Activités du réseau

Une sélection des meilleures séances
et des meilleures interventions
de l’atelier « Habiter la transition »

(enregistrement ou streaming)

Propositions de lecture
(accessibles en ligne)

Nous avons demandé aux chercheur.e.s qui ont co-organisé des séances d’atelier depuis la création du réseau ACDD, de nous proposer :
– un ouvrage, un texte ou un article paru depuis la création du réseau en 2013, qui leur paraissait essentiel ;
– un texte ou article paru dans l’année qui leur paraissait le plus intéressant à proposer aux personnes concernées par le réseau ;
– un coup de cœur (roman, musique, image, film, etc.) qui leur paraissait avoir du sens en ce moment ;
– L’ouvrage, un texte ou un article paru depuis la création du réseau.
Une seule contrainte : que leurs propositions soient accessibles en ligne. Ils nous ont proposé :

[1] Philosophe, Professeur honoraire de Première Supérieure et chercheur rattaché au laboratoire Sophiapol de l’université Paris Nanterre
[2] Directeur des programmes de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), Président du comité scientifique et technique du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM).
[3] Doctorant au Groupe de Sociologie Pragmatique et Réflexive (GSPR) EHESS

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Atelier
« Habiter la transition »

Séances

Jeudi 28 mai 2020 (reportée)

Cycle « Pratiques sociales et politiques de transition »

Dix-septième journée de l’atelier

“Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés”

Atelier thématique commun aux réseaux ACDD et ReHaL
En partenariat avec le Master “Habitat et ville durable – Pour une approche critique de la fabrique urbaine”

Encore le coronavirus !
La séance du jeudi 28 mai est donc reportée

Programme

Coordinateurs de la séance : Sophie Némoz[1] et François Valegeas[2]

Les rapports qu’entretiennent les problèmes sociaux et environnementaux suscitent « une diversité des formes d’engagement et des mouvements socio-écologistes »[3]. Si leur questionnement a été repris de façon plus récente et explicite vis-à-vis de la notion de « transition »[4], l’hétérogénéité des ancrages de ces dynamiques invite à renouveler les approches de leurs territorialisations sociales et spatiales. L’attention sera portée dans cette séance, sur une série de distensions dans les rapports à la « transition », entre les dimensions populaires et les échelles situées des quartiers. En commençant par celles des milieux qui éprouvent ces qualifications et leur polysémie, leur mise en discussion vise précisément à scruter plutôt qu’à préjuger des manières de dire, de faire ou de se départir des idées de transitions écologiques.
L’un des constats qui instille cette séance est qu’elles prêtent à des interprétations segmentées, voire antinomiques dans les politiques publiques, notamment entre des mesures urbaines qui s’adressent aux quartiers populaires et celles en charge de l’écologie dont les injonctions descendantes ne vont pas sans présomptions de désintérêt ou d’inaction environnementale. Ainsi, les transitions en questions réactualisent des débats déjà anciens comme elles rendent pressantes d’étayer d’autres croisements possibles.
Le premier que cette journée mettra en dialogue examine les tensions entre inégalités et injustices socio-environnementales. « Les inégalités écologiques et la polarisation de leur répartition devraient avoir pour conséquences que les groupes sociaux ou les nations les plus défavorisés aient particulièrement à cœur de résoudre les problèmes environnementaux et s’engagent activement dans cette voix »[5]. Si la superposition des dominations entre les êtres humains aux relations asymétriques avec la nature est l’objet d’approches critiques, certaines ont pu être ainsi théorisées autour de la formulation d’une « écologie sociale »[6] dès les années 1960 aux Etats-Unis, ou suscité localement des soulèvements contestataires au cours des années 1980[7]. Ce mouvement de protestations au nom de la « justice environnementale » connaît aujourd’hui des effets de capillarités internationales. Sa diversité culturelle sera ici approfondie moins en termes de « réception » qu’à partir d’analyses circonstanciées, à même de réinterroger « la culture du pauvre »[8] en cherchant à comprendre dans quelles mesures « le style de vie des classes populaires » et les inégalités associées deviennent sentiments d’injustice à l’égard de l’environnement.
Le deuxième questionnement abordera la pluralité des rapports à la « transition ». Ainsi, d’autres interrelations ne nous semblent pas à négliger mais appellent aussi que l’on s’intéresse aux processus de transition écologique dans une perspective non restrictive à la divulgation des dominations et aux conflits « écologico-distributifs »[9]. Tandis que ces derniers ont été attribués à l’existence d’un « environnementalisme populaire »[10], il est principalement défini comme une lutte pour l’accès à des « biens » biophysiques ou contre leurs dégradations nocives. Il y a là l’affirmation d’un courant spécifique de l’écologie dont l’examen s’est encore peu attaché aux expériences de transition. Comment les habitant.e.s des quartiers populaires les éprouvent-elles ? Quels rapports pratiques et sensibles à la « transition » ? Est-ce que les habitant.e.s s’emparent de cette question ? De quelle manière(s) se l’approprient-ils ou s’en détournent ? Ces questions sur les singularités des rapports socio-environnementaux méritent d’être enrichies en précisant les observations et en clarifiant les débats qu’elles aiguisent, voire en empruntant de nouvelles voies pour les aborder autrement.
Enfin, les contributions à cette journée s’intéresseront plus précisément aux modalités collectives dans leur diversité. Celles-ci seront restituées sous les différents registres qu’elles emploient entre mouvement et inertie face aux transitions. Le spectre est résolument exploratoire plutôt que borné par les mobilisations organisées ou les résistances plus ordinaires. Quels projets, quelles alternatives ou expérimentations rassemblent ? Qui les porte ? Avec quelle(s) cause(s) ? Selon quel(s) clivage(s) ? En quoi la question des transitions est-elle ressaisie, délaissée, affrontée ou confisquée ? Repenser ainsi les cadrages politiques, sociaux et scientifiques des quartiers populaires c’est ne pas en rester aux constats d’une déconnexion historique entre mobilisations écologiques et ouvrières[11] comme d’une disjonction avec les villes ou les quartiers dits « en transition ». Si ces rapports peuvent être discutés, ils ne seront pas tenus pour seuls ressorts.

