Activités du réseau

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Programme 2018-19 de l’atelier

Habiter la “transition”
Des pratiques existantes aux politiques de transition :
circulations et ambiguïtés

Atelier thématique commun aux réseaux ACDD et ReHaL
En partenariat avec le Master “Habitat et ville durable – Pour une approche critique de la fabrique urbaine”
(École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris – La Villette)

Six séances sont prévues cette année :
La mobilité transfrontalière : un catalyseur des territoires locaux en transition ?
Mardi 13 novembre 2018 (Besançon)
Coordinatrice et coordinateur de la séance : Sophie Némoz et Alexandre Moine

Habitats alternatifs et usages de la participation : comparaisons nord-sud
Mardi 11 décembre 2018
(École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris – La Villette)

Coordinateurs de la séance : Dominique Theile et Lionel Rougé (en partenariat avec l’atelier “Alternatives dans l’habitat” du REHAL)

Entre les lignes des Smart Cities : transition ou disruption des modèles urbains et des pratiques ?
Mardi 8 janvier 2019
(École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris – La Villette)

Coordinatrices de la séance : Sophie Némoz et Elisabeth Peyroux

La fabrique des vulnérabilités à l’heure des transitions
Mardi 12 mars 2019 (Montpellier)
Coordinateur et coordinatrice de la séance : François Valegeas et Nadine Roudil (en partenariat avec l’atelier “Vulnérabilités résidentielles” du REHAL)

‘Communs mondiaux’ et pratiques de transition. Les échelles de l’engagement en question
Mardi 14 mai 2019
cole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris – La Villette)
Coordinatrice et coordinateur de la séance : Léa Eynaud et Frédéric Sultan
(avec C. Laval, Sylvaine Bulle, Isabelle Frémeaux et Frédéric Sultan)

De l’ingénierie du développement durable aux ingénieries de la Transition
Mardi 11 juin 2019
(École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris – La Villette)

Coordinateurs de la séance : Guillaume Lacroix et Gilles Debizet

Prochaine séance de l’atelier Cycle Pratiques sociales et politiques de transition
Huitième journée de l’atelier

Laboratoire Théoriser & Modéliser pour Aménager (ThéMA UMR 6049)
Département de Sociologie – UFR Sciences du Langage de l’Homme et de la Société (SLHS)

Université de Franche-Comté

Mardi 13 novembre 2018 (10h-17h00)

Besançon
Maison des Sciences de l’Homme et de l’Environnement
1 rue Charles Nodier
Salle Claude Nicolas Ledoux

Entrée libre (sur inscription) : communication@mshe.univ-fcomte.fr

Programme PDF

Coordinateur et coordinatrice de la séance : Alexandre Moine[1] et Sophie Némoz[2]

