La résilience en questions

Cycle « Pratiques sociales et politiques de transition »

Vingt-sixième journée de l’atelier
“Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés”

Atelier thématique commun aux réseaux ACDD et ReHaL

En partenariat avec l’Action RIFTS
« Habiter des environnements aux Risques de Fissures Territoriales et Sociales » (MSHE UAR 3124)
avec le soutien du CNRS à travers les programmes interdisciplinaires de la MITI et du CSTB
et
le soutien de la Fondation de l’Écologie Politique

Jeudi 29 septembre 2022
PARIS
9h30-16h30
PARIS
LE MALTAIS ROUGE
40 Rue de Malte
75011 Paris
Métro République

Entrée libre sur inscription
et retransmission en visioconférence

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Programme de la séance (PDF)

Coordinatrices de la séance :
Sophie Némoz[1] et Dorothée Marchand[2]

« Développement durable », « transition », « résilience »… Durant ces dix dernières années, les mots varient, mais les questionnements et leur portée idéelle et opérationnelle se poursuivent au sein du réseau AC/DD qui s’attache à réunir chercheurs et acteurs afin d’approfondir les approches critiques. Cette année, le cycle de conférences « Habiter la transition » consacre sa première journée à la notion de résilience et interroge ainsi plus précisément ce qui importe en pratiques dans les manières de la mobiliser face aux changements conjugués des climats et des sols. Tandis qu’elle s’applique à la gestion des catastrophes et des risques, dits notamment « naturels », il s’agit de prendre acte de sa récurrence et sa circulation croissantes depuis bien plus d’une décennie, que ce soient aux échelles internationales, nationales, ou locales, à travers différentes politiques ou manuels[3], mais pas seulement…

Les réappropriations sémantiques de la résilience ont été remarquées à partir des années 1970 et des premiers usages métaphoriques[4], non sans référence à l’étymologie latine resilire : « sauter en arrière, revenir en sautant, rebondir ». Portant à l’origine sur l’idée de résistance du métal aux chocs, pressions et déformations en physique, le terme de résilience traverse aujourd’hui les sciences dans des domaines très divers. Ce terme peut traduire les capacités de développement d’une personne ou d’un groupe dans des conditions déstabilisantes ou traumatisantes pour la santé au sens large[5] et, en particulier, dans la psychologie ou en éthologie cliniques[6]. A l’initiative de l’entomologie, la résilience écologique a été tout d’abord conçue comme la propriété d’un système vivant à maintenir ses structures et ses fonctions après une perturbation[7]. Si les définitions se sont par la suite déployées sur le plan conceptuel et disciplinaire aux systèmes socio-environnementaux, des ambiguïtés ont été pointées entre changement et continuité, retour à un état antérieur, persistance, absorption, atténuation, réparation, ou encore renouvellement, réorganisation, adaptation, apprentissage, injonction, etc.

La résilience n’est ainsi pas univoque et s’est enrichie de paradigmes pluriels quant aux risques et aux catastrophes climatiques. Plutôt qu’un état des lieux, connu par ailleurs ou un appel aux critiques, déjà nombreuses, notamment dans les écrits et les colloques scientifiques, cette journée s’intéresse aux enjeux pratiques soulevés par ces critiques.

La matinée introduira leur confrontation, en présentant les outils que les chercheurs et les acteurs mobilisent actuellement face aux changements environnementaux et territoriaux. Quelles prises peuvent être saisies sur les questions de résilience à l’heure où la rhétorique ne cesse de se démultiplier ?

L’après-midi ouvrira la discussion de cette problématique à un niveau de réalité plus spécifique, celui du retrait-gonflement des sols argileux. Moins visible en comparaison à d’autres risques liés aux climats changeants, peu traité par leur littérature interdisciplinaire de la résilience, il représente pourtant la deuxième cause de sinistres en France au niveau national du dispositif de catastrophes naturelles (Cat-Nat). L’aléa renvoie au caractère dynamique des argiles qui, dans les sols, se gorgent d’humidité en fin d’hiver, puis se rétractent sous l’effet d’une faible pluviométrie et d’une hausse de chaleur au cours du printemps jusqu’à l’été, voire l’automne. Au regard de la fréquence et de l’intensité du phénomène, ainsi que de l’impact sur des milliers de maisons et de communes, la table-ronde de l’après-midi sera dédiée à ce risque de sécheresse afin d’explorer à nouveaux frais les questions de résilience.

Matinée (9h30-12h) :

9h45 : Introduction de Sophie Némoz et Dorothée Marchand

  • Karine Weiss[8] : « Vivre les changements environnementaux : de l’anticipation à la résilience »
  • David Nicogossian[9] : « La boussole de la résilience des territoires : retour d’expériences, apports et limites »

Échanges croisés

Après-midi (14h – 16h30) :

Table-ronde acteurs-chercheurs autour des terrains construits et vulnérables aux assèchements et gonflements climatiques des sols argileux

  • Sophie Némoz : « La résidence