Activités du réseau

.

Le numéro de la revue Sciences de la société est paru

Habitat durable : approches critiques

Article de présentation du numéro (lien)

Site de l’éditeur (avec achat en ligne)

.

 Programme 2016-2017 de l’atelier

Habiter la transition
Des pratiques existantes aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés

Atelier thématique commun au réseaux ACDD et ReHaL

.

Prochaines séances

Quatrième séance de l’atelier

Mercredi 13 septembre 2017
9h30-16h30

Institut des Sciences de la Communication du CNRS (ISCC)
20 rue Berbier-du-Mets 75013 Paris
Métro Les gobelins (ligne 7)
Entrée libre (sans inscription)

Programme et plan d’accès

Coordonnateurs de la séance : Yannick Rumpala[1] et Jérôme Boissonade[2]

Les souhaits et efforts en faveur d’une transition (écologique) ont aussi dans leur noyau structurant une dimension temporelle qui est celle du futur. C’est, pour une part importante, cette dimension qui leur donne sens, puisque l’horizon proposé ne peut être que celui d’une amélioration à venir. Le chemin esquissé est celui d’un apprentissage collectif qui doit trouver ses conditions de facilitation. Plus ou moins explicitement, les interventions envisagées et mises en œuvre visent conjointement à transformer des configurations sociotechniques pour en éliminer les effets problématiques et essayer d’assurer des effets bénéfiques.

Cette séance vise à démêler l’intrication de ces différentes dimensions. Certaines initiatives dans la période récente sont emblématiques de cette intrication, comme celles dérivant de l’esprit des fab labs, tiers-lieux, etc., presque constitué en modèle alternatif. A l’échelle de la ville, des projets sur ce modèle offrent la promesse de pouvoir assurer certains besoins basiques grâce à de petites unités de fabrication, sous forme d’ateliers implantés dans les quartiers et mettant des machines relativement avancées à disposition des communautés. La « fab city » serait une ville où les citoyens pourraient aussi devenir fabricants et ressaisir leurs propres besoins, en se réappropriant des technologies de manière collaborative et en contribuant à une maîtrise des flux physiques et énergétiques qui conditionnent les situations écologiques.

Ce qui apparaît intéressant dans ces projets et dans d’autres, c’est la manière dont ils inscrivent leur action et leurs « aspirations transformatrices » dans des perspectives et des futurs qui leur donnent sens. La transition écologique semble intégrée comme un référent majeur de ces initiatives. Mais les démarches prospectives mises en jeu semblent relever d’une quête extensive de prises pour rendre les futurs discutables. Ces initiatives s’organisent en effet, comme s’il s’agissait de trouver à travers la complexité des ensembles socio-techniques, des prises permettant d’avancer vers un futur marqué par l’incertitude. L’enjeu pour les acteurs paraît être alors d’ouvrir une pluralité d’échelles d’action et de futurs possibles, ne se résumant pas à l’entrée dans un temps nouveau qualifié maintenant couramment d’« anthropocène » ou à celui d’un effondrement généralisé. Nous souhaitons donc dans cette séance discuter la dimension transitionnelle de ces arrangements sociotechniques, en interrogeant les manières dont est construite leur « habitabilité » à travers les images du futur, les dynamiques intellectuelles, les pratiques associées, etc.

Matinée (9h30 – 12h30) :

  • Sébastien Treyer[3] : « Démarches de prospective dans les processus de transition »
  • Bernard Hubert[4] : « La transition sous l’angle des dynamiques d’apprentissage »

Après-midi (14h – 17h) :

  • Yannick Rumpala : « “Makerspaces” ou fab city et futurs de la transition »
  • Francis Chateauraynaud[5] : « Scénarisation des possibles et constructions des futurs »

.

[1] Maître de conférences (HDR) en science politique à l’Université de Nice, membre de l’Equipe de Recherche sur les Mutations de l’Europe et de ses Sociétés (ERMES).
[2] Architecte, Maitre de Conférences en sociologie à l’Université du Littoral (ULCO), membre de l’équipe de recherche Architecture Urbanisme Sociétés (AUS – UMR LAVUE).
[3] Directeur des programmes de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), Président du comité scientifique et technique du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM).
[4] Directeur d’études de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), Directeur de recherche émérite à l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA), membre du Centre Norbert Elias (UMR 8562)
[5] Directeur d’études en sociologie à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), Directeur du Groupe de Sociologie Pragmatique et Réflexive (GSPR)

.