La « transition » existe-t-elle lorsqu’on vit, séjourne ou travaille de part et d’autre d’une frontière ? Les usages de ce terme ne sont-ils que rhétoriques, se résumant à une formule oratoire ayant l’art d’agir sur les représentations ? Qu’est-ce que cela signifie pour les territoires concernés et pour ceux qui les traversent ? Que dit-on de la « transition » dans ces milieux parcourus par la mobilité transfrontalière ? Quels sont les différents enjeux, les politiques et les contradictions qui traversent ces déplacements aux interstices ? Quel(s) défi(s) posent ces formes d’habiter multiples et mobiles ? Comment ces pratiques et les réseaux translocaux qui les portent mettent-ils à l’épreuve les démarches de « transition » ? Accélérateurs, inhibiteurs, quel(s) rôle(s) sont portés par les projets transfrontaliers ? En quoi peuvent-ils catalyser un devenir commun des territoires de proximité ?
Partant de ce questionnement, la huitième journée de l’Atelier Habiter la transition du réseau ACDD souhaite interroger les processus mouvants. Les mouvements spatiaux véhiculent bien des dynamiques économiques et démographiques, non sans relations sociales, ni sans effets environnementaux. Dans et au travers des territoires, la mobilité ne cesse de s’étendre. Les déplacements contribuent à un problème devenu global de combustion de l’énergie et soulèvent des enjeux climatiques, mais aussi sanitaires, avec des conséquences sur la qualité de l’air. Les transports engendrent 23% des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale[3]. Le phénomène traverse en permanence les frontières. Si les flux de mobilité et les délimitations préoccupent les scènes politiques et médiatiques, les pratiques transfrontalières sont des gestes de plus ou moins grande distance, fréquence, itinérance, selon les expériences vécues. Leur spécificité est de mettre en relation des territoires et les êtres qui les habitent, en franchissant les seuils et les discontinuités spatiales, politiques, économiques ou culturelles au cœur des trajectoires circulatoires.
Entre ancrages et passages de frontières, l’anthropologie s’est intéressée aux démarcations de différentes formes. De nombreuses réflexions ont été menées autour de l’altérité, des réalités segmentées, mais aussi des processus d’acculturation, de cosmopolitisation, d’hybridation et de dynamiques créatives, parfois disruptives, en situations de liminarité[4]. L’idée de « limitation réciproque » a été particulièrement étudiée par la sociologie[5]. Dans ses « digressions sur l’étranger » (1908), Georg Simmel met en avant une expérience relationnelle où la distance prédomine sur la proximité. Au-dedans et au-dehors des marges, cette mise en tension se déplace à travers les épreuves et les prises[6]. Relativement ancienne chez les historiens, l’attention des sociologues s’est aussi portée sur les entrelacements socioéconomiques, ainsi que sur les coopérations politiques et administratives aux frontières[7]. L’intégration spatiale fait davantage partie des mots de la géographie[8], signifiant ainsi les liens de lieux entre eux plutôt qu’envers l’extérieur. Attentives à la question de la cohésion transfrontalière, les sciences économiques régionales ont approfondi l’ampleur variable des phénomènes de mobilité. Plusieurs types d’économie locale sont alors distingués, non seulement productive, ou résidentielle, mais également présentielle[9], cette dernière dimension prenant acte de la présence touristique sur les territoires.
Habiter renvoie à l’ensemble de ces implications pratiques et symboliques. Cette journée d’atelier sur la « transition » des territoires transfrontaliers poursuit l’ambition de croiser autour des mobilités les regards pluri- et transdisciplinaires. Un public large est invité, composé tant de chercheurs, de praticiens, d’associations, d’étudiants et de toute autre personne intéressée. La Maison des Sciences de l’Homme et de l’Environnement de Franche-Comté (MSHE Ledoux, USR 3124) accueillera cet atelier en partenariat avec le Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LaSA EA 3189 UBFC), le Laboratoire Théoriser et Modéliser pour Aménager (ThéMA UMR 6049 – UBFC) et le Forum Transfrontalier, ainsi qu’avec le soutien de la Communauté du Savoir (CdS) et de la Région Bourgogne-Franche-Comté.
L’ouverture franco-suisse de cette journée permettra de confronter les réflexions sur les dynamiques de transition aux pratiques de mobilités transfrontalières et aux expériences vécues à travers l’Arc jurassien. Cette mise en perspective interculturelle sera densifiée tout au long de l’atelier, en interrogeant la pluralité des échelles d’actions locales, nationales et internationales. La journée débutera par des présentations de recherches interdisciplinaires, puis conviera autour d’une table ronde les acteurs de la mobilité à travers les frontières du Massif du Jura.

Introduction de Sophie Némoz

Matinée (10h00 – 12h30) : Mises en perspectives internationales et interdisciplinaires

  • Jianyu Chen[10] et Thierry Ramadier[11] : « Les ressorts sociaux et socio-cognitifs de la distance des navettes quotidiennes. Le cas des résidents français travaillant au Luxembourg. »
  • Olivier Crevoisier[12] : « Penser la transition (écologique, énergétique, numérique….) par la complexité et le local ».

Discussion

Après-midi (14h – 17h) : Table-ronde avec les acteurs de l’Arc jurassien

  • Alexandre Moine : ouverture de la table-ronde par l’exposé de la situation de l’Arc jurassien.
  • Bernard Woeffray, Géographe aménagiste, membre du Forum Transfrontalier.
  • Patrick Réal, Vice-Président de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports (FNAUT).
  • Pierre Vaufrey, Président de l’Agglomération Urbaine du Doubs (AUD), Groupement Local de Coopération Transfrontalière (GLCT).
  • Thierry Brunet, Représentant du Secrétariat pour les Affaires Régionales (SGAR) à la Préfecture de Région Bourgogne-Franche-Comté, chargé de coordination de la Conférence TransJurassienne.
  • Isabelle Maquin, Directrice adjointe de l’Agence d’Urbanisme Besançon centre Franche-Comté (AUDAB).

