Archives de catégorie : Réseau ACDD

Nous demandons aussi la démission de la Ministre F. Vidal

Publiée le 20 février 2021 sur Le Monde et ayant recueilli à ce jour plus de 23.000 signatures, cette pétition est ouverte aux étudiantes et étudiants, aux personnels de l’Université et de la recherche, demandant la démission de la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique Vidal .
Vous pouvez la signer ICI (merci d’indiquer votre discipline et votre établissement en commentaire).

« Le mardi 16 février, à l’Assemblée nationale, la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Frédérique Vidal confirmait ce qu’elle avait annoncé deux jours plus tôt sur la chaîne Cnews : le lancement d’une « enquête » sur l’ « islamogauchisme » et le postcolonialisme à l’université, enquête qu’elle déclarait vouloir confier au CNRS à travers l’Alliance Athéna. Les raisons invoquées : protéger « des » universitaires se disant « empêchés par d’autres de mener leurs recherches », séparer « ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève du militantisme et de l’opinion » ainsi que … « l’apparition au Capitole d’un drapeau confédéré ».
Si le propos manque de cohérence, l’intention est dévastatrice : il s’agit de diffamer une profession et, au-delà, toute une communauté, à laquelle, en tant qu’universitaire, Frédérique Vidal appartient pourtant et qu’il lui appartient, en tant que ministre, de protéger. L’attaque ne se limite d’ailleurs pas à disqualifier puisqu’elle fait planer la menace d’une répression intellectuelle, et, comme dans la Hongrie d’Orban, le Brésil de Bolsonaro ou la Pologne de Duda, les études postcoloniales et décoloniales, les travaux portant sur les discriminations raciales, les études de genre et l’intersectionnalité sont précisément ciblés.
Chercheur·es au CNRS, enseignant·es chercheur·es titulaires ou précaires, personnels d’appui et de soutien à la recherche (ITA, BIATSS), docteur·es et doctorant·es des universités, nous ne pouvons que déplorer l’indigence de Frédérique Vidal, ânonnant le répertoire de l’extrême droite sur un « islamo-gauchisme » imaginaire, déjà invoqué en octobre 2020 par le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Mais, plus encore, nous nous insurgeons contre l’indignité de ce qu’il faut bien qualifier de chasse aux sorcières. La violence du projet redouble la lâcheté d’une ministre restée silencieuse sur la détresse des étudiant·es pendant la pandémie comme elle avait été sourde à nos interpellations sur une LPR massivement rejetée par tout·es celles et ceux qui font la recherche, y contribuent à un titre ou un autre.
La crise économique et sociale la plus grave depuis 1945 assombrit l’avenir des jeunes adultes, l’anxiété face à la pandémie fissure la solidarité entre les générations, la pauvreté étudiante éclate aux yeux de tous·tes comme une question sociale majeure, les universités – lieux de vie et de savoirs – sont fermées. Mais pour Frédérique Vidal, le problème urgent de l’enseignement supérieur et de la recherche, celui qui nécessite de diligenter une « enquête » et d’inquiéter les chercheur·es, c’est la « gangrène » de l’ « islamo-gauchisme » et du postcolonialisme.
Amalgamant un slogan politique douteux et un champ de recherche internationalement reconnu, elle regrette l’impossibilité de « débats contradictoires ». Pourtant, et nous espérons que la ministre le sait, nos universités et nos laboratoires déploient de multiples instances collectives de production et de validation de la connaissance : c’est bien dans l’espace international du débat entre pair·es que la science s’élabore, dans les revues scientifiques, dans les colloques et les séminaires ouverts à tous·tes. Et ce sont les échos de ces débats publics qui résonnent dans nos amphithéâtres, comme dans les laboratoires.
Contrairement à ce qu’affirme Frédérique Vidal, les universitaires, les chercheur·es et les personnels d’appui et de soutien à la recherche n’empêchent pas leurs pair.es de faire leurs recherches. Ce qui entrave notre travail, c’est l’insincérité de la LPR, c’est le sous-financement chronique de nos universités, le manque de recrutements pérennes, la pauvreté endémique de nos laboratoires, le mépris des gouvernements successifs pour nos activités d’enseignement, de recherche et d’appui et de soutien à la recherche, leur déconsidération pour des étudiant·es ; c’est l’irresponsabilité de notre ministre. Les conséquences de cet abandon devraient lui faire honte : signe parmi d’autres, mais particulièrement blessant, en janvier dernier, l’Institut Pasteur a dû abandonner son principal projet de vaccin.
Notre ministre se saisit du thème complotiste « islamo-gauchisme » et nous désigne coupables de pourrir l’université. Elle veut diligenter une enquête, menace de nous diviser et de nous punir, veut faire régner le soupçon et la peur, et bafouer nos libertés académiques. Nous estimons une telle ministre indigne de nous représenter et nous demandons, avec force, sa démission ».

Les premiers signataires sont indiqués sur la page dédiée du site Université ouverte.

Le monde change…

Il faut éviter que certaines personnes soient tentées de s’habituer à la situation actuelle, voire de se laisser séduire par ses apparences insidieuses : beaucoup moins de circulation sur les routes, un ciel déserté par le trafic aérien, moins de bruit et d’agitation, le retour à une vie simple et à un commerce local, la fin de la société de consommation…[1].