Cinquième séance de l’atelier

Cycle Écologie des pratiques et place des collectifs

Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LaSA EA 3189)
Département de Sociologie – UFR Sciences du Langage de l’Homme et de la Société (SLHS) Université de Franche-Comté

Jeudi 12 octobre 2017 (10h-17h00)

Besançon
Maison des Sciences de l’Homme et de l’Environnement
1 rue Charles Nodier
Salle Claude Nicolas Ledoux
Entrée libre sur inscription (communication@mshe.univ-fcomte.fr)
Programme PDF

.

Coordinatrices de la séance : Sophie Némoz[1] et Florence Rudolf[2]

Tandis que les jardins collectifs, jardins partagés, sèment divers territoires urbains, périurbains, ruraux, l’idée de changement, d’alternatives en cours, s’affirme sur ces terrains cultivés à plusieurs. Entre nature et culture et au croisement des problématiques de l’habiter, différentes qualités, sociales, économiques, politiques, esthétiques, sanitaires et environnementales, ont été associées aux jardins selon les époques, les sociétés et les territoires. Aujourd’hui, leur essor s’observe notamment au cœur de nouveaux collectifs. Le mouvement des « villes en transition » développe ainsi des potagers et des vergers urbains, gérés en groupe et présentés comme les « ingrédients » fondamentaux d’un territoire résilient face à la déplétion pétrolière et au réchauffement climatique. Si les jardins collectifs constituent une des initiatives les plus concrètes, fréquentes et visibles pour « rendre la Transition palpable par la communauté »[3], cet atelier vise à poser plus largement la question.
Les actions collectives dans ce domaine et les conceptions de la « transition » sont portées par différents acteurs. Ils excèdent un mouvement militant et s’étendent à travers une multiplicité de projets qui émanent de la société civile, d’initiatives « grass roots » tels qu’ils sont qualifiés à l’international, ou par-delà ces formes associatives, par l’entremise de démarches professionnelles, scientifiques ou institutionnelles. Le terme de jardin partagé est celui retenu par l’État français depuis 2014 bien que d’autres appellations comme jardin collectif, jardin communautaire, soient couramment utilisées.
Toutes ces dénominations mettent en avant l’usage et la gestion en commun de pratiques auxquelles les jardins offrent un horizon de possibles. Ces possibles partagent l’idée de communs aussi, c’est à cette notion que cet atelier sera plus précisément décerné d’autant qu’elle suscite un intérêt particulier de nos jours. A la croisée des sciences et des imaginaires politiques, culturels et sociétaux, les biens communs font l’objet d’une attention bien particulière parce qu’ils témoignent d’une alliance entre universalisme et localisme/ particularisme. L’idée de communs est née d’une critique de l’intérêt général, dont elle se distingue sans renier l’intérêt d’une montée en généralité. L’idée de communs, nous enjoint, de célébrer la recherche d’universalisme à travers des expériences situées, en travaillant des formes d’alliances entre des grandeurs incommensurables. Il s’agit de jouer d’équilibres instables, non comme d’une fragilité, mais comme l’affirmation d’une ouverture : ouverture à l’altérité (humaine et non humaine), ouverture sur le monde et le devenir.
Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que les communs soient au cœur de nombreux débats. De la philosophie politique à l’économie publique, puis institutionnaliste[4], ou encore en science juridique, en sociologie, en anthropologie et en histoire, la littérature internationale rend compte d’une définition polysémique, traversant différentes disciplines, et partant de sources d’inspiration plurielles. Elle recouvre des formes d’organisation de ressources matérielles ou immatérielles par un collectif. Il y a là, des communautés plus ou moins inclusives/exclusives d’ayant-droits dont les pratiques et les représentations ne vont pas sans ambiguïtés.
 A l’heure où ces dynamiques d’action collective interrogent l’organisation des territoires, tout en soulevant le débat en matière d’environnement, cette journée a pour objectif d’approfondir leur questionnement sur le terrain des jardins. Quels biens communs peuvent être observés en leur sein ? Comment sont-ils cultivés ? Par qui ? A travers quels savoirs, quelles pratiques, quels imaginaires et sens ? Qu’est-ce qui les met en œuvre mais aussi à l’épreuve ? Dans quels espaces-temps ? A quelles échelles ? Selon quelles formes institutionnelles ? En quoi l’organisation, la production et l’usage des jardins en communs recomposent-ils les manières d’habiter ? Avec quels effets sociaux, économiques, politiques et environnementaux ?
Cette séance propose de travailler sur ces questions, en invitant un public large, composé tant de chercheurs, de praticiens, d’associations, d’étudiants et de toute autre personne intéressée. Du point de vue historique, l’idée des communs a connu plusieurs phénomènes de résurgence dans la région Bourgogne Franche-Comté. Les formes pluriséculaires de la coopération des producteurs laitiers locaux ont créé des « fruitières » visant à fructifier ensemble, à travers une défense du commun social mais aussi, environnemental au niveau des pâturages. L’idée des communs a pu être également portée par des militants socialistes et radicaux, anciens fouriéristes, ou encore par les œuvres de l’architecte, urbaniste et utopiste, Claude Nicolas Ledoux.
Au regard de ce patronyme, d’un ancrage territorial et des approches comparatives internationales, la Maison des Sciences de l’Homme et de l’Environnement de Franche-Comté (MSHE Ledoux) accueillera cet atelier en partenariat avec le Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LaSA EA 3189 UBFC), ainsi qu’avec le soutien de l’Equipe d’Accueil « Architecture, Morphologie/Morphogénèse Urbaine et Projets » (AMUP EA 7309) et de la Région Bourgogne-Franche-Comté. La journée reviendra sur la généalogie locale des dispositifs coopératifs, puis analysera au cours de la matinée des expériences concrètes de jardins partagés dans la région, notamment à Besançon où l’une d’elles a débouché sur un projet d’habitat participatif. L’après-midi sera résolument international, avec des présentations de recherches en agroécologie à Neuchâtel, sur les potagers urbains dans le cas de Genève, les « Community gardens » à New York, et plus largement aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

