tpdila16v_1?cidTexte=JORFTEXT000031044385&categorieLien=id)
[21] L. Semal, « Politiques locales de décroissance », in A. Sinaï (dir.), Penser la décroissance. Politiques de l’Anthropocène, Les Presses de Sciences Po, Paris, 2013.
[22] Comme l’a par exemple montré le colloque « Approches critiques de la « transition énergétique » dans les sciences humaines et sociales » qui s’est tenu en juin 2016 à Strasbourg
[23] Id.
[24] Sylvain Lavelle, « Transition écologique : quelle révolution ? », Revue Projet 2015/6, (N° 349), p. 6-13.

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Programme 2018-19 de l’atelier
Atelier thématique commun aux réseaux ACDD et ReHaL
En partenariat avec le Master « Habitat et ville durable – Pour une approche critique de la fabrique urbaine »
(École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris – La Villette)

Six séances sont prévues cette année :
La mobilité transfrontalière : un catalyseur des territoires locaux en transition ?
Mardi 13 novembre 2018 (Besançon)
Coordinatrice et coordinateur de la séance : Sophie Némoz et Alexandre Moine
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Habitats alternatifs et usages de la participation : comparaisons nord-sud
Mardi 11 décembre 2018
(École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris – La Villette)

Coordinateurs de la séance : Dominique Theile et Lionel Rougé (en partenariat avec l’atelier “Alternatives dans l’habitat” du REHAL)
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Entre les lignes des Smart Cities : transition ou disruption des modèles urbains et des pratiques ?
Mardi 8 janvier 2019
(École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris – La Villette)

Coordinatrices de la séance : Sophie Némoz et Elisabeth Peyroux
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La fabrique des vulnérabilités à l’heure des transitions
Mardi 12 mars 2019 (Montpellier)
Coordinateur et coordinatrice de la séance : François Valegeas et Nadine Roudil (en partenariat avec l’atelier “Vulnérabilités résidentielles” du REHAL)
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‘Communs mondiaux’ et pratiques de transition. Les échelles de l’engagement en question
Mardi 14 mai 2019
cole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris – La Villette)
Coordinatrice et coordinateur de la séance : Léa Eynaud et Frédéric Sultan
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Ingénieries(s) de la transition : performance, décision, processus
Mardi 11 juin 2019
(École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris – La Villette)

Coordinateurs de la séance : Guillaume Lacroix et Gilles Debizet
Lien vers la séance

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Treizième journée de l’atelier

Cycle « Pratiques sociales et politiques de transition »

Treizième journée de l’atelier “Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés”

Atelier thématique commun aux réseaux ACDD et ReHaL
En partenariat avec le Master “Habitat et ville durable – Pour une approche critique de la fabrique urbaine”

Mardi 11 juin 2019 (10h-17h00)

École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris la Villette
144 avenue de Flandre 75019 PARIS
Amphi 5

Programme et plan d’accès PDF

Coordinateurs de la séance : Gilles Debizet[1] et Guillaume Lacroix[2]

Dans le domaine de la fabrication de la ville et l’aménagement des territoires, le développement durable est apparu aux acteurs professionnels comme un « nouveau paradigme de la conception urbanistique, architecturale et constructive » (Biau et Tapie, 2009, p. 175), qui impose une éthique de l’intérêt général et des principes (transversalité, intégration, intérêt général) à traduire dans les pratiques professionnelles. La première opérationnalisation de la ville durable dans les années 1990-2000, marquée par des postures hétérogènes et critiques des professionnels de la conception (Grudet, 2012), a maintenu les ambiguïtés et contradictions originelles du développement durable (Theys et Emelianoff, 2001). D’un côté, la notion est partiellement normalisée, d’abord réduite à des dispositifs technico-normatifs puis à un système performantiel, par exemple au traitement des problématiques environnementales à l’échelle du bâti ; de l’autre, elle entretient un horizon idéal de singularité des contextes locaux, notamment d’articulation des intérêts, rationalités et savoirs de chaque territoire (RAMAU, Debizet et Godier, 2015). Le travail de traduction, de diffusion et de légitimation opéré par l’ingénierie concourt à l’appropriation de la durabilité. La singularisation des contextes pourrait constituer une stratégie qui vise à démultiplier la demande d’ingénierie tout en limitant les résistances à la normalisation performantielle.
En première approche, l’ingénierie renvoie à des acteurs spécialisés dans le secteur de la construction (cabinets d’ingénieurs-conseils, bureaux d’études techniques, sociétés d’ingénierie). Ces acteurs sont historiquement marqués par une rationalité technico-économique et gestionnaire (Tapie, 2001) qui reflète l’esprit d’ingénieur fondé sur la « pensée calculatoire et l’éthique économique » (Vatin, 2008). Le repositionnement de ces acteurs dans de nouvelles fonctions et espaces de la fabrication urbaine contemporaine suggère que leur rationalité se serait diffusée au gré des collaborations avec les élus et services techniques, les partenaires (financeurs, concepteurs, consultants …), et avec l’évolution des mots d’ordre (performance, innovation, compétitivité, etc.). On peut ainsi redéfinir l’ingénierie de façon plus ouverte et extensive, en l’identifiant d’abord à certains acteurs caractérisés par cette rationalité dans la sphère publique (services techniques de collectivités, d’aménageurs, etc), ensuite à des dispositifs sociotechniques qui incarnent cette rationalité dans l’action interprofessionnelle par son attention au processus (outils d’aide à la décision, dispositifs participatifs, modalités de financement, etc). Dans la fabrique professionnelle de la ville, l’esprit de l’ingénierie transite via des ingénieries plurielles, hybrides, instables et en concurrence permanente pour se légitimer.
L’apparition de la transition comme extension, renouvellement ou remplacement du développement durable peut être interrogée sous l’angle de l’opérationnalisation menées ou subies par les ingénieries. Premièrement, la notion de transition nous alerte quant à l’existence de changements majeurs à venir, dû initialement à la question énergétique, mais dont les effets systémiques pourraient être dévastateurs pour l’ensemble de nos sociétés. Elle est à l’origine de la diffusion accélérée du discours sur l’urgence à réagir, qui a pris forme avec le GIEC sur les questions climatiques, avec la création du concept d’Anthropocène, ou encore avec l’émergence de la collapsologie. Deuxièmement, la notion de transition tente d’incarner les voies possibles pour affronter et surmonter ces changements à venir, d’où l’importance de notions comme celle de “résilience” et la focalisation accrue sur les enjeux de biodiversité et de circularité. Troisièmement, la notion renonce à qualifier l’horizon, elle souligne une transformation, un processus inévitablement incertain car le dessein n’est lui-même pas défini.
Cette réévaluation des enjeux transforme-t-elle la façon dont les ingénieries se représentent et opérationnalisent la notion de transition, par rapport à celle de développement durable ? La transition dépasse-t-elle l’apparent paradoxe normalisation performantielle / singularisation contextuelle que creusait l’opérationnalisation de la durabilité ? Pourquoi l’ingénierie ouvre-t-elle de nouveaux champs, alors même que son champ d’excellence, notamment sur les questions d’efficacité énergétique des infra et superstructures, est loin d’être traité et épuisé ? L’essor supposé de l’ingénierie processuelle s’opère-t-il au détriment de l’ingénierie performantielle ou en est-il au contraire le fer de lance trans-professionnel ?
Deux séries de questions entremêlées peuvent alors être précisées :

  • Renouvellement et permanence de l’esprit de l’ingénierie par la transition

Quels rôles tiennent les ingénieries dans l’émergence d’une forme ou d’une autre de la transition, et dans quelles situations (pratiques, dispositifs, rhétoriques) cela se manifeste-t-il ? Les rationalités historiques de l’ingénierie sont-elles renforcées ou affaiblies dans l’opérationnalisation actuelle de la transition ? Quels cadrages de la transition conduisent l’ingénierie à renouveler ses ressources cognitives, expertises, rhétoriques publiques et territoires d’intervention ? Comment et quelles appropriations de la transition sont négociées avec les autres acteurs de la fabrique urbaine, qui mobilisent d’autres rationalités) ?

  • Transformation ou maintien des ambiguïtés de la durabilité avec la transition

En quoi les appropriations (inter)professionnelle de l’ingénierie transforment-elles les contours de la notion de transition ? Les luttes d’influence et éventuels renouvellements des rationalités de l’ingénierie ont-ils pour effet de redéfinir la notion vers un pôle davantage normalisé ou singularisé ? Les collaborations interprofessionnelles et la confrontation avec les rationalités des autres acteurs aboutissent-elles à maintenir l’appropriation holistique, transversale, propre à l’émergence de solutions singulières ?