Une sélection des meilleures séances
et des meilleures interventions
de l’atelier « Habiter la transition »

(enregistrement ou streaming)

Une sélection des meilleures séances
et des meilleures interventions de l’atelier « Développement durable et ‘acceptabilité sociale' »
(enregistrement ou streaming) 

Propositions de lecture
accessibles en ligne
(téléchargement gratuit lorsque le titre est en rouge
[5])

Nous avons demandé aux chercheur.e.s qui ont co-organisé des séances d’atelier depuis la création du réseau ACDD, de nous proposer :
– un ouvrage, un texte ou un article paru depuis la création du réseau en 2013, qui leur paraissait essentiel ;
– un texte ou article paru dans l’année qui leur paraissait le plus intéressant à proposer aux personnes concernées par le réseau ;
– un coup de cœur (roman, musique, image, film, etc.) qui leur paraissait avoir du sens en ce moment ;
– L’ouvrage, un texte ou un article paru depuis la création du réseau.
Une seule contrainte : que leurs propositions soient accessibles en ligne. Ils nous ont proposé :

[1] Bieri Pierre-Gabriel, « Vers une stratégie de sortie de crise », Bulletin hebdomadaire du Centre patronal suisse, N° 3284 – 15 avril 2020.
[2] Philosophe, Professeur honoraire de Première Supérieure et chercheur rattaché au laboratoire Sophiapol de l’université Paris Nanterre
[3] Directeur des programmes de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), Président du comité scientifique et technique du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM).
[4] Doctorant au Groupe de Sociologie Pragmatique et Réflexive (GSPR) EHESS
[5]
En cette période de confinement, où les éditeurs proposent des conditions exceptionnelles d’accès à leurs fonds, il est utile de rappeler que les publications de ces éditeurs se trouvent toutes ou presque, via le site des BU, sur des plateformes accessibles à tout membre d’une communauté universitaire : enseignant-chercheur, étudiant, personnel. Toutes les bibliothèques universitaires ont souscrit un abonnement à un bouquet Cairn baptisé encyclopédies de poche,qui regroupe la collection Repères (La Découverte) et la collection Que sais-je (PUF). Cette ressource est assez bien identifiée par les étudiants. En ce moment, Cairn donne aussi accès à tous les ouvrages  dits « de recherche » : 223 en géographie, 1538 en sociologie, 1183 en sciences politiques etc… Seuls sont téléchargeables ceux qui ont été achetés par les bibliothèques, mais tous sont consultables en streaming. L’offre d’ebooks proposée par les bibliothèques reste malheureusement trop souvent ignorée. L’impossibilité d’accéder aux collections imprimées des BU est peut-être l’occasion de la (re)découvrir et de la faire découvrir :   l’HarmathèqueDawsonera, OpenEdition Books, dont tout le contenu est en accès libre, Numérique Premium, qui actuellement offre l’accès à tous les Atlas Autrement… N’oublions pas les revues (de géographie) en ligne, les revues en français (non exhaustif…) en particulier, accessibles sur les mêmes Cairn, OpenEdition, ou Persée.. Tout membre d’une communauté universitaire peut bénéficier de ces ressources, aujourd’hui enrichies de quelques offres exceptionnelles,  en saisissant simplement ses identifiants institutionnels.

Nous n’aurions jamais existé…

Le réseau Approches Critiques du Développement Durable n’aurait jamais existé et ne pourrait fonctionner sans être libre de toute tutelle financière ou institutionnelle. La réflexion critique est un véritable service public vital pour la démocratie.
La recherche publique est fondée notamment sur :
– la dimension collective des recherches et le principe de coopération au sein d’une communauté de chercheur.e.s entre acteurs de la recherche, entre laboratoires et entre institutions de l’Enseignement Supérieur et la Recherche ;
– la liberté des chercheur.e.s dans le choix des thèmes de recherche ;
– l’importance de la recherche fondamentale, en particulier en Sciences Humaines et Sociales.
Ce sont pour ces raisons que nous nous opposions au projet de réforme des retraites et actuellement à celui concernant la loi de programmation pluriannuelle de l’Enseignement Supérieur et la Recherche (LPPR, devenu LPR). Ces réformes s’inscrivent dans une longue lignée de destruction des acquis sociaux, de remise en cause des mécanismes de solidarité, et d’aggravation des inégalités. Ces deux réformes, générales et spécifiques, échelonnées dans le temps, ne doivent pas en effet, masquer leurs fondements communs : individualisation des parcours et des pensions, concentration des financements, régulation des flux, précarisation des statuts et des ressources, darwinisation des relations sociales, etc.
Revendiquant une approche critique, nous sommes attaché.e.s à l’autonomie de la recherche et de l’université, et aux missions du service public, qui sont remises en cause par ces réformes. Chercheur.e.s en sciences sociales, nous sommes également particulièrement inquiet.e.s face au recours récurrent à la répression administrative, policière et judiciaire et à l’état d’urgence actuel. Le confinement démocratique auquel nous sommes réduits, s’appuie sur une situation d’urgence sanitaire pour étouffer les contestations. Nous nous déclarons en lutte et exprimons notre solidarité avec l’ensemble des personnels mobilisés, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et d’ailleurs.

Nous inscrirons les prochains ateliers du réseau Approches Critiques du Développement Durable dans la mobilisation actuelle, en consacrant des discussions à la situation actuelle et aux perspectives de court et de plus long terme. Nous incitons les membres du réseau à s’impliquer dans la mobilisation par les moyens qui leur semblent les plus efficaces.

L’équipe d’animation du réseau Approches Critiques du Développement Durable

Présentation du réseau

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Activités du réseau

Prochaine séance de l’atelier
“Habiter la transition. Des pratiques existantes aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés”

Mardi 18 mai 2021

 

Atelier DÉVELOPPEMENT DURABLE & ACCEPTABILITÉ SOCIALE

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Ouvrages et numéros de revues liés au réseau

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Colloque Sociologie des approches critiques du développement et de la ville durables

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Conference on sociology of critical approaches of sustainable development and the sustainable city

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CV des membres du réseau ACDD

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Partenariats

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