Matinée (10h00 – 12h30) : Fragments locaux

  • Christian Guinchard[5] : « Le nouveau monde de Charles Fourier est un jardin »
  • Éric Doidy[6] et Sophie Némoz : « Pistes pour une pragmatique terrestre : quels jardins pour dessiner quelles communautés ? »
  • Karine Terral[7], Floriane Vauthier[8] et Patrick Bourque[9] : « Du jardin partagé à l’habitat participatif de La Pernotte : comment le jardin partagé a nourri notre futur mode d’habiter ? »

Discutante : Laurence Granchamp[10]

Après-midi (14h – 17h) : Mises en perspectives internationales

  • Alexandre Aebi[11] : « Regard interdisciplinaire sur trois projets de jardins potagers dans le canton de Neuchâtel. Du militantisme étudiant aux tentatives d’institutionnalisation d’un projet communal »
  • Arnaud Frauenfelder[12] : « La mise en ordre des jardins ouvriers comme instrument de régulation sociale entre hier et aujourd’hui. Le cas de Genève »
  • Sandrine Baudry[13] et Sandrine Glatron[14] : « Perspective historique sur le jardinage urbain en temps de crise aux États-Unis et au Royaume-Uni (1890-2017) »

Discutante : Sophie Némoz

Conclusion de la journée : Florence Rudolf

.

[1] Maître de conférences, Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie, Université Bourgogne Franche-Comté, LaSA (EA 3189).
[2] Professeure, Directrice adjointe de l’équipe d’accueil Architecture, Morphologie/Morphogenèse Urbaine et Projets, AMUP (EA 7309), Insa de Strasbourg.
[3] HOPKINS Rob (2010), Manuel de transition : de la dépendance au pétrole à la résilience locale, Montréal, Écosociété.
[4] OSTROM Elinor (1990), Governing the Commons : The Evolution of Institutions for Collective Action, New York, Cambridge University Press.
[5] Maître de conférences HDR, Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie, Université Bourgogne Franche-Comté, LaSA (EA 3189).
[6] Chargé de recherche, Centre d’Economie et de Sociologie appliquées à l’Agriculture et aux Espaces Ruraux, INRA, CESAER (UMR 1041).
[7] Architecte-conseiller chargée de mission pour les Conseils d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement du Doubs, du Jura et de la Haute-Saône.
[8] Membre du Groupe Habitat Participatif de la Pernotte.
[9] Membre du Groupe Habitat Participatif de la Pernotte.
[10] Maître de conférences, Dynamiques Européennes, Université de Strasbourg, DynamE (UMR 7367).
[11] Maître d’Enseignement et de Recherche, Laboratoire de biodiversité du sol, Université de Neuchâtel, UNINE.
[12] Sociologue, professeur, Responsable du Centre de recherches (CERES), Haute école spécialisée de Suisse occidentale, HETS Genève.
[13] Maître de conférences, Savoirs dans l’Espace Anglophone Représentations, Culture, Histoire, Université de Strasbourg, SEARCH  (EA 2325)
[14] Chargée de recherche CNRS, Dynamiques Européennes, DynamE (UMR 7367)