Programme de la journée

Matinée (9h30 – 12h30) :

Introduction de Gilles Debizet et Guillaume Lacroix

  • Guy Tapie[3] : «Fabrication de la ville « en transition », reconfiguration des professions et des dispositifs d’action »
  • Rémy Petitimbert[4] : « La compensation écologique : l’ingénierie environnementale comme modalité de conciliation »

Après-midi (14h00 – 17h) :

  • Morgane Colombert[5]: « “Mieux” planifier, concevoir, gérer : quand la transition énergétique et climatique modifie les conditions d’exercice des acteurs de l’aménagement »
  • Aurélie Landon[6] : « Innovation sociale et transition : Discours et instrumentation d’une ingénierie en émergence »

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[1] Maître de Conférences en urbanisme et aménagement, HDR, UMR PACTE, Univ. Grenoble Alpes
[2] Docteur en Études urbaines, UMR LAVUE 7218 / AUS-ALTER
[3] Professeur de sociologie à l’École nationale d’architecture et de paysage de Bordeaux (ensapBx) et au laboratoire PAVE (Profession Architecture Ville Environnement)
[4] Doctorant en science politique (CERAPS / UMR 8026). Attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université de Lille
[5] Professeur assistant, chef du département énergie et climat à l’École des Ingénieurs de la Ville de Paris, Lab’Urba EA 3482
[6] Doctorante en contrat CIFRE (UMR LAVUE 7218 / CRH), architecte diplômée de l’ENSA Paris-La-Villette

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Douzième journée de l’atelier

Cycle « Écologie des pratiques et place des collectifs »

Douzième journée de l’atelier “Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés”

Atelier thématique commun aux réseaux ACDD et ReHaL
En partenariat avec le Master “Habitat et ville durable – Pour une approche critique de la fabrique urbaine”

Mardi 14 mai 2019 (9h30-17h00)

École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris la Villette
144 avenue de Flandre 75019 PARIS
Salle 112 B

Programme et plan d’accès PDF

Coordinatrice et coordinateur de la séance : Léa Eynaud[1] et Frédéric Sultan[2]

Du côté de la recherche comme des organisations internationales, il est courant de désigner sous l’appellation de « biens publics mondiaux » ou de « biens communs de l’humanité » un certain nombre de ressources dites « naturelles » telles que l’eau, le climat, la couche d’Ozone, la biodiversité ou encore la planète elle-même. À l’échelle locale, les travaux de la prix Nobel d’économie Elinor Ostrom[3] ont également mis en lumière la capacité de collectifs auto-organisés à gérer durablement des bassins de ressources naturelles (pêcheries, forêts, systèmes d’irrigation etc.), quelque part entre le marché et l’État. Toutefois le lien entre communs et écologie, tel qu’il se déploie dans l’arène politique et scientifique, connaît à notre sens deux principaux angles morts.
Premièrement, nous en savons peu sur les pratiques à l’œuvre dans des initiatives qui pourraient se réclamer de la notion de (biens) commun(s). Pourquoi s’engage-t-on dans des initiatives de transition en gérant des ressources en ‘commun’ ? Et comment s’y prend-on concrètement ? Quelles sont les pratiques qui comptent ? Quelle est la cause plus grande pour laquelle on se bat ? Disparition des ressources ? Effondrement général ?
Deuxièmement, le flou demeure quant à la manière dont les acteurs eux-mêmes, emboîtent les échelles, depuis des initiatives ultra-locales jusqu’à des problématiques d’ampleur globale, de l’habiter au dérèglement climatique. Quels liens les acteurs opèrent-ils sur le terrain entre leurs pratiques et toutes sortes de politiques institutionnelles présentes à des échelles plus vastes ? Comment se mobilisent-ils ? Comment se fédèrent-ils ? Et quel(s) cadre(s) juridique(s) invoquent-ils ?
Alors que certains auteurs se focalisent sur des initiatives micro-locales, d’autres, se réclamant notamment de l’anthropocène, ne voient de transition possible qu’à des échelles géologiques. Dans les dynamiques mondiales en cours, entre en ligne de compte la capacité des territoires à affronter les changements liés, d’une part, à la globalisation et à la représentation des enjeux environnementaux par l’anthropo-scène, véritable “opérateur de totalisation ou de fédération de causes” et d’autre part, aux possibilités différenciées de construction de la vie sociale. L’hétérogénéité des “développements” se traduit, en effet, par des assemblages qui portent des communautés de valeurs et des compositions de communs qui refusent les normes occidentales ou l’irréversibilité décrite par l’anthropo-scène.
Deux notions requièrent ainsi une attention : celles d’interdépendance et d’agencements, désignant au sein des territoires, l’implication de différents êtres pour ouvrir de nouvelles significations (résistance, non-scalability, processus collaboratifs). Dans de très nombreux cas, par exemple dans la réparation de territoires, mais pas seulement (Zones à défendre, communs, critique de l’extractionnisme, alternatives coopératives), les histoires de lieux et de vie, les dispositifs et les fragments de territoires se combinent les uns aux autres, les agencements étant toujours situés et à la fois réticulaires et connectés.
Il s’agira donc d’interroger l’expression de « (biens) communs mondiaux » en elle-même. L’échelle globale va-t-elle effectivement de soi lorsque l’on parle de préserver la biodiversité, la terre, ou encore le climat ? Et si oui, dans quelle mesure ? Dans quels cas ? Et comment les acteurs s’organisent-ils à l’échelle trans- ou internationale ?
Pour répondre à ces questions, les travaux de Pierre Dardot et Christian Laval[4] posent de précieux jalons. Prenant à revers tout à la fois la part de naturalisme contenue dans l’approche économique des “biens communs” et la dimension essentiellement défensive de l’entrée par les droits fondamentaux de l’humanité, ils mettent en avant la praxis instituante qui donne forme au commun comme le lieu par excellence du politique. Leurs travaux présentent en outre l’intérêt de transcender le localisme d’Elinor Ostrom en replaçant les communs dans le champ des luttes et en appelant à leur fédération, sur fond de crise du système néolibéral.
Mais comment cette pensée peut-elle dialoguer concrètement, avec les actions et les enjeux que rencontrent ceux qui s’impliquent sur le terrain, et à différents niveaux, dans des pratiques de transition ? Comment le commun peut-il donner sens à ces pratiques et, inversement, comment la sociologie du commun peut-elle apprendre de la spécificité des expériences et de luttes qui articulent les échelles, des pratiques du proche aux enjeux planétaires ?
Sans faire du commun la qualité d’un certain type de bien ou une dimension spontanée de l’agir humain, c’est bien la dimension politique des pratiques de transition que nous souhaitons interroger lors de cette séance, telle qu’elle se déploie dans l’espace et dans le temps. Nous poursuivrons cet objectif en organisant la rencontre entre chercheurs et activistes d’une part, mais aussi en portant une attention particulière à la dimension internationale des pratiques auxquelles les acteurs s’emploient, des arènes dans lesquelles ils s’engagent et des causes qu’ils défendent.

Les enregistrements audios de la séance sont directement accessibles depuis le programme ci-dessous :
Cliquez sur le passage du programme concerné, puis sur « Télécharger » : le fichier peut alors être écouté ou téléchargé (clic droit sur la barre de progression audio et choisir « Enregistrer le fichier sous… »)

Introduction de Léa Eynaud Enregistrement audio

Matinée (9h30 – 12h30) :

Après-midi (14h – 17h) :

[1] Doctorante contractuelle en Sociologie et Sciences de l’Environnement (École des Hautes Études en Sciences Sociales – CEMS et Université Libre de Bruxelles – IGEAT)
[2] Militant des communs, co-fondateur du Réseau francophone des communs et de l’association Remix the commons
[3] Ostrom, E. (1990). Governing the Commons: The Evolution of Institutions for Collective Actions. Cambridge: Cambridge University Press. La gouvernance des biens communs : pour une nouvelle approche des ressources naturelles/ Traduction et révision scientifique de Laurent Baechler, Bruxelles ; Paris, De Boeck, 2010.
[4] Dardot P., Laval C. (2014), Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle, Paris, La Découverte
[5] Philosophe, Professeur honoraire de Première Supérieure et chercheur rattaché au laboratoire Sophiapol de l’université Paris Nanterre
[6] Militante et chercheuse, co-fondatrice du Laboratory of Insurrectionary Imagination et co-auteure de l’ouvrage Les sentiers de l’utopie
[7] Sociologue, Professeure (ENSA Paris Val de seine). En délégation au CNRS-CRFJ au 01/09/2017
[8] Sylvaine Bulle n’a pas souhaité mettre en ligne sa communication

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Onzième journée de l’atelier

Cycle « Pratiques sociales et politiques de transition »

Journée croisée des ateliers du Réhal
HABITER LA TRANSITION et VULNÉRABILITÉS RÉSIDENTIELLES
En partenariat avec l’Unité Mixte de Recherche ART-Dev

Onzième journée de l’atelier “Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés”

Mardi 12 mars 2019 (9h30-17h00)

Montpellier

Université Paul-Valéry Montpellier 3 – site Saint Charles

Rue du Professeur Henri Serre
Auditorium

Entrée libre (sans inscription)

Programme PDF

Coordinatrice et coordinateur de la séance : Nadine Roudil[1] et François Valegeas[2]

