Activités du réseau

Programme 2020  de l’atelier
Habiter la transition
Des pratiques existantes aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés

Atelier thématique commun aux réseaux ACDD et ReHaL
En partenariat avec le Master
« Habitat et ville durable – Pour une approche critique de la fabrique urbaine »

(École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris – La Villette)

Prochaine séance de l’atelier

Le numérique face à la transition écologique

Lundi 27 janvier 2020 (10h-17h00)

École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris la Villette
144 avenue de Flandre 75019 Paris
Amphi 5

Programme et plan d’accès PDF

Coordinateurs de la séance : Clément Marquet[1] et Élisabeth Peyroux [2]

Depuis une quinzaine d’années, de nombreux acteurs (industriels, groupes d’intérêts, pouvoirs publics) promeuvent la prolifération des technologies numériques en vantant le rôle qu’elles pourraient jouer dans la transition écologique. De nombreux groupes d’intérêt avancent qu’elles permettraient de réduire de 15 à 20% les effets de serre émis par les autres secteurs d’activité (Flipo et al., 2013). Pour obtenir de tels bénéfices, les promoteurs du numérique associent deux caractéristiques à ces technologies : d’abord, elles favorisent la « dématérialisation » des actions quotidiennes. En donnant la possibilité de réaliser de nombreuses opérations à distance (possibilité qui devient d’ailleurs une contrainte), les nouvelles technologies permettraient de réduire les déplacements, de se passer du papier etc. Ensuite, elles contribueraient à l’optimisation du fonctionnement et de la gestion de l’ensemble des réseaux : on parle ainsi de bâtiments, de quartiers et de villes intelligents. En truffant les espaces physiques de capteurs de toutes sortes, on se donnerait les moyens de réduire la consommation des citadins, d’améliorer le fonctionnement des transports, de mieux distribuer l’électricité, de réorganiser la collecte des déchets, de revoir les modes d’éclairage public, etc. Dans ce projet, les données générées par les smartphones des citadins et les différents capteurs urbains jouent un rôle central puisque c’est par leur accumulation (souvent désignée par le terme de big data) et leur traitement que l’on se donnerait les moyens de réduire la consommation énergétique des différents systèmes urbains. Alors que les effets réels de la mise en place de telles initiatives sont rarement mesurés, les promesses, elles, perdurent. Ainsi, c’est maintenant l’Intelligence Artificielle qui doit venir au secours de la transition énergétique : par la prolifération des données et les nouvelles capacités de traitement que nous donneront les serveurs, nous serons, selon le rapport Villani, enfin en mesure comprendre et d’agir pour préserver notre environnement (Villani, 2018). Ainsi, dans le discours des promoteurs du numérique, transition écologique et transition numérique iraient de pair.
Face à ces promesses, cet atelier propose de mettre en lumière les défis que posent ces développements technologiques aux projets de transition écologique en esquissant les contours de ce que pourraient devenir des études environnementales du développement informatique (Ensmenger, 2018). Comment mesurer les conséquences environnementales du numérique ? Comment le cycle de vie des technologies numériques (extraction des matériaux, production des objets, usages et devenir des déchets) est-il intégré dans ces mesures ? En quoi la multiplication des data centers et la prolifération des déchets électroniques perturbent-elles localement les politiques et pratiques de transition écologique, telles que l’économie circulaire ou la sobriété énergétique ? Dans quelle mesure un autre Internet, plus sobre en ressources, peut-il être envisagé ?

Programme de la journée

Matinée (10h – 12h30) :

Introduction de Clément Marquet

  • Fabrice Flipo [3] : « Enjeux écologiques du numérique. Etat des lieux des connaissances et besoins interdisciplinaires de recherche »
  • Cécile Diguet[4] : « Dirty data: les impacts spatiaux et énergétiques des data centers »

Après-midi (14h00 – 17h) :

  • Soraya Boudia[5]: « Déchets électroniques et transition écologique. La quadrature du cercle de l’économie circulaire »
  • Francesca Musiani[6] : « Les ‘nains’ de l’Internet sont-ils écologiques ? Réflexions historico-environnementales sur les architectures de réseau distribuées »