.

Sixième séance de l’atelier

Jeudi 16 novembre 2017 (Paris) date sous réserve

Le changement : du sacrifice à l’exercice ? Comment on passe du discours aux actes

Coordinateurs de la séance : Sylvain Lavelle et Dominique Theile

Une « transition écologique » complexe, sans doute longue et difficile, qui articule un ensemble de dimensions – industrielle, sociale, environnementale, territoriale… -, semble s’imposer comme un des horizons les plus probables de notre époque. Or le sentiment d’urgence et d’inquiétude qui paraît gagner un nombre croissant de personnes contraste avec une certaine lenteur des changements à l’œuvre – quand ce n’est pas, pour certaines catégories d’acteurs, un déni pur et simple des problèmes. C’est un des paradoxes de la « transition » : il est généralement admis que nous avons désormais toute l’information et la connaissance pour rendre nécessaire et légitime le passage à l’action, mais nous nous comportons comme si nous n’en disposions pas…
C’est la question générale, suivie d’une série de questions plus particulières, que pose cette journée d’étude : comment passe-t-on du discours aux actes, si la connaissance et l’information en tant que telles ne suffisent pas et ne suffiront probablement jamais pour susciter l’engagement des acteurs ? Ne faut-il pas réfléchir le problème selon d’autres modalités, en allant regarder du côté des conditions matérielles et morales de la transition, dans la manière dont le changement, en écologie comme ailleurs, est décliné, motivé, vécu et pensé par les acteurs ? En particulier, s’il est question d’un changement de mode de vie, comment peuvent s’envisager, dans une société qui n’y semble pas préparée, du point de vue de la justice sociale, de l’égalité ou de l’équité, du sens individuel ou collectif, les sacrifices qui sont ou seront demandés aux populations ? Est-il pertinent d’envisager des modes de changement graduels ou expérimentaux, des exercices en somme – terme qui traduit la notion ancienne d’ascèse – qui pourraient rendre la sobriété plus ‘heureuse’ – en tous cas, moins sacrificielle ?  Quels genres d’éclairage nous apportent la recherche de voies de « transition » dans divers domaines qui exigent d’affronter les problèmes du sens, de l’addiction, de la résistance ou de l’appropriation du changement par les acteurs eux-mêmes ?
Cette journée d’étude pose dans toute son acuité la question de la sortie ou pas d’un modèle de société fondé sur la production marchande, et plus encore, sur la consommation, étendue désormais à toutes les sphères de la vie humaine. Une des hypothèses, qui constitue le fil conducteur de cette journée, est qu’il ne faut sous-estimer (a) ni l’ampleur et la profondeur du changement requis par la « transition écologique », à l’opposé de ce qu’ont semblé faire les approches classiques du développement durable, visant un chemin d’équilibre et de conciliation entre des objectifs par ailleurs contradictoires (b) ni la variété des options et des ressources qui s’offrent aux individus et aux collectivités qui envisagent d’être, chacun à leur manière, des acteurs de cette « transition écologique », et ceci, sans jamais nier, justement, la difficulté du changement.

.