Les politiques de « transition écologique » s’accompagnent d’un arsenal réglementaire et de dispositifs fiscaux visant une transformation des pratiques individuelles et collectives. Ces politiques se traduisent et s’accompagnent aussi d’un ensemble d’outils incitatifs et de discours dont la charge normative a été analysée lors de plusieurs séances de l’atelier “Habiter la transition”[3], tout en étant une question transversale posé dans l’atelier “Vulnérabilités résidentielles”[4].
Cette nouvelle séance s’intéressera à la manière dont ces politiques normatives et de normalisation des conduites, parce qu’elles sont mises à l’épreuve de l’habiter, produisent des formes de vulnérabilité sociale et résidentielle. La nature et la distribution inégalitaire (selon les groupes sociaux et les territoires) de ces vulnérabilités multiples seront analysées, dans des contextes différenciés : effets pervers des dispositifs visant à lutter contre la précarité énergétique dans le logement, vulnérabilités résidentielles et mobilisations dans des contextes de “transition“ des industries de l’énergie, (re)production de vulnérabilités dans le cadre des politiques de mobilité durable, etc.
Les différentes présentations permettront de porter un regard critique sur la notion de “transition”, en analysant les dimensions sociales et spatiales des transformations induites. Elles permettront également d’interroger la production et la conception de la ville et du logement, comme sa réception par les citadins, alors que le régime de l’injonction à l’éco-responsabilité et à la sobriété est une donnée normative qui marque désormais l’habiter. Les vulnérabilités, mais aussi les enjeux de normes, de conflits, de diversité des pratiques, seront analysées et considérées comme des entrées privilégiées pour considérer l’inscription spatiale des rapports sociaux.
Cette journée a pour objectif de croiser les réflexions de l’atelier “Habiter la transition. Des pratiques existantes aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés” du réseau Approches Critiques du Développement Durable avec celles développées dans l’axe “Vulnérabilités résidentielles” du réseau Recherche Habitat Logement (ReHaL) autour de la question de la fabrique des vulnérabilités à l’heure des transitions, intitulé partagé par les deux ateliers. Elle réunira des participant.e.s d’horizons disciplinaires divers (géographie, urbanisme, sociologie, anthropologie, économie, sciences politiques, etc.), et s’adressera aux chercheur.e.s, acteur.e.s et citoyen.ne.s intéressés par les politiques et pratiques de la transition écologique, ainsi que par les formes de vulnérabilité sociale et résidentielle qu’elles peuvent engendrer.

Matinée (9h30 – 12h30) :

Présentation des réseaux ; présentation de la journée – Jérôme Boissonade[5], Nadine Roudil et François Valegeas

  • Nadine Roudil et François Valegeas: « La fabrique des vulnérabilités au travers des politiques d’énergie et des projets urbains durables : regards croisés » Enregistrement audio Présentation PDF

Échanges avec la salle : Enregistrement audio

  • Valérie Lavaud-Letilleul[6] et Isabelle Berry-Chikhaoui[7]: « Habiter à proximité des méga-équipements de la transition énergétique : fabrique de vulnérabilités habitantes et mobilisations » Enregistrement audio

Conclusion intermédiaire (Denis Pesche[8]) et débat avec la salle : Enregistrement audio

Après-midi (13h45 – 17h) :

Échanges avec la salle : Enregistrement audio

  • Johanna Lees[10] : « L’étude Fos EPSEAL dans la zone de l’étang de Berre ou l’histoire d’une mise en œuvre de méthodologies participatives ancrées localement » Enregistrement audio

Débat avec la salle : Enregistrement audio


[1] Professeure de sociologie, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon, UMR LAVUE
[2] Maître de conférences en aménagement et urbanisme, Université Paul-Valéry Montpellier 3, UMR ART-Dev
[3] Notamment la séance du 4 avril 2016, dont le contenu est disponible ici : https://www.reseaucritiquesdeveloppementdurable.fr/transition-et-inegalites-injustices-normes-et-morale/
[4] La question de la norme permet d’interroger de manière transversale les cinq thématiques qui structurent la programmation de l’atelier du REHAL vulnérabilités résidentielles jusqu’en 2021. Ces thématiques sont : Vulnérabilités et questions de droit ; La vulnérabilité et la fabrique de la ville durable ; Du nord au Sud, santé et vulnérabilité résidentielle ; Les figures du militantisme et la vulnérabilité résidentielle ; Vieillissement et vulnérabilités
[5] Architecte – Maître de conférence en sociologie (ULCO) – UMR LAVUE
[6] Professeure de géographie, ART-Dev / UPVM – Montpellier
[7] Maître de conférences en géographie, ART-Dev / UPVM – Montpellier
[8] Sociologue, UMR ART-Dev / CIRAD
[9] Professeure en aménagement et urbanisme, LIEU / AMU – Marseille
[10] Anthropologue consultante, Laboratoire de Sciences Sociales Appliquées – Marseille
[11] Professeure en économie, UMR ART-Dev / UM – Montpellier

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Dixième journée de l’atelierCycle « Pratiques sociales et politiques de transition »

En partenariat avec
le Pôle de Recherche pour l’Organisation et la diffusion de l’information Géographique (UMR PRODIG 8586), le LabEx « DynamiTe »,
le Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LaSA EA 3189) et le Master « Habitat et ville durable – Pour une approche critique de la fabrique urbaine » (École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris – La Villette)

Dixième journée de l’atelier “Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés”

Mardi 8 janvier 2019 (10h-17h00)

Paris

École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris la Villette
144 avenue de Flandre 75019 PARIS
Salle 112 B

Programme PDF

Entrée libre (sans inscription)

Coordinatrices de la séance : Sophie Némoz[1] et Élisabeth Peyroux[2]

A l’instar des idées de « ville durable » et de « ville résiliente », la notion de « smart city » (« ville intelligente ») s’inscrit dans les milieux scientifiques, comme objet de recherche interdisciplinaire, et sur le terrain des pratiques, comme un référentiel, répertoire et prescripteur d’interventions en matière de planification, d’aménagement et d’urbanisme. Les conceptions se partagent entre différentes lignes. Associée à la révolution numérique et à celle des données (« big data »), la « ville intelligente » se voit attribuer une capacité à profondément bouleverser non seulement les modes d’organisation, de fonctionnement et de gestion de la ville, mais également les modèles économiques urbains, les pratiques quotidiennes et les modes de socialisation des citadins. Dans son acception positive, conçue comme modèle de ville désirable, la « smart city » porte en elle les promesses d’un futur bénéfique et vertueux qui permettrait de concilier les objectifs de croissance économique et de durabilité environnementale. Dans son acception critique, la « smart city » est pensée comme une utopie techno-centrée, une vision fantasmée du futur, une nouvelle forme d’accumulation du capital et/ou l’instrument possible d’une dérive vers une société de surveillance et de contrôle. Dans les deux cas, elle prend (souvent) insuffisamment en compte les freins et les obstacles à la diffusion et aux usages des nouvelles technologies et les enjeux éthiques liés à l’utilisation des données, mais aussi la complexité des pratiques urbaines et de leur interprétation par les citadins, les inégalités socio-économiques et socio-spatiales ou encore la diversité culturelle.
Cet atelier propose ainsi d’approfondir un objet pertinent pour questionner la manière dont les chercheurs et les praticiens travaillant sur la « smart city » ou la mettant en œuvre s’emparent de la notion de « transition ». Comment est-elle définie et problématisée en relation avec leur domaine d’action et les géographies sociales de référence : transition de quoi vers quoi ? Au bénéfice de qui ? La « smart city », dans la diversité de ses approches et appropriations locales, amplifie-t-elle des tendances préexistantes ou produit-elle des changements radicaux, voire une disruption des modèles et des pratiques ?

Les enregistrements audios de la séance sont directement accessibles depuis le programme ci-dessous :
Cliquez sur le passage du programme concerné, puis sur « Télécharger » : le fichier peut alors être écouté ou téléchargé (clic droit sur la barre de progression audio et choisir « Enregistrer le fichier sous… »)

Matinée (10h – 12h30) :

Introduction d’Élisabeth Peyroux (enregistrement audio)

Présentation de la séance par Sophie Némoz (enregistrement audio)

Intervention de François Ménard et discussion avec la salle (enregistrement audio)

Intervention de François Ménard et discussion avec la salle (enregistrement audio)

Discutant : François Ménard[5]

Après-midi (14h00 – 17h) :

Discussion générale avec la salle Première partie Deuxième partie

Conclusion de Sophie Némoz et Élisabeth Peyroux (enregistrement audio)

[1] Maître de conférences, Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie, Université Bourgogne Franche-Comté, LaSA (EA 3189).
[2] Chargée de recherche, CNRS, UMR Prodig 8586.
[3] Professeur, Institut d’Urbanisme et de Géographie Alpine (IUGA) / UMR 5194 PACTE, Université Grenoble Alpes.
[4] Docteur, chercheur au Centre d’études européennes de Sciences Po, chaire Villes et numérique.
[5] Responsable de programmes de recherche au Plan Urbanisme Construction et Architecture.
[6] Post-doctorant au European Research Institute à Florence, ONG Urbanistes du Monde
[7] Doctorante à l’École Nationale des Travaux Publics de l’État, Laboratoire Aménagement Économie Transports (UMR CNRS 5593).
[8] Coordinateur de l’initiative Numérique et Écologie à l’Institut du Développement Durable et des Relations Internationales.