Modératrice : Sophie Némoz

Conclusion de la journée


[1] Professeur, Laboratoire Théoriser & Modéliser pour Aménager, Université Bourgogne Franche-Comté, ThéMA (UMR 6049).
[2] Maître de conférences, Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie, Université Bourgogne Franche-Comté, LaSA (EA 3189).
[3] Agence internationale de l’énergie – www.iae.org
[4] VAN GENNEP Arnold (1995 [1922]), Traité comparatif des nationalités, Paris, Editions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques.
[5] SIMMEL Georg, (1999 [1908]), Sociologie. Etude sur les formes de socialisation, Paris, Presses Universitaires de France.
[6] JOSEPH Isaac (1997), « Prises, réserves, épreuves », Communications, n°65, pp.131-142.
[7] HAMMAN Philippe (2013), Sociologie des espaces-frontières. Les relations transfrontalières autour des frontières françaises de l’Est, Strasbourg, Paris, Presses universitaires de Strasbourg, coll. Etudes alsaciennes et rhénanes.
[8] BRUNET Roger, FERRAS Robert, THIERRY Hervé (1992), Les Mots de la géographie, dictionnaire critique, Montpellier-Paris, RECLUS-La Documentation Française, coll. Dynamiques du territoire.
[9] TERRIER Christophe (2007), Mobilité touristique et population présente. Les bases de l’économie présentielle des départements, Paris, Direction du tourisme ; et DAVEZIES Laurent (2008), La République et ses territoires. La circulation invisible des richesses, Paris, Seuil.
[10] Doctorante à l’UMR Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe (UMR 7363 SAGE), Université de Strasbourg.
[11] Directeur de Recherche CNRS en psychologie, chercheur associé au Centre de recherche en aménagement et développement (CRAD) Université Laval, Québec, Canada.
[12] Professeur à l’Institut de sociologie de l’Université de Neuchâtel.

Séances de l’atelier « Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés »

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Conférences organisée par
la Majeure Développement soutenable de Sciences Po. Lille
en partenariat avec le réseau ACDD

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Atelier 2012-2016
“Développement durable et acceptabilité sociale”

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Séances précédentes
Innovation et développement durable : entre injonctions et pratiques
Recherche et “Acceptabilité sociale” de la durabilité
Innovations et comportements
Concepteurs de durabilité : des quartiers pour éco-habitants idéaux ?

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Les numéros de la revue Vertigo liés à l’atelier
“Développement durable et acceptabilité sociale”

Article de présentation du dossier (lien)

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L’ouvrage du réseau ACDD

La ville durable controversée

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Les auteurs : Jérôme Boissonade (dir.), Pierre-Arnaud Barthel, Caroline Barthelemy, Christophe Beaurain, Christophe Beslay,  Valérie Clerc, Ludivine Damay, Miguel Donate Sastre, Rémi Eliçabe, Guillaume Faburel, Philippe Genestier, Romain Gournet, Amandine Guilbert, Anne-Sophie Haeringer, Caroline Lejeune, Marie-Hélène Lizée, Raul Marquez Porras, Laetitia Overney, Eric Pautard, Pascal Philifert, Hélène Reigner, Camille Roche, Pablo Romero Naguera, Delphine Varlet, Bruno Villalba, Marie-Christine Zelem.

Les projets urbains qui invoquent la “ville durable” sont-ils à la hauteur des enjeux contemporains? La promesse d’éco-quartiers montrant la voie d’une “transition écologique” répond-elle aux préoccupations économiques, sociales et environnementales portées notamment par de multiples acteurs de la société civile? Les “éco-techniques”, proposées pour donner un vernis écologique aux bâtiments, peuvent-elles inverser les conséquences négatives du régime de développement dominant? Le greenwashing des projets urbains est-il une dérive de la “ville durable” ou une conséquence logique? Dans les discours, il s’agit encore et toujours de changer les comportements par une pédagogie des “petits gestes” auxquels chacun doit prêter attention, jusque dans sa salle de bains. Un tel gouvernement des conduites peut-il susciter l’adhésion des “simples citoyens”? Les dispositifs de débat public qui accompagnent les projets d’aménagement sont-ils à la mesure des enjeux démocratiques posés par ces projets?
Cet ouvrage collectif interroge les usages de la matrice du développement durable dans les espaces urbains. Il rassemble les travaux de recherches qui, dans leur diversité, ont en commun de prendre au sérieux les critiques formulées par les acteurs eux-mêmes, saisis dans ce qui les lie à leurs milieux et leurs formes de vie. Ces critiques de la “ville durable”, énoncée publiquement comme un “bien en soi”, sont soumises à de multiples épreuves. Quelles prises faut-il construire pour donner une portée à ces mouvements critiques qui naissent au cœur des expériences et des pratiques urbaines les plus ordinaires?
Le livre ouvre une discussion théorique et pragmatique sur la place de la critique dans le développement durable. Il explore la fabrique des prises de la critique, en s’appuyant sur des enquêtes dont les terrains sont français et internationaux, tendus entre géo-politiques urbaines et politiques locales. Inspiré par l’anthropologie et la sociologie de la perception, l’ouvrage réinsère la question politique dans les agencements pratiques que vivent les personnes et les groupes, traçant les contours de résistances ordinaires, ou parfois très singulières, qui échappent aux instruments d’une gouvernementalité verticale par la ville durable.

Sommaire et détails techniques
Introduction