Programme de la journée

Introduction de Sophie Némoz et de François Valegeas

Matinée (10h – 12h30) :

  • Catherine Larrère[12]: « Titre de la première intervention »
  • Flaminia Paddeu[13], Ségolène Darly[14] et Kaduna-Eve Demailly[15] : « Titre de la deuxième intervention »

Échanges croisés

Après-midi (14h00 – 17h) :

  • Khedidja Mamou[16] : « Titre de la troisième intervention »
  • Léa Billen[17] : « Titre de la quatrième intervention »

Discussion et mots de conclusion

[1] Maîtresse de conférences à l’Université Bourgogne Franche-Comté et membre du Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LaSA EA 3189), Maison des sciences de l’Homme et de l’Environnement (MSHE Ledoux USR 3184).
[2] Maître de conférences à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 et membre du laboratoire Acteurs, Réseaux et Territoires dans le Développement (ART-Dev UMR 5281)
[3] Grisoni A. et Némoz S., (2017), « Les mouvements socio-écologistes, un objet pour la sociologie », Socio-logos, n°12.
[4] Voir notamment les contributions de la journée « Pratiques de transition et rapports au politique » de l’Atelier AC/DD, Paris, 23 mars 2020.
[5] Larrère C., 2009, « La justice environnementale », Multitudes, 2009/1, n°36, p.156
[6] Bookchin M., 1964, « Ecology and Revolutionary Thought », Bookchin’s newsletter Comment. Bookchin M.,1990, The Philosophy of Social Ecology : Essays on Dialectical Naturalism, Montréal, Black Rose Books.
[7] Keucheyan R., 2014, La nature est un champ de bataille. Essai d’écologie politique, Paris, La Découverte, p. 176
[8] Hoggart R., 1970, La culture du pauvre. Etude sur le style de vie des classes populaires en Angleterre, Paris, Editions de Minuit.
[9] Martinez Alier J., 2014 [2002], L’écologisme des pauvres. Une étude des conflits environnementaux dans le monde, Les Petits matins/ Institut Veblen.
[10] Ibid.
[11] Touraine A., Wieviorka M., Dubet F., 1984, Le mouvement ouvrier, Paris, Fayard, p. 298.
[12] Professeur émérite en philosophie morale et politique à l’Université de Paris 1 – Panthéon Sorbonne.
[13] Maîtresse de conférences en géographie à l’Université Paris 13 et membre du laboratoire PLEIADE.
[14] Maîtresse de conférences en géographie à l’Université Paris 8 et membre du LADYSS.
[15] Maîtresse de conférences en géographie à l’Université Paris 8 et membre du LADYSS.
[16] Architecte et sociologue, Maîtresse de conférences à l’ENSA Montpellier et membre du CRH-LAVUE (UMR 7218) et du LIFAM. Cofondatrice et membre active de l’association APPUII (Alternatives pour des projets urbains ici et à l’international).
[17] Doctorante en géographie, urbanisme et aménagement à l’Université Paris Nanterre et membre du LAVUE.