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Neuvième journée de l’atelier

Cycle « Écologie des pratiques et place des collectifs »

Neuvième journée de l’atelier “Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés”

Mardi 11 décembre 2018 (9h30-17h00)

École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris la Villette
144 avenue de Flandre 75019 PARIS
Salle 112 B

Programme PDF

Coordinateurs de la séance : Lionel Rougé[1] et Dominique Theile[2]

Cette journée est une session commune à deux ateliers du REHAL (réseau Recherche Habitat-Logement) : l’atelier « Habiter la transition », dont l’objectif est d’analyser la rhétorique qui entoure la notion de « transition » et les pratiques qui y sont associées en confrontant ce mot d’ordre aux expériences des acteurs et des populations, notamment celles liées à l’habiter au sens large ; et l’atelier « Alternatives dans l’habitat », qui s’intéresse aux pratiques, actions et expériences de production de logement qui, situées hors du secteur de la promotion immobilière et de celui dit « social », permettent de contourner les difficultés à se loger et à habiter. S’intéressant tous deux aux expériences participatives comme terreaux d’une transition/d’une alternative dans les modalités d’habiter et la fabrication d’habitats, nous avons souhaité centrer les échanges de cette session commune autour des usages de ces expériences participatives dans la mise en œuvre d’habitats alternatifs, ce dans une perspective comparatiste « Nords-Suds ».
La notion de participation est connotée d’une certaine ambiguïté : elle est associée à des droits mais aussi à des devoirs. Ainsi, on peut percevoir un point commun entre le service militaire dans les cités antiques grecques, les « trabajos vecinales » en pays andins qui s’ancrent en partie dans la tradition des corvées Inca, et aujourd’hui en France une participation conçue comme outil au service de la puissance publique : des moyens de faciliter la mise en œuvre de certaines actions publiques. Mais la participation peut désigner aussi des actions de conquête ou reconquête de droits par des citoyens mais aussi des exclus : par exemple, les « invasões » au Brésil, pratiques collectives organisées d’occupation de terres associées à l’autoconstruction, pour contourner les difficultés de logement ; l’autoconstruction, même d’initiative individuelle, est aussi une façon de récupérer un droit confisqué par certaines professions dites réglementées. En France, en Europe comme aux Etats-Unis, les expériences participatives, initiées dans le champ de l’habitat et de la production du logement, sont diverses et ont des parcours variés dans le temps comme dans l’espace[3]. Les travaux récents examinant la situation française soulignent bien le caractère protéiforme et pluriel de l’usage de la participation dans la conception, la réalisation et la gestion d’habitats dits alternatifs (autogéré, coopératif, autopromotion, autoconstruction, participatifs … »[4].
Au travers d’éclairages faisant dialoguer expériences « Nords » et « Suds », cette session commune se propose de venir questionner le sens accordé à l’utilisation de la rhétorique de la participation, ainsi qu’à sa structuration, dans des projets d’habitats alternatifs. Dans ces mondes alternatifs en construction les démarches participatives – et de démocratie directe – sont mobilisées/activées/abusées pour développer des compétences dans la conception, production, gestion de logements. Comment la participation est mobilisée, intériorisée et entendue par les acteurs engagés dans ces projets émergents ? Comment logiques individuelles et collectives arrivent-elles à s’articuler au sein de ces initiatives ? En quoi cette « participation » socialement et politiquement située – voire fabriquée – est-elle mise en pratique et questionnée dans des contextes appropriés ou en cours d’appropriation ? Bref, notre propos est de s’intéresser à la multiplicité des expériences de la participation, dans les « nords » mais aussi dans les « suds », en ce qu’elles tentent de dépasser plusieurs difficultés, celles des systèmes de production de logement, celles des démarches de transition, celles enfin d’un « habiter autrement » et de « faire ville » autrement.

Les enregistrements audios de la séance sont directement accessibles depuis le programme ci-dessous :
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Introduction de Lionel Rougé, Anne d’Orazio, Jérôme Boissonade (enregistrement audio) et Dominique Theile Enregistrement audio Présentation PDF

Matinée (9h30 – 12h) :

Discussion

Après-midi (14h – 17h) :

  • Anne D’Orazio[10] et Véronique Biau[11]: « Asymétrie des relations et non interchangeabilité des acteurs; le plafond de verre de la participation. Analyse à travers le cas d’habitats alternatifs français ». Enregistrement audio

Discussion Première partie Seconde partie


[1] Maître de Conférences à l’Université de Caen, chercheur UMR CNRS 6590 ESO (Espaces et Sociétés)
[2] Chercheur conseil en sciences humaines et sociales
[3] Marie-Hélène Bacqué & Claire Carriou, « La participation dans l’habitat, une question qui ne date pas d’hier », Métropolitiques, 11 janvier 2012. URL : http://www.metropolitiques.eu/La- participation-dans-l-habitat.html.
[4] Anne d’Orazio, 2017, S’associer pour habiter et faire la ville : de l’habitat groupé autogéré à l’habitat participatif en France (1977-2015). Exploration d’un monde en construction, Thèse en Aménagement de l’espace et Urbanisme. Camille Devaux, 2015, L’habitat participatif. De l’initiative habitante à l’action publique, Rennes, PUR, Coll. Géographie Sociale, 294 p.
[5] Professeure de sociologie à l’université Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis, chercheuse LAVUE (UMR CNRS 7218)
[6] Directeur de recherche CNRS, Géographie-cités (UMR CNRS 8504)
[7] Architecte ENSAL, doctorante Université Lumière-Lyon 2 / Environnement Ville Société (UMR CNRS 5600)
[8] Maître de conférences à l’Université Paris Ouest-Nanterre, chercheuse LAVUE (UMR CNRS 7218)
[9] Université de Sienne
[10] Maître de Conférences à l’ENSAPLV, chercheure LET-LAVUE (UMR CNRS 7218)
[11] Architecte-Urbaniste en chef de l’Etat, chercheure LET-LAVUE (UMR CNRS 7218).

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Huitième journée de l’atelier

Cycle Pratiques sociales et politiques de transition

Huitième journée de l’atelier « Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés »

Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LaSA EA 3189)
Département de Sociologie – UFR Sciences du Langage de l’Homme et de la Société (SLHS) Université de Franche-Comté

Mardi 13 novembre 2018 (10h-17h00)

Besançon
Maison des Sciences de l’Homme et de l’Environnement
1 rue Charles Nodier
Salle Claude Nicolas Ledoux

Entrée libre (sur inscription) : communication@mshe.univ-fcomte.fr

Laboratoire Théoriser & Modéliser pour Aménager (ThéMA UMR 6049)
La
boratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LaSA EA 3189)
UFR Sciences du Langage de l’Homme et de la Société (SLHS)
Forum Transfrontalier – Arc jurassien

Programme PDF

Coordinateur et coordinatrice de la séance : Alexandre Moine[1] et Sophie Némoz[2]