Troisième journée de l’atelier

Cycle « Écologie pratique et place des collectifs »

Troisième journée de l’atelier « Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés »

Jeudi 18 mai 2017 (9h30-16h30)

Institut des Sciences de la Communication du CNRS (ISCC)
20 rue Berbier-du-Mets 75013 Paris
Métro Les gobelins (ligne 7)
Entrée libre (sans inscription)
Programme et plan d’accès PDF

Coordonnateurs de la séance : Rémi Eliçabe[1] et Jérôme Boissonade[2]

Depuis la mise en œuvre des premiers quartiers durables en Europe, la problématique de l’habiter est au centre de l’attention des aménageurs et des décideurs. La question qui se pose à eux est celle de savoir comment accompagner les habitants à la transition écologique et énergétique et, par-là, comment assurer l’appropriation par ces habitants de nouveaux modes de vie durables ? La recherche en sciences sociales est donc sollicitée pour suivre les transformations sur l’habiter qu’entraîne l’expérimentation de nouvelles techniques de construction et comprendre les éventuels problèmes qui se posent au fil de leur implantation. Mais une demande sociale importante lui est aussi adressée à l’échelle plus large de la mutation de l’urbanité et de la ville dans son ensemble, une demande que l’on pourrait formuler de la manière suivante : comment habiter la ville durable ?

La thématique de l’habiter est donc arrivée en force dans la littérature avec les premiers états des lieux qui prennent en compte les usagers et les habitants des écoquartiers français. Cette thématique est véritablement prise en charge par une génération de jeunes chercheurs (par exemple S. Nemoz, V. Renauld, F. Valegeas, Z. Hagel, H. Subrémon) qui est la première à poser la question de l’habiter dans la ville durable à l’épreuve de ses réalisations concrètes, sans discréditer par avance le discours des habitants et en prenant au sérieux leurs pratiques. Des parties entières de ces thèses sont consacrées à l’appréhension réflexive des habitants quant aux nouveaux dispositifs et aménagements durables, ou à leurs consommations énergétiques. Inspirées par les travaux de M. De Certeau sur les ruses de la vie quotidienne et les arts de faire des usages (arts des faibles, art du braconnage) et la sociologie pragmatique, ces recherches donnent à voir des habitants inventifs, bricoleurs, débrouillards, compétents pour résoudre toutes sortes de problèmes, agissant à des échelles multiples et de manière coordonnée.

On ne peut que se réjouir de la publication de ces travaux, qui permettent de commencer à re-symétriser une recherche qui avait tendance à n’éclairer le phénomène du développement urbain durable que depuis l’angle de sa gouvernance et de son déploiement technique et à ne considérer les habitants que comme des freins à ce développement. Mais si l’ensemble de ces travaux mettent en valeur ceux qui sont au centre de ces transformations de la ville, les habitants des écoquartiers et autres quartiers durables, avec toutes les compétences dont ils sont dotés, de nombreuses questions restent ouvertes : quel sens les habitants donnent-ils aux nombreux dysfonctionnements techniques rencontrés dans ces nouveaux écoquartiers ? Et de là, quelles continuités ou discontinuités peut-on repérer entre aménageurs et techniciens d’un côté et habitants de l’autre ? Quelles échelles de l’habiter sont prises en compte dans ces enquêtes ? Quelles pratiques de la ville, autres que purement domestiques d’une part ou adaptatives d’autre part, sont mises en valeur ? Quelle place est donnée non plus seulement à l’inventivité des habitants mais à leur capacité analytique, à leur capacité à problématiser la ville durable ?

Cette séance aura pour objectif de faire le point sur les méthodes autant que sur les résultats de ces enquêtes récentes sur l’habiter durable. Nous nous demanderons donc autant comment mener l’enquête sur l’habitabilité que ce que ces enquêtes nous apprennent de neuf sur les capacités des habitants à problématiser et agir dans ce contexte de transition écologique des villes. Deux des exposés auront directement à charge de présenter des enquêtes menées auprès d’habitants de grands écoquartiers fraîchement livrés, notamment Lyon Confluence : Ludovic Morand (suivi d’une intervention de Sophie Nemoz) et le GRAC (suivi d’une intervention de Martin Denoun). Un dernier exposé, en début d’après-midi, ouvrira le champ de questionnement au moyen d’une enquête collective et multisituée sur des pratiques d’agriculture urbaines initiées par des habitants (Bénédikte Zitouni, Alexis Zimmer et Chloé Deligne). Sophie Nemoz et Martin Denoun mettront en perspective les trois présentations et animeront la discussion.