Mardi 28 avril 2020 (reportée)
Cycle « Pratiques sociales et politiques de transition »

Seizième journée de l’atelier
“Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés”

Atelier thématique commun aux réseaux ACDD et ReHaL
En partenariat avec le Master “Habitat et ville durable – Pour une approche critique de la fabrique urbaine”

Toujours le coronavirus !
La séance du mardi 28 avril est donc reportée

Coordinateurs de la séance : Fabrice Flipo[1] et Dominique Theile[2]

L’effet rebond interpelle depuis longtemps les limites des politiques incitatives et de transition comme réponse au changement climatique et à la gestion des ressources. En effet, réduire l’empreinte environnementale par des pratiques plus efficientes fait débat, notamment en ce qui concerne les ressources énergétiques (efficacité énergétique). Certains soutiennent que les effets rebond sont minimaux, à savoir que les économies réalisées par des techniques plus efficientes génèrent peu d’augmentation de la demande[3]. D’autres soutiennent le contraire. Parmi ces derniers, l’idée fait son chemin qu’en contexte de croissance l’efficacité génère de la croissance et que le seul moyen d’éviter les effets rebond est de coupler efficacité et décroissance, à savoir définir des limites[4]. En d’autres termes, les effets rebond seraient essentiellement causés par la contradiction existant entre les politiques qui visent à réduire l’empreinte écologique par unité de produit et celles qui incitent à en consommer davantage[5]. Mais cette contradiction est-elle spécifique du capitalisme, ou plus largement imputable aux économies de croissance ? Y a-t-il des économies de croissance non-capitalistes ? Des économies de décroissance capitalistes ? Des économies de décroissance non-capitalistes ? Les recherches sur la décroissance se sont intensifiées ces dernières années[6], mais elles ne débouchent pas sur un modèle aussi clair et formalisé que les modèles de croissance. Sur cette question, les problèmes liés à la transition “écologique” ne sont pas seulement en effet, causés par la difficulté de passer des paroles aux actes, mais l’enjeu consiste à passer à l’acte sans que cela s’accompagne d’effets rebond. Est-ce fondé ? Quelles difficultés cette perspective pose-t-elle ?
Par ailleurs l’effet rebond pose un problème spécifique de conceptualisation. Bien défini en sciences économiques, de gestion ou sciences de l’ingénieur, son existence est peu étayée en histoire, en sociologie ou en philosophie. Tout se passe comme si “l’effet rebond” était en large partie dépendant du cadre conceptuel utilisé pour le saisir. Ce cadre ne conduit-il pas à reporter la responsabilité sur l’acteur ensuite jugé coupable de provoquer l’effet rebond ? Cela n’occulte-t-il pas toute une partie du jeu, comme le comportement de certains acteurs ou le cadrage institutionnel, contraignant leur action ? Que penser, par exemple, du GeSI affirmant que “le numérique peut améliorer l’efficacité et cela conduira à des réductions d’émissions [jusqu’à 20 % des émissions mondiales]. Cependant, prévenir l’effet rebond exige un cadre contraignant (tel que des quotas d’émissions liés à un prix global du carbone) encourageant la transition à une économie bas carbone. Sans de telles contraintes, il n’y a pas de garantie que les gains en efficacité ne mèneront pas à un accroissement des émissions[7] ? L’irréalisme de la solution proposée par le GeSI est patent, dès lors à quoi bon mettre en avant des réductions faramineuses ? Comment interpréter le rôle de ces affirmations dans le débat, ainsi que les limites des études sur l’effet rebond ? Doit-on changer de cadre ? Le concept doit-il être combattu ?

Programme de la journée

  • Louis-Gaëtan Giraudet[8]
  • Fabrice Flipo
  • François Briens[9]
  • Gaëtan Brisepierre[10]
  • Jean-Bernard Fressoz[11]