La « transition » existe-t-elle lorsqu’on vit, séjourne ou travaille de part et d’autre d’une frontière ? Les usages de ce terme ne sont-ils que rhétoriques, se résumant à une formule oratoire ayant l’art d’agir sur les représentations ? Qu’est-ce que cela signifie pour les territoires concernés et pour ceux qui les traversent ? Que dit-on de la « transition » dans ces milieux parcourus par la mobilité transfrontalière ? Quels sont les différents enjeux, les politiques et les contradictions qui traversent ces déplacements aux interstices ? Quel(s) défi(s) posent ces formes d’habiter multiples et mobiles ? Comment ces pratiques et les réseaux translocaux qui les portent mettent-ils à l’épreuve les démarches de « transition » ? Accélérateurs, inhibiteurs, quel(s) rôle(s) sont portés par les projets transfrontaliers ? En quoi peuvent-ils catalyser un devenir commun des territoires de proximité ?
Partant de ce questionnement, la huitième journée de l’Atelier Habiter la transition du réseau ACDD souhaite interroger les processus mouvants. Les mouvements spatiaux véhiculent bien des dynamiques économiques et démographiques, non sans relations sociales, ni sans effets environnementaux. Dans et au travers des territoires, la mobilité ne cesse de s’étendre. Les déplacements contribuent à un problème devenu global de combustion de l’énergie et soulèvent des enjeux climatiques, mais aussi sanitaires, avec des conséquences sur la qualité de l’air. Les transports engendrent 23% des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale[3]. Le phénomène traverse en permanence les frontières. Si les flux de mobilité et les délimitations préoccupent les scènes politiques et médiatiques, les pratiques transfrontalières sont des gestes de plus ou moins grande distance, fréquence, itinérance, selon les expériences vécues. Leur spécificité est de mettre en relation des territoires et les êtres qui les habitent, en franchissant les seuils et les discontinuités spatiales, politiques, économiques ou culturelles au cœur des trajectoires circulatoires.
Entre ancrages et passages de frontières, l’anthropologie s’est intéressée aux démarcations de différentes formes. De nombreuses réflexions ont été menées autour de l’altérité, des réalités segmentées, mais aussi des processus d’acculturation, de cosmopolitisation, d’hybridation et de dynamiques créatives, parfois disruptives, en situations de liminarité[4]. L’idée de « limitation réciproque » a été particulièrement étudiée par la sociologie[5]. Dans ses « digressions sur l’étranger » (1908), Georg Simmel met en avant une expérience relationnelle où la distance prédomine sur la proximité. Au-dedans et au-dehors des marges, cette mise en tension se déplace à travers les épreuves et les prises[6]. Relativement ancienne chez les historiens, l’attention des sociologues s’est aussi portée sur les entrelacements socioéconomiques, ainsi que sur les coopérations politiques et administratives aux frontières[7]. L’intégration spatiale fait davantage partie des mots de la géographie[8], signifiant ainsi les liens de lieux entre eux plutôt qu’envers l’extérieur. Attentives à la question de la cohésion transfrontalière, les sciences économiques régionales ont approfondi l’ampleur variable des phénomènes de mobilité. Plusieurs types d’économie locale sont alors distingués, non seulement productive, ou résidentielle, mais également présentielle[9], cette dernière dimension prenant acte de la présence touristique sur les territoires.
Habiter renvoie à l’ensemble de ces implications pratiques et symboliques. Cette journée d’atelier sur la « transition » des territoires transfrontaliers poursuit l’ambition de croiser autour des mobilités les regards pluri- et transdisciplinaires. Un public large est invité, composé tant de chercheurs, de praticiens, d’associations, d’étudiants et de toute autre personne intéressée. La Maison des Sciences de l’Homme et de l’Environnement de Franche-Comté (MSHE Ledoux, USR 3124) accueillera cet atelier en partenariat avec le Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LaSA EA 3189 UBFC), le Laboratoire Théoriser et Modéliser pour Aménager (ThéMA UMR 6049 – UBFC) et le Forum Transfrontalier, ainsi qu’avec le soutien de la Communauté du Savoir (CdS) et de la Région Bourgogne-Franche-Comté.
L’ouverture franco-suisse de cette journée permettra de confronter les réflexions sur les dynamiques de transition aux pratiques de mobilités transfrontalières et aux expériences vécues à travers l’Arc jurassien. Cette mise en perspective interculturelle sera densifiée tout au long de l’atelier, en interrogeant la pluralité des échelles d’actions locales, nationales et internationales. La journée débutera par des présentations de recherches interdisciplinaires, puis conviera autour d’une table ronde les acteurs de la mobilité à travers les frontières du Massif du Jura.

Les enregistrements audios de la séance sont directement accessibles depuis le programme ci-dessous :
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Introduction de Sophie Némoz

Matinée (10h00 – 12h30) : Mises en perspectives internationales et interdisciplinaires

Après-midi (14h – 17h) : Table-ronde avec les acteurs de l’Arc jurassien

Discussion finale avec la salle

Modératrice : Sophie Némoz


[1] Professeur, Laboratoire Théoriser & Modéliser pour Aménager, Université Bourgogne Franche-Comté, ThéMA (UMR 6049).
[2] Maître de conférences, Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie, Université Bourgogne Franche-Comté, LaSA (EA 3189).
[3] Agence internationale de l’énergie
[4] VAN GENNEP Arnold (1995 [1922]), Traité comparatif des nationalités, Paris, Editions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques.
[5] SIMMEL Georg, (1999 [1908]), Sociologie. Etude sur les formes de socialisation, Paris, Presses Universitaires de France.
[6] JOSEPH Isaac (1997), « Prises, réserves, épreuves », Communications, n°65, pp.131-142.
[7] HAMMAN Philippe (2013), Sociologie des espaces-frontières. Les relations transfrontalières autour des frontières françaises de l’Est, Strasbourg, Paris, Presses universitaires de Strasbourg, coll. Etudes alsaciennes et rhénanes.
[8] BRUNET Roger, FERRAS Robert, THIERRY Hervé (1992), Les Mots de la géographie, dictionnaire critique, Montpellier-Paris, RECLUS-La Documentation Française, coll. Dynamiques du territoire.
[9] TERRIER Christophe (2007), Mobilité touristique et population présente. Les bases de l’économie présentielle des départements, Paris, Direction du tourisme ; et DAVEZIES Laurent (2008), La République et ses territoires. La circulation invisible des richesses, Paris, Seuil.
[10] Doctorante à l’UMR Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe (UMR 7363 SAGE), Université de Strasbourg.
[11] Directeur de Recherche CNRS en psychologie, chercheur associé au Centre de recherche en aménagement et développement (CRAD) Université Laval, Québec, Canada.
[12] Professeur à l’Institut de sociologie de l’Université de Neuchâtel.

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Septième journée de l’atelier

Cycle « Pratiques sociales et politiques de transition »

Septième journée de l’atelier « Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés »

Lundi 4 juin 2018

Programme

Coordinatrice et coordinateur de la séance : Laure Dobigny[1] et Jérôme Boissonade[2]

Une “culture technique” qui serait propre à la transition existe-t-elle ? Quels “êtres techniques” la transition a-t-elle engendrée ? Quels sont les points communs entre les énergies renouvelables, la permaculture, le zéro déchets, les objets connectés ou l’économie circulaire ? Low tech, smart grids, serres verticales, agriculture urbaine. Pourquoi certains “êtres techniques” dits de transition ont-ils plus de succès que d’autres ? Quelles influences leur adoption a-t-elle sur nos pratiques quotidiennes, nos représentations et, in fine nos rapports au monde naturel et social ? Les systèmes techniques et les politiques énergétiques à grande échelle ont-ils un effet sur nos pratiques quotidiennes ? Inversement, dans quelle mesure les pratiques ordinaires et les normes sociales qui les accompagnent (consommation, travail, déplacement, etc.) interrogent-elles ou détournent-elles ces dispositifs transitionnels ?
Guidée par ces questionnements, cette journée de l’atelier Habiter la transition du réseau ACDD sur les “pratiques de transition énergétique” souhaite plus particulièrement articuler deux relations :
– Comment caractériser les relations entre une “culture” qui serait caractéristique ou transversale aux démarches de “transition” (ex : sobriété, efficacité, substitution) et les “êtres techniques” qui sont mis en œuvre dans l’habiter dans ses situations quotidiennes ?
– Comment articuler ces relations entre “culture transitionnelle” et “êtres techniques” propres aux expériences de transition énergétique dans l’habiter avec les enjeux plus macros, notamment ceux liés aux politiques énergétiques ou à la place des acteurs qui les mettent en œuvre ?
Les interventions interrogeront des objets aussi divers que l’électricité et les macro-systèmes techniques, les objets connectés, les énergies renouvelables, les bâtiments à haute efficacité énergétique (BBC, Minergie), la mobilité, l’auto-construction, les mouvements maker et DIY, les pratiques domestiques et l’auto-consommation, la participation habitante ou encore les dispositifs d’engagement.

Les enregistrements audios de la séance sont directement accessibles depuis le programme ci-dessous :
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Matinée (10h – 12h30) :

Demandes de précisions de la salle et réponses d’Alain Gras

Questions de la salle et réponses d’Alain Gras et Laurence Allard

Après-midi (14h – 16h) :

Demandes de précisions de la salle et réponses de Laure Dobigny

      • Guillaume Christen [5] : « Quelle participation habitante à la transition énergétique ? Une technicisation de l’implication qui traduit des formes renouvelées d’inégalités écologiques ». Première partie Deuxième partie Présentation PPT

Débat avec la salle

[1] Docteure en sociologie, Chercheuse post-doctorale à l’Institut de Recherches Sociologiques (IRS) de l’Université de Genève (UNIGE).
[2] Maître de conférences en sociologie à l’Université du Littoral (ULCO), chercheur à l’UMR LAVUE, architecte.
[3] Sociologue, Professeur des universités émérite.
[4] Maître de conférences, sciences de la communication, IRAV-Paris 3/Lille 3, co-fondatrice de l’association Labo Citoyen, en résidence au Carrefour Numérique, Cité des Sciences et au FablabSU, UPMC.
[5] Docteur en sociologie de l’environnement et chercheur postdoctoral au Laboratoire Sociétés, Acteurs et Gouvernement en Europe (UMR SAGE 7363). Chargé d’enseignement à Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional (IUAR) de la Faculté des sciences sociales de l’Université de Strasbourg.