Les enregistrements audios de la séance sont directement accessibles depuis le programme ci-dessous :
C
liquez sur le passage du programme concerné, puis Download (le fichier peut alors être écouté ou téléchargé : clic droit Enregistrer)

Introduction de Jérôme Boissonade

Matinée (9h30 – 12h30) :

Ludovic Morand[3] : « Un habiter durable ? Apports et limites d’une approche non-évaluative de l’habiter »[4]

Questions de Sophie Nemoz[5] ; Questions de la salle ; Réponses de Ludovic Morand

Rémi Eliçabe, Amandine Guilbert[6] et Yannis Lemery[7] du GRAC (Lyon) : « Suivre la logique vivante de l’habiter. Une enquête aux côtés des habitants de Lyon Confluence » : Première partie ; Deuxième partie

Questions de Martin Denoun[8] ; Réponses du GRAC

Après-midi (14h – 16h30) :

Introduction de Rémi Eliçabe

Bénédikte Zitouni[9], Chloé Deligne[10] et Alexis Zimmer[11] du collectif « Ecologies de Bruxelles »[12] : « Terrains et intrigues. Passés, présents et futurs des jardiniers en ville » : Première partie ; Deuxième partie

Débat avec la salle : Première partie ; Deuxième partie

Discutants : Sophie Nemoz et Martin Denoun[13]

.

[1] Sociologue, chargé de recherche au Groupe Recherche Action (GRAC)

[2] Architecte, Maitre de Conférences en sociologie (ULCO – UMR LAVUE)

[3] Sociologue, Centre Norbert Elias, EHESS Marseille.

[4] Ludovic Morand n’a pas souhaité rendre l’enregistrement de sa communication disponible en ligne.

[5] Maître de Conférences à l’Université de Bourgogne/Franche-Comté Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LaSA).

[6] Chargée de recherche au Groupe Recherche Action (GRAC)

[7] Chargé de recherche au Groupe Recherche Action (GRAC)

[8] Sociologue, professeur à l’Université Saint-Louis Bruxelles

[9] Historienne, chercheur qualifiée au FNRS, Université Libre de Bruxelles

[10] Historien, post-doctorant, à l’Institut des Humanités de Paris, Université Paris-Diderot)

[11] Collectif aussi composé de Livia Cahn (USLB CES), Noémie Pons-Rotbardt (ULB LIEU) et de Nicolas Prignot (ULB, LIEU

[12] Doctorant au Groupe de Sociologie Pragmatique et Réflexive (GSPR) EHESS

 

 .

Deuxième journée de l’atelier

Cycle « Pratiques sociales et politiques de transition »

Deuxième journée de l’atelier « Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés »

Mardi 4 avril 2017

9h30-16h30

MARSEILLE

Laboratoire Population Environnement Développement (LPED)
(Espace Fernand Pouillon)
Aix-Marseille Université, centre Saint Charles, case 10

3, place Victor Hugo – Marseille
Entrée libre (inscription avant le 24 mars auprès de francois.valegeas@univ-amu.fr)
Programme PDF

Coordonnateurs de la séance et discutants : François Valegeas[1] et Hélène Reigner[2]

La rhétorique de la « transition » propose un devenir commun, désirable, mais finalement peu défini. Au nom de ce devenir, la transition est présentée comme nécessaire et légitime, bien que s’appuyant souvent sur des présupposés et outils normatifs peu débattus. Pourtant, ces démarches transforment les responsabilités, renvoyant souvent la charge morale de la transition aux individus. Ce faisant, le cadrage des enjeux de la transition, réduit à une affaire de bons comportements individuels, peut être source de mécanismes inquiétants. De même, des outils opérationnels et juridiques, tels que les « trames vertes et bleues » ou les « mobilités douces » (lois Grenelle) sont supposés engager les politiques publiques dans des formes de transition écologique, mais se trouvent en tension avec des logiques contradictoires, et se réduisent souvent à des effets vitrines limités à certains espaces. L’hypothèse est ainsi faite que les démarches et les politiques en faveur de la transition tendent à exacerber les inégalités sociales et spatiales.
Les injonctions à la « transition » s’accompagnent de discours normatifs visant l’incitation, l’acceptation, l’adoption de « bonnes pratiques », qui seront dévoilées dans les diverses présentations. Les démarches et politiques de transition peuvent ainsi être considérées comme des sacrifices, auxquels tous les groupes sociaux ne font pas face de la même manière (groupes sociaux vulnérables, petites entreprises, territoires défavorisés, etc.). Les dispositions, capacités d’appropriation ou de détournement des dispositifs de la transition ne sont en effet pas également distribués, aussi bien selon les groupes sociaux que selon les territoires concernés.
Cette séance s’intéressera donc aux liens entre les démarches et politiques de « transition » et la question des inégalités, mis à l’épreuve par les pratiques de l’habiter. Les interventions permettront d’aborder différentes modalités de transition telles qu’elles sont revendiquées et mises en œuvre, de questionner leur prise en compte des inégalités (sociales et spatiales) ou encore d’analyser les formes d’inégalités et d’injustices (par exemple environnementales) créées par ces démarches.
Cette séance s’appuiera principalement sur des exemples pris dans le quart sud-est de la France, en montrant les spécificités de ce contexte territorial et politique, notamment sur les caractéristiques des promoteurs de cette « transition » ou sur les modalités de sa mise en œuvre.