[1] Professeur de philosophie politique et sociale, Institut Mines-Télécom BS, rattaché au Laboratoire de Changement Social et Politique de l’Université Paris 7 Diderot.
[2] Chercheur conseil en sciences humaines et sociales.
[3] Gillingham, K., Kotchen, M. J., Rapson, D. S., & Wagner, G. (2013). Energy policy: The rebound effect is overplayed. Nature, 493(7433), p.475.
[4] Schneider, F. (2009). Sur l’importance de la décroissance des capacités de production et de consommation dans le Nord Global pour éviter l’Effet-rebond. La décroissance économique (Pour la soutenabilité écologique et l’équité sociale), p.197-214.
[5] Flipo, F., & Gossart, C. (2009). Infrastructure numérique et environnement. L’impossible domestication de l’effet-rebond. Terminal. Technologie de l’information, culture & société, (103-104).
[6] Giacomo D’Alisa, Federico Demaria et Giorgos Kallis, Décroissance. Vocabulaire pour une nouvelle ère, Le passager clandestin, 2015.
[7] Global e-Sustainability Initiative, Smart 2020, 2008..
[8] Chercheur à l’Ecole des Ponts ParisTech et au Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired).
[9] Chercheur à l’International Energy Agency.
[10] Sociologue indépendant, expert en transition énergétique et écologique du bâtiment.
[11]
Historien des sciences, chargé de recherches CNRS.

Séances précédentes

Programme 2018-19 de l’atelier

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(avec accès aux enregistrements audio)

Conférences organisée par
la Majeure Développement soutenable de Sciences Po. Lille
en partenariat avec le réseau ACDD

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Atelier 2012-2016
« Développement durable et acceptabilité sociale »

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Séances précédentes
Innovation et développement durable : entre injonctions et pratiques
Recherche et “Acceptabilité sociale” de la durabilité
Innovations et comportements
Concepteurs de durabilité : des quartiers pour éco-habitants idéaux ?

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Les numéros de la revue Vertigo liés à l’atelier
« Développement durable et acceptabilité sociale »

Article de présentation du dossier (lien)

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L’ouvrage du réseau ACDD

La ville durable controversée

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Les auteurs : Jérôme Boissonade (dir.), Pierre-Arnaud Barthel, Caroline Barthelemy, Christophe Beaurain, Christophe Beslay,  Valérie Clerc, Ludivine Damay, Miguel Donate Sastre, Rémi Eliçabe, Guillaume Faburel, Philippe Genestier, Romain Gournet, Amandine Guilbert, Anne-Sophie Haeringer, Caroline Lejeune, Marie-Hélène Lizée, Raul Marquez Porras, Laetitia Overney, Eric Pautard, Pascal Philifert, Hélène Reigner, Camille Roche, Pablo Romero Naguera, Delphine Varlet, Bruno Villalba, Marie-Christine Zelem.

Les projets urbains qui invoquent la « ville durable » sont-ils à la hauteur des enjeux contemporains? La promesse d’éco-quartiers montrant la voie d’une « transition écologique » répond-elle aux préoccupations économiques, sociales et environnementales portées notamment par de multiples acteurs de la société civile? Les « éco-techniques », proposées pour donner un vernis écologique aux bâtiments, peuvent-elles inverser les conséquences négatives du régime de développement dominant? Le greenwashing des projets urbains est-il une dérive de la « ville durable » ou une conséquence logique? Dans les discours, il s’agit encore et toujours de changer les comportements par une pédagogie des « petits gestes » auxquels chacun doit prêter attention, jusque dans sa salle de bains. Un tel gouvernement des conduites peut-il susciter l’adhésion des « simples citoyens »? Les dispositifs de débat public qui accompagnent les projets d’aménagement sont-ils à la mesure des enjeux démocratiques posés par ces projets?
Cet ouvrage collectif interroge les usages de la matrice du développement durable dans les espaces urbains. Il rassemble les travaux de recherches qui, dans leur diversité, ont en commun de prendre au sérieux les critiques formulées par les acteurs eux-mêmes, saisis dans ce qui les lie à leurs milieux et leurs formes de vie. Ces critiques de la « ville durable », énoncée publiquement comme un « bien en soi », sont soumises à de multiples épreuves. Quelles prises faut-il construire pour donner une portée à ces mouvements critiques qui naissent au cœur des expériences et des pratiques urbaines les plus ordinaires?
Le livre ouvre une discussion théorique et pragmatique sur la place de la critique dans le développement durable. Il explore la fabrique des prises de la critique, en s’appuyant sur des enquêtes dont les terrains sont français et internationaux, tendus entre géo-politiques urbaines et politiques locales. Inspiré par l’anthropologie et la sociologie de la perception, l’ouvrage réinsère la question politique dans les agencements pratiques que vivent les personnes et les groupes, traçant les contours de résistances ordinaires, ou parfois très singulières, qui échappent aux instruments d’une gouvernementalité verticale par la ville durable.

Sommaire et détails techniques
Introduction