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Sixième journée de l’atelier

Cycle « Pratiques sociales et politiques de transition »

Sixième journée de l’atelier « Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés »

Jeudi 23 novembre 2017

Coordonnateurs de la séance : Sylvain Lavelle[1] et Dominique Theile[2]

Une « transition écologique » complexe, sans doute longue et difficile, qui articule un ensemble de dimensions – industrielle, sociale, environnementale, territoriale… -, semble s’imposer comme un des horizons les plus probables de notre époque. Or le sentiment d’urgence et d’inquiétude qui paraît gagner un nombre croissant de personnes contraste avec une certaine lenteur des changements à l’œuvre – quand ce n’est pas, pour certaines catégories d’acteurs, un déni pur et simple des problèmes. C’est un des paradoxes de la « transition » : il est généralement admis que nous avons désormais toute l’information et la connaissance pour rendre nécessaire et légitime le passage à l’action, mais nous nous comportons comme si nous n’en disposions pas…
C’est la question générale, suivie d’une série de questions plus particulières, que pose cette journée d’étude : comment passe-t-on du discours aux actions, si la connaissance et l’information en tant que telles ne suffisent pas et ne suffiront probablement jamais pour susciter l’engagement des acteurs ? Ne faut-il pas réfléchir le problème selon d’autres modalités, en allant regarder du côté des conditions matérielles et morales de la transition, dans la manière dont le changement, en écologie comme ailleurs, est décliné, motivé, vécu et pensé par les acteurs ? En particulier, s’il est question d’un changement de mode de vie, comment peuvent s’envisager, dans une société qui n’y semble pas préparée, du point de vue de la justice sociale, de l’égalité ou de l’équité, du sens individuel ou collectif, les sacrifices qui sont ou seront demandés aux populations ? Est-il pertinent d’envisager des modes de changement graduels ou expérimentaux, des exercices en somme – terme qui traduit la notion ancienne d’ascèse – qui pourraient rendre la sobriété plus ‘heureuse’ – en tous cas, moins sacrificielle ?  Quels genres d’éclairage nous apportent la recherche de voies de « transition » dans divers domaines qui exigent d’affronter les problèmes du sens, de l’addiction, de la résistance ou de l’appropriation du changement par les acteurs eux-mêmes ?
Cette journée d’étude pose dans toute son acuité la question de la sortie ou pas d’un modèle de société fondé sur la production marchande, et plus encore, sur la consommation, étendue désormais à toutes les sphères de la vie humaine. Une des hypothèses, qui constitue le fil conducteur de cette journée, est qu’il ne faut sous-estimer (a) ni l’ampleur et la profondeur du changement requis par la « transition écologique », à l’opposé de ce qu’ont semblé faire les approches classiques du développement durable, visant un chemin d’équilibre et de conciliation entre des objectifs par ailleurs contradictoires (b) ni la variété des options et des ressources qui s’offrent aux individus et aux collectivités qui envisagent d’être, chacun à leur manière, des acteurs de cette « transition écologique », et ceci, sans jamais nier, justement, la difficulté du changement.

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Introduction de Dominique Theile Présentation PDF

Matinée (10h – 12h30) :

Après-midi (14h – 16h30) :

[1] Enseignant-Chercheur en Philosophie (ICAM-CETS, EHESS-GSPR)
[2] Chercheur conseil en sciences humaines et sociales
[3] Psychologue clinicienne, formatrice en développement personnel
[4] Accompagnatrice du changement sur les questions d’environnement et de développement durable
[5] Architecte, Maitre de Conférences en sociologie (ULCO – UMR LAVUE)
[6] Responsable du service Solidarités et Innovations Sociales, Aquitanis – Office Public de l’Habitat de Bordeaux Métropole

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Cinquième journée de l’atelier 

Cycle Écologie des pratiques et place des collectifs

Cinquième journée de l’atelier « Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés »

Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LaSA EA 3189)
Département de Sociologie – UFR Sciences du Langage de l’Homme et de la Société (SLHS) Université de Franche-Comté

Jeudi 12 octobre 2017 (10h-17h00)

Besançon
Maison des Sciences de l’Homme et de l’Environnement
1 rue Charles Nodier
Salle Claude Nicolas Ledoux
Programme PDF

Coordinatrices de la séance : Sophie Némoz[1] et Florence Rudolf[2]

Tandis que les jardins collectifs, jardins partagés, sèment divers territoires urbains, périurbains, ruraux, l’idée de changement, d’alternatives en cours, s’affirme sur ces terrains cultivés à plusieurs. Entre nature et culture et au croisement des problématiques de l’habiter, différentes qualités, sociales, économiques, politiques, esthétiques, sanitaires et environnementales, ont été associées aux jardins selon les époques, les sociétés et les territoires. Aujourd’hui, leur essor s’observe notamment au cœur de nouveaux collectifs. Le mouvement des « villes en transition » développe ainsi des potagers et des vergers urbains, gérés en groupe et présentés comme les « ingrédients » fondamentaux d’un territoire résilient face à la déplétion pétrolière et au réchauffement climatique. Si les jardins collectifs constituent une des initiatives les plus concrètes, fréquentes et visibles pour « rendre la Transition palpable par la communauté »[3], cet atelier vise à poser plus largement la question.
Les actions collectives dans ce domaine et les conceptions de la « transition » sont portées par différents acteurs. Ils excèdent un mouvement militant et s’étendent à travers une multiplicité de projets qui émanent de la société civile, d’initiatives « grass roots » tels qu’ils sont qualifiés à l’international, ou par-delà ces formes associatives, par l’entremise de démarches professionnelles, scientifiques ou institutionnelles. Le terme de jardin partagé est celui retenu par l’État français depuis 2014 bien que d’autres appellations comme jardin collectif, jardin communautaire, soient couramment utilisées.
Toutes ces dénominations mettent en avant l’usage et la gestion en commun de pratiques auxquelles les jardins offrent un horizon de possibles. Ces possibles partagent l’idée de communs aussi, c’est à cette notion que cet atelier sera plus précisément décerné d’autant qu’elle suscite un intérêt particulier de nos jours. A la croisée des sciences et des imaginaires politiques, culturels et sociétaux, les biens communs font l’objet d’une attention bien particulière parce qu’ils témoignent d’une alliance entre universalisme et localisme/ particularisme. L’idée de communs est née d’une critique de l’intérêt général, dont elle se distingue sans renier l’intérêt d’une montée en généralité. L’idée de communs, nous enjoint, de célébrer la recherche d’universalisme à travers des expériences situées, en travaillant des formes d’alliances entre des grandeurs incommensurables. Il s’agit de jouer d’équilibres instables, non comme d’une fragilité, mais comme l’affirmation d’une ouverture : ouverture à l’altérité (humaine et non humaine), ouverture sur le monde et le devenir.
Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que les communs soient au cœur de nombreux débats. De la philosophie politique à l’économie publique, puis institutionnaliste[4], ou encore en science juridique, en sociologie, en anthropologie et en histoire, la littérature internationale rend compte d’une définition polysémique, traversant différentes disciplines, et partant de sources d’inspiration plurielles. Elle recouvre des formes d’organisation de ressources matérielles ou immatérielles par un collectif. Il y a là, des communautés plus ou moins inclusives/exclusives d’ayant-droits dont les pratiques et les représentations ne vont pas sans ambiguïtés.
A l’heure où ces dynamiques d’action collective interrogent l’organisation des territoires, tout en soulevant le débat en matière d’environnement, cette journée a pour objectif d’approfondir leur questionnement sur le terrain des jardins. Quels biens communs peuvent être observés en leur sein ? Comment sont-ils cultivés ? Par qui ? A travers quels savoirs, quelles pratiques, quels imaginaires et sens ? Qu’est-ce qui les met en œuvre mais aussi à l’épreuve ? Dans quels espaces-temps ? A quelles échelles ? Selon quelles formes institutionnelles ? En quoi l’organisation, la production et l’usage des jardins en communs recomposent-ils les manières d’habiter ? Avec quels effets sociaux, économiques, politiques et environnementaux ?
Cette séance propose de travailler sur ces questions, en invitant un public large, composé tant de chercheurs, de praticiens, d’associations, d’étudiants et de toute autre personne intéressée. Du point de vue historique, l’idée des communs a connu plusieurs phénomènes de résurgence dans la région Bourgogne Franche-Comté. Les formes pluriséculaires de la coopération des producteurs laitiers locaux ont créé des « fruitières » visant à fructifier ensemble, à travers une défense du commun social mais aussi, environnemental au niveau des pâturages. L’idée des communs a pu être également portée par des militants socialistes et radicaux, anciens fouriéristes, ou encore par les œuvres de l’architecte, urbaniste et utopiste, Claude Nicolas Ledoux.
Au regard de ce patronyme, d’un ancrage territorial et des approches comparatives internationales, la Maison des Sciences de l’Homme et de l’Environnement de Franche-Comté (MSHE Ledoux) accueillera cet atelier en partenariat avec le Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LaSA EA 3189 UBFC), ainsi qu’avec le soutien de l’Equipe d’Accueil « Architecture, Morphologie/Morphogénèse Urbaine et Projets » (AMUP EA 7309) et de la Région Bourgogne-Franche-Comté. La journée reviendra sur la généalogie locale des dispositifs coopératifs, puis analysera au cours de la matinée des expériences concrètes de jardins partagés dans la région, notamment à Besançon où l’une d’elles a débouché sur un projet d’habitat participatif. L’après-midi sera résolument international, avec des présentations de recherches en agroécologie à Neuchâtel, sur les potagers urbains dans le cas de Genève, les « Community gardens » à New York, et plus largement aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