Les enregistrements audios de la séance sont directement accessibles depuis le programme ci-dessous :
Pour les télécharger :
cliquez sur le passage du programme concerné, puis Download

Introduction d’Hélène Reigner et François Valegeas

Matinée (9h30 – 13h) :

Après-midi (14h – 16h30) :

[1] Ingénieur de recherche au LPED (UMR151), Aix-Marseille Université, chercheur associé au Lab’Urba (EA 3482)
[2] Professeur à l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional, LIEU (EA 889), Aix- Marseille Université
[3] Professeur, LPED (UMR 151), Aix-Marseille Université
[4] Maître de conférences, LPED (UMR 151), Aix-Marseille Université
[5] Doctorant CIFRE, LPED (UMR 151) / Agence d’Urbanisme de l’Agglomération Marseillaise
[6] Maître de conférences, LPED (UMR 151), Aix-Marseille Université – IRD
[7] Maître de conférences, LPED (UMR 151), Aix-Marseille Université – IRD
[8] Maître assistante, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille
[9] Directrice de recherche, IRSTEA Bordeaux
[10] Maître de conférences à l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional, LIEU (EA 889), Aix-Marseille Université
[11] Chercheur CNRS, TELEMME (UMR 6570)
[12] Professeur, ADEF (EA 4671), Aix-Marseille Université
[13] Professeur, LIRDEF (EA 3749), Université de Montpellier

.

Première journée de l’atelier

Mardi 21 février 2017

Institut des Sciences de la Communication du CNRS (ISCC)
20 rue Berbier-du-Mets 75013 Paris

Métro Les gobelins (ligne 7)
Entrée libre (sans inscription)
Programme PDF

Accès à la page et aux enregistrements de la séance

Coordinateurs de la séance : Elisabeth Peyroux1 et Antoine Lagneau2

La rhétorique de la « transition » circule au sein de différents milieux (militants, institutionnels, professionnels, politiques, scientifiques). Sous ses abords consensuels, elle recouvre des acceptations et des usages très différents. La première séance de cet atelier se propose d’analyser les discours qui entourent le mouvement des « villes en transition » et les pratiques qui y sont associées en les confrontant aux expériences des acteurs et des populations. Elle s’attachera à la généalogie de cette notion, sa naissance, son déploiement, ses usages et ses appropriations dans différents contextes géographiques. Elle s’interrogera  sur les différentes grilles de lecture de ce mouvement et les enjeux auxquels il est confronté.

Les enregistrements audios de la séance sont directement accessibles depuis le programme ci-dessous :
Pour les télécharger :
cliquez sur le passage du programme concerné, puis Download

Introduction d’Élisabeth Peyroux

Matinée (10h – 12h30) :

  • Luc Semal3 : « Pic pétrolier et résilience: la part catastrophiste des Transition towns »3

Échange de clarification avec la salle

Discutante : Anahita Grisoni[5] : Questions aux intervenants

Débat avec la salle

Après-midi (13h30 – 17h) :

Discutante : Clara Breteau[7] : Lecture croisée

Débat avec la salle

.