Mots de conclusion

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[1] Postdoctorant, IFRIS (Institut Francilien Recherche Innovation Société), Costech (Connaissance Organisation et Systèmes TECHniques).
[2] Chargée de recherche CNRS, Prodig
[3] Professeur de philosophie politique et sociale, Institut Mines-Télécom BS, rattaché au Laboratoire de Changement Social et Politique de l’Université Paris 7 Diderot.
[4] Urbaniste, Institut Paris Région, chercheuse associée, LIAT (Laboratoire Infrastructure, Architecture, Territoire).
[5] Professeure de Sociologie, Université de Paris, Cermès3 (Centre de Recherche médecine, sciences, santé mentale, société)
[6] Chargée de Recherche CNRS, Centre Internet et Société (CIS).

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Séance suivantes

 

Programme 2018-19 de l’atelier

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(avec accès aux enregistrements audio)

Conférences organisée par
la Majeure Développement soutenable de Sciences Po. Lille
en partenariat avec le réseau ACDD

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Atelier 2012-2016
« Développement durable et acceptabilité sociale »

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Séances précédentes
Innovation et développement durable : entre injonctions et pratiques
Recherche et “Acceptabilité sociale” de la durabilité
Innovations et comportements
Concepteurs de durabilité : des quartiers pour éco-habitants idéaux ?

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Les numéros de la revue Vertigo liés à l’atelier
« Développement durable et acceptabilité sociale »

Article de présentation du dossier (lien)

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L’ouvrage du réseau ACDD

La ville durable controversée

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Les auteurs : Jérôme Boissonade (dir.), Pierre-Arnaud Barthel, Caroline Barthelemy, Christophe Beaurain, Christophe Beslay,  Valérie Clerc, Ludivine Damay, Miguel Donate Sastre, Rémi Eliçabe, Guillaume Faburel, Philippe Genestier, Romain Gournet, Amandine Guilbert, Anne-Sophie Haeringer, Caroline Lejeune, Marie-Hélène Lizée, Raul Marquez Porras, Laetitia Overney, Eric Pautard, Pascal Philifert, Hélène Reigner, Camille Roche, Pablo Romero Naguera, Delphine Varlet, Bruno Villalba, Marie-Christine Zelem.

Les projets urbains qui invoquent la « ville durable » sont-ils à la hauteur des enjeux contemporains? La promesse d’éco-quartiers montrant la voie d’une « transition écologique » répond-elle aux préoccupations économiques, sociales et environnementales portées notamment par de multiples acteurs de la société civile? Les « éco-techniques », proposées pour donner un vernis écologique aux bâtiments, peuvent-elles inverser les conséquences négatives du régime de développement dominant? Le greenwashing des projets urbains est-il une dérive de la « ville durable » ou une conséquence logique? Dans les discours, il s’agit encore et toujours de changer les comportements par une pédagogie des « petits gestes » auxquels chacun doit prêter attention, jusque dans sa salle de bains. Un tel gouvernement des conduites peut-il susciter l’adhésion des « simples citoyens »? Les dispositifs de débat public qui accompagnent les projets d’aménagement sont-ils à la mesure des enjeux démocratiques posés par ces projets?
Cet ouvrage collectif interroge les usages de la matrice du développement durable dans les espaces urbains. Il rassemble les travaux de recherches qui, dans leur diversité, ont en commun de prendre au sérieux les critiques formulées par les acteurs eux-mêmes, saisis dans ce qui les lie à leurs milieux et leurs formes de vie. Ces critiques de la « ville durable », énoncée publiquement comme un « bien en soi », sont soumises à de multiples épreuves. Quelles prises faut-il construire pour donner une portée à ces mouvements critiques qui naissent au cœur des expériences et des pratiques urbaines les plus ordinaires?
Le livre ouvre une discussion théorique et pragmatique sur la place de la critique dans le développement durable. Il explore la fabrique des prises de la critique, en s’appuyant sur des enquêtes dont les terrains sont français et internationaux, tendus entre géo-politiques urbaines et politiques locales. Inspiré par l’anthropologie et la sociologie de la perception, l’ouvrage réinsère la question politique dans les agencements pratiques que vivent les personnes et les groupes, traçant les contours de résistances ordinaires, ou parfois très singulières, qui échappent aux instruments d’une gouvernementalité verticale par la ville durable.

Sommaire et détails techniques
Introduction