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Introduction de Sophie Nemoz

Matinée (10h00 – 12h30) : Fragments locaux

Discutante : Laurence Granchamp[9]

Après-midi (14h – 17h) : Mises en perspectives internationales

Introduction de Sophie Nemoz

Discutante : Sophie Némoz

Conclusion de la journée : Florence Rudolf

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[1] Maître de conférences, Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie, Université Bourgogne Franche-Comté, LaSA (EA 3189).
[2] Professeure, Directrice adjointe de l’équipe d’accueil Architecture, Morphologie/Morphogenèse Urbaine et Projets, AMUP (EA 7309), Insa de Strasbourg.
[3] HOPKINS Rob (2010), Manuel de transition : de la dépendance au pétrole à la résilience locale, Montréal, Écosociété.
[4] OSTROM Elinor (1990), Governing the Commons : The Evolution of Institutions for Collective Action, New York, Cambridge University Press.
[5] Maître de conférences HDR, Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie, Université Bourgogne Franche-Comté, LaSA (EA 3189).
[6] Architecte-conseiller chargée de mission pour les Conseils d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement du Doubs, du Jura et de la Haute-Saône.
[7] Membre du Groupe Habitat Participatif de la Pernotte.
[8] Membre du Groupe Habitat Participatif de la Pernotte.
[9] Maître de conférences, Dynamiques Européennes, Université de Strasbourg, DynamE (UMR 7367).
[10] Maître d’Enseignement et de Recherche, Laboratoire de biodiversité du sol, Université de Neuchâtel, UNINE.
[11] Sociologue, professeur, Responsable du Centre de recherches (CERES), Haute école spécialisée de Suisse occidentale, HETS Genève.
[12] Maître de conférences, Savoirs dans l’Espace Anglophone Représentations, Culture, Histoire, Université de Strasbourg, SEARCH (EA 2325)
[13] Chargée de recherche CNRS, Dynamiques Européennes, DynamE (UMR 7367)

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Quatrième journée de l’atelier

Cycle « Pratiques sociales et politiques de transition »

Quatrième journée de l’atelier « Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés »

Mercredi 13 septembre 2017

Coordonnateurs de la séance : Yannick Rumpala[1] et Jérôme Boissonade[2]

Les souhaits et efforts en faveur d’une transition (écologique) ont aussi dans leur noyau structurant une dimension temporelle qui est celle du futur. C’est, pour une part importante, cette dimension qui leur donne sens, puisque l’horizon proposé ne peut être que celui d’une amélioration à venir. Le chemin esquissé est celui d’un apprentissage collectif qui doit trouver ses conditions de facilitation. Plus ou moins explicitement, les interventions envisagées et mises en œuvre visent conjointement à transformer des configurations sociotechniques pour en éliminer les effets problématiques et essayer d’assurer des effets bénéfiques.
Cette séance vise à démêler l’intrication de ces différentes dimensions. Certaines initiatives dans la période récente sont emblématiques de cette intrication, comme celles dérivant de l’esprit des fab labs, tiers-lieux, etc., presque constitué en modèle alternatif. A l’échelle de la ville, des projets sur ce modèle offrent la promesse de pouvoir assurer certains besoins basiques grâce à de petites unités de fabrication, sous forme d’ateliers implantés dans les quartiers et mettant des machines relativement avancées à disposition des communautés. La « fab city » serait une ville où les citoyens pourraient aussi devenir fabricants et ressaisir leurs propres besoins, en se réappropriant des technologies de manière collaborative et en contribuant à une maîtrise des flux physiques et énergétiques qui conditionnent les situations écologiques.
Ce qui apparaît intéressant dans ces projets et dans d’autres, c’est la manière dont ils inscrivent leur action et leurs « aspirations transformatrices » dans des perspectives et des futurs qui leur donnent sens. La transition écologique semble intégrée comme un référent majeur de ces initiatives. Mais les démarches prospectives mises en jeu semblent relever d’une quête extensive de prises pour rendre les futurs discutables. Ces initiatives s’organisent en effet, comme s’il s’agissait de trouver à travers la complexité des ensembles socio-techniques, des prises permettant d’avancer vers un futur marqué par l’incertitude. L’enjeu pour les acteurs paraît être alors d’ouvrir une pluralité d’échelles d’action et de futurs possibles, ne se résumant pas à l’entrée dans un temps nouveau qualifié maintenant couramment d’« anthropocène » ou à celui d’un effondrement généralisé. Nous souhaitons donc dans cette séance discuter la dimension transitionnelle de ces arrangements sociotechniques, en interrogeant les manières dont est construite leur « habitabilité » à travers les images du futur, les dynamiques intellectuelles, les pratiques associées, etc.

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Introduction de Jérôme Boissonade

Matinée (9h30 – 12h30) :

Après-midi (14h – 17h) :

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[1] Maître de conférences (HDR) en science politique à l’Université de Nice, membre de l’Equipe de Recherche sur les Mutations de l’Europe et de ses Sociétés (ERMES).
[2] Architecte, Maitre de Conférences en sociologie à l’Université du Littoral (ULCO), membre de l’équipe de recherche Architecture Urbanisme Sociétés (AUS – UMR LAVUE).
[3] Directeur des programmes de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), Président du comité scientifique et technique du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM).
[4] Directeur d’études de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), Directeur de recherche émérite à l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA), membre du Centre Norbert Elias (UMR 8562)
[5] Directeur d’études en sociologie à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), Directeur du Groupe de Sociologie Pragmatique et Réflexive (GSPR)

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Troisième journée de l’atelier

Cycle « Écologie pratique et place des collectifs »

Troisième journée de l’atelier « Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés »

Jeudi 18 mai 2017

Coordonnateurs de la séance : Rémi Eliçabe[1] et Jérôme Boissonade[2]

Depuis la mise en œuvre des premiers quartiers durables en Europe, la problématique de l’habiter est au centre de l’attention des aménageurs et des décideurs. La question qui se pose à eux est celle de savoir comment accompagner les habitants à la transition écologique et énergétique et, par-là, comment assurer l’appropriation par ces habitants de nouveaux modes de vie durables ? La recherche en sciences sociales est donc sollicitée pour suivre les transformations sur l’habiter qu’entraîne l’expérimentation de nouvelles techniques de construction et comprendre les éventuels problèmes qui se posent au fil de leur implantation. Mais une demande sociale importante lui est aussi adressée à l’échelle plus large de la mutation de l’urbanité et de la ville dans son ensemble, une demande que l’on pourrait formuler de la manière suivante : comment habiter la ville durable ?
La thématique de l’habiter est donc arrivée en force dans la littérature avec les premiers états des lieux qui prennent en compte les usagers et les habitants des écoquartiers français. Cette thématique est véritablement prise en charge par une génération de jeunes chercheurs (par exemple S. Nemoz, V. Renauld, F. Valegeas, Z. Hagel, H. Subrémon) qui est la première à poser la question de l’habiter dans la ville durable à l’épreuve de ses réalisations concrètes, sans discréditer par avance le discours des habitants et en prenant au sérieux leurs pratiques. Des parties entières de ces thèses sont consacrées à l’appréhension réflexive des habitants quant aux nouveaux dispositifs et aménagements durables, ou à leurs consommations énergétiques. Inspirées par les travaux de M. De Certeau sur les ruses de la vie quotidienne et les arts de faire des usages (arts des faibles, art du braconnage) et la sociologie pragmatique, ces recherches donnent à voir des habitants inventifs, bricoleurs, débrouillards, compétents pour résoudre toutes sortes de problèmes, agissant à des échelles multiples et de manière coordonnée.
On ne peut que se réjouir de la publication de ces travaux, qui permettent de commencer à re-symétriser une recherche qui avait tendance à n’éclairer le phénomène du développement urbain durable que depuis l’angle de sa gouvernance et de son déploiement technique et à ne considérer les habitants que comme des freins à ce développement. Mais si l’ensemble de ces travaux mettent en valeur ceux qui sont au centre de ces transformations de la ville, les habitants des écoquartiers et autres quartiers durables, avec toutes les compétences dont ils sont dotés, de nombreuses questions restent ouvertes : quel sens les habitants donnent-ils aux nombreux dysfonctionnements techniques rencontrés dans ces nouveaux écoquartiers ? Et de là, quelles continuités ou discontinuités peut-on repérer entre aménageurs et techniciens d’un côté et habitants de l’autre ? Quelles échelles de l’habiter sont prises en compte dans ces enquêtes ? Quelles pratiques de la ville, autres que purement domestiques d’une part ou adaptatives d’autre part, sont mises en valeur ? Quelle place est donnée non plus seulement à l’inventivité des habitants mais à leur capacité analytique, à leur capacité à problématiser la ville durable ?
Cette séance aura pour objectif de faire le point sur les méthodes autant que sur les résultats de ces enquêtes récentes sur l’habiter durable. Nous nous demanderons donc autant comment mener l’enquête sur l’habitabilité que ce que ces enquêtes nous apprennent de neuf sur les capacités des habitants à problématiser et agir dans ce contexte de transition écologique des villes. Deux des exposés auront directement à charge de présenter des enquêtes menées auprès d’habitants de grands écoquartiers fraîchement livrés, notamment Lyon Confluence : Ludovic Morand (suivi d’une intervention de Sophie Nemoz) et le GRAC (suivi d’une intervention de Martin Denoun). Un dernier exposé, en début d’après-midi, ouvrira le champ de questionnement au moyen d’une enquête collective et multisituée sur des pratiques d’agriculture urbaines initiées par des habitants (Bénédikte Zitouni, Alexis Zimmer et Chloé Deligne). Sophie Nemoz et Martin Denoun mettront en perspective les trois présentations et animeront la discussion.

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Introduction de Jérôme Boissonade

Matinée (9h30 – 12h30) :

Ludovic Morand[3] : « Un habiter durable ? Apports et limites d’une approche non-évaluative de l’habiter »[4]

Questions de Sophie Nemoz[5] ; Questions de la salle ; Réponses[4] de Ludovic Morand

Rémi Eliçabe, Amandine Guilbert[6] et Yannis Lemery[7] du GRAC (Lyon) : « Suivre la logique vivante de l’habiter. Une enquête aux côtés des habitants de Lyon Confluence » : Première partie ; Deuxième partie

Questions de Martin Denoun[8] ; Réponses du GRAC

Après-midi (14h – 16h30) :

Introduction de Rémi Eliçabe

Bénédikte Zitouni[9], Chloé Deligne[10] et Alexis Zimmer[11] du collectif « Ecologies de Bruxelles »[12] : « Terrains et intrigues. Passés, présents et futurs des jardiniers en ville » : Première partie ; Deuxième partie

Débat avec la salle : Première partie ; Deuxième partie

Discutants : Sophie Nemoz et Martin Denoun[13]

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[1] Sociologue, chargé de recherche au Groupe Recherche Action (GRAC)
[2] Architecte, Maitre de Conférences en sociologie (ULCO – UMR LAVUE)
[3] Sociologue, Centre Norbert Elias, EHESS Marseille.
[4] Ludovic Morand n’a pas souhaité rendre l’enregistrement de sa communication et de ses réponses disponible en ligne.
[5] Maître de Conférences à l’Université de Bourgogne/Franche-Comté Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LaSA).
[6] Chargée de recherche au Groupe Recherche Action (GRAC)
[7] Chargé de recherche au Groupe Recherche Action (GRAC)
[8] Sociologue, professeur à l’Université Saint-Louis Bruxelles
[9] Historienne, chercheur qualifiée au FNRS, Université Libre de Bruxelles
[10] Historien, post-doctorant, à l’Institut des Humanités de Paris, Université Paris-Diderot)
[11] Collectif aussi composé de Livia Cahn (USLB CES), Noémie Pons-Rotbardt (ULB LIEU) et de Nicolas Prignot (ULB, LIEU)
[12] Doctorant au Groupe de Sociologie Pragmatique et Réflexive (GSPR) EHESS

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Deuxième journée de l’atelier

Cycle « Pratiques sociales et politiques de transition »

Deuxième journée de l’atelier « Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés »

Mardi 4 avril 2017 (Marseille)

Coordonnateurs de la séance et discutants : François Valegeas[1] et Hélène Reigner[2]

La rhétorique de la « transition » propose un devenir commun, désirable, mais finalement peu défini. Au nom de ce devenir, la transition est présentée comme nécessaire et légitime, bien que s’appuyant souvent sur des présupposés et outils normatifs peu débattus. Pourtant, ces démarches transforment les responsabilités, renvoyant souvent la charge morale de la transition aux individus. Ce faisant, le cadrage des enjeux de la transition, réduit à une affaire de bons comportements individuels, peut être source de mécanismes inquiétants. De même, des outils opérationnels et juridiques, tels que les « trames vertes et bleues » ou les « mobilités douces » (lois Grenelle) sont supposés engager les politiques publiques dans des formes de transition écologique, mais se trouvent en tension avec des logiques contradictoires, et se réduisent souvent à des effets vitrines limités à certains espaces. L’hypothèse est ainsi faite que les démarches et les politiques en faveur de la transition tendent à exacerber les inégalités sociales et spatiales.
Les injonctions à la « transition » s’accompagnent de discours normatifs visant l’incitation, l’acceptation, l’adoption de « bonnes pratiques », qui seront dévoilées dans les diverses présentations. Les démarches et politiques de transition peuvent ainsi être considérées comme des sacrifices, auxquels tous les groupes sociaux ne font pas face de la même manière (groupes sociaux vulnérables, petites entreprises, territoires défavorisés, etc.). Les dispositions, capacités d’appropriation ou de détournement des dispositifs de la transition ne sont en effet pas également distribués, aussi bien selon les groupes sociaux que selon les territoires concernés.
Cette séance s’intéressera donc aux liens entre les démarches et politiques de « transition » et la question des inégalités, mis à l’épreuve par les pratiques de l’habiter. Les interventions permettront d’aborder différentes modalités de transition telles qu’elles sont revendiquées et mises en œuvre, de questionner leur prise en compte des inégalités (sociales et spatiales) ou encore d’analyser les formes d’inégalités et d’injustices (par exemple environnementales) créées par ces démarches.
Cette séance s’appuiera principalement sur des exemples pris dans le quart sud-est de la France, en montrant les spécificités de ce contexte territorial et politique, notamment sur les caractéristiques des promoteurs de cette « transition » ou sur les modalités de sa mise en œuvre.

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Introduction d’Hélène Reigner et François Valegeas

Matinée (9h30 – 13h) :

Après-midi (14h – 16h30) :

[1] Ingénieur de recherche au LPED (UMR151), Aix-Marseille Université, chercheur associé au Lab’Urba (EA 3482)
[2] Professeur à l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional, LIEU (EA 889), Aix- Marseille Université
[3] Professeur, LPED (UMR 151), Aix-Marseille Université
[4] Maître de conférences, LPED (UMR 151), Aix-Marseille Université
[5] Doctorant CIFRE, LPED (UMR 151) / Agence d’Urbanisme de l’Agglomération Marseillaise
[6] Maître de conférences, LPED (UMR 151), Aix-Marseille Université – IRD
[7] Maître de conférences, LPED (UMR 151), Aix-Marseille Université – IRD
[8] Maître assistante, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille
[9] Directrice de recherche, IRSTEA Bordeaux
[10] Maître de conférences à l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional, LIEU (EA 889), Aix-Marseille Université
[11] Chercheur CNRS, TELEMME (UMR 6570)
[12] Professeur, ADEF (EA 4671), Aix-Marseille Université
[13] Professeur, LIRDEF (EA 3749), Université de Montpellier

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Première journée de l’atelier

Cycle « Écologie pratique et place des collectifs »

Première journée de l’atelier « Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés »

Mardi 21 février 2017
Coordinateurs de la séance : Elisabeth Peyroux1 et Antoine Lagneau2

La rhétorique de la « transition » circule au sein de différents milieux (militants, institutionnels, professionnels, politiques, scientifiques). Sous ses abords consensuels, elle recouvre des acceptations et des usages très différents. La première séance de cet atelier se propose d’analyser les discours qui entourent le mouvement des « villes en transition » et les pratiques qui y sont associées en les confrontant aux expériences des acteurs et des populations. Elle s’attachera à la généalogie de cette notion, sa naissance, son déploiement, ses usages et ses appropriations dans différents contextes géographiques. Elle s’interrogera  sur les différentes grilles de lecture de ce mouvement et les enjeux auxquels il est confronté.

Les enregistrements audios de la séance sont directement accessibles depuis le programme ci-dessous :
Cliquez sur le passage du programme concerné, puis Télécharger (le fichier peut alors être écouté ou téléchargé : clic droit sur la barre de progression audio et choisir « Enregistrer le fichier sous… »)

Introduction d’Élisabeth Peyroux

Matinée (10h – 12h30) :

      • Luc Semal3 : « Pic pétrolier et résilience: la part catastrophiste des Transition towns »3

Échange de clarification avec la salle

Discutante : Anahita Grisoni[5] : Questions aux intervenants

Débat avec la salle

Après-midi (13h30 – 17h) :

    1. Discutante : Clara Breteau[7] : Lecture croisée

      Débat avec la salle

      .

      1 CNRS, UMR Prodig
      2 Natureparif
      3 Maître de conférences en Science politique au Muséum national d’Histoire naturelle, Centre d’écologie et des sciences de la conservation, CESCO. Luc Semal n’a pas souhaité rendre l’enregistrement de sa communication disponible en ligne.
      4 Sociologue et eco designer, activiste écologiste
      5 Chercheuse post-doctorante, UMR Environnement ville et société –EVS, Réseau « Saisir l’Europe –Europa als Herausforderung »
      6 Docteure en Architecture, Laboratoire Métiers de l’Histoire de l’Architecture, édifices-villes-territoires, ENSA Grenoble / Université Grenoble Alpes
      7 Chercheuse-doctorante, Université de Leeds (R-U), LADYSS (Paris), CITERES (Tours)