1 CNRS, UMR Prodig
2 Natureparif
3 Maître de conférences en Science politique au Muséum national d’Histoire naturelle, Centre d’écologie et des sciences de la conservation, CESCO. Luc Semal n’a pas souhaité rendre l’enregistrement de sa communication disponible en ligne.
4 Sociologue et eco designer, activiste écologiste
5 Chercheuse post-doctorante, UMR Environnement ville et société –EVS, Réseau « Saisir l’Europe –Europa als Herausforderung »
6 Docteure en Architecture, Laboratoire Métiers de l’Histoire de l’Architecture, édifices-villes-territoires, ENSA Grenoble / Université Grenoble Alpes
7 Chercheuse-doctorante, Université de Leeds (R-U), LADYSS (Paris), CITERES (Tours)

.

Conférence organisée par
la Majeure Développement soutenable de Sciences Po. Lille
en partenariat avec le réseau ACDD

flyer-fabriques-dalternatives-urbaines

Accès à la page de la séance avec enregistrement des interventions et débats

.

.

Accéder aux séances de l’atelier 2012-2016
« Développement durable et acceptabilité sociale »

.

Les numéros de la revue Vertigo liés à l’atelier
« Développement durable et acceptabilité sociale »

Article de présentation du dossier (lien)

Couv Vertigo_acceptabilite_sociale_Vol15no3Couv Vertigo_acceptabilite_sociale_Vol16no1

.

.

L’ouvrage du réseau ACDD

La ville durable controversée

Couverture_La_ville_durable_controversee_(Boissonade)2

Les auteurs : Jérôme Boissonade (dir.), Pierre-Arnaud Barthel, Caroline Barthelemy, Christophe Beaurain, Christophe Beslay,  Valérie Clerc, Ludivine Damay, Miguel Donate Sastre, Rémi Eliçabe, Guillaume Faburel, Philippe Genestier, Romain Gournet, Amandine Guilbert, Anne-Sophie Haeringer, Caroline Lejeune, Marie-Hélène Lizée, Raul Marquez Porras, Laetitia Overney, Eric Pautard, Pascal Philifert, Hélène Reigner, Camille Roche, Pablo Romero Naguera, Delphine Varlet, Bruno Villalba, Marie-Christine Zelem.

Les projets urbains qui invoquent la « ville durable » sont-ils à la hauteur des enjeux contemporains? La promesse d’éco-quartiers montrant la voie d’une « transition écologique » répond-elle aux préoccupations économiques, sociales et environnementales portées notamment par de multiples acteurs de la société civile? Les « éco-techniques », proposées pour donner un vernis écologique aux bâtiments, peuvent-elles inverser les conséquences négatives du régime de développement dominant? Le greenwashing des projets urbains est-il une dérive de la « ville durable » ou une conséquence logique? Dans les discours, il s’agit encore et toujours de changer les comportements par une pédagogie des « petits gestes » auxquels chacun doit prêter attention, jusque dans sa salle de bains. Un tel gouvernement des conduites peut-il susciter l’adhésion des « simples citoyens »? Les dispositifs de débat public qui accompagnent les projets d’aménagement sont-ils à la mesure des enjeux démocratiques posés par ces projets?
Cet ouvrage collectif interroge les usages de la matrice du développement durable dans les espaces urbains. Il rassemble les travaux de recherches qui, dans leur diversité, ont en commun de prendre au sérieux les critiques formulées par les acteurs eux-mêmes, saisis dans ce qui les lie à leurs milieux et leurs formes de vie. Ces critiques de la « ville durable », énoncée publiquement comme un « bien en soi », sont soumises à de multiples épreuves. Quelles prises faut-il construire pour donner une portée à ces mouvements critiques qui naissent au cœur des expériences et des pratiques urbaines les plus ordinaires?
Le livre ouvre une discussion théorique et pragmatique sur la place de la critique dans le développement durable. Il explore la fabrique des prises de la critique, en s’appuyant sur des enquêtes dont les terrains sont français et internationaux, tendus entre géo-politiques urbaines et politiques locales. Inspiré par l’anthropologie et la sociologie de la perception, l’ouvrage réinsère la question politique dans les agencements pratiques que vivent les personnes et les groupes, traçant les contours de résistances ordinaires, ou parfois très singulières, qui échappent aux instruments d’une gouvernementalité verticale par la ville durable.

Sommaire et détails techniques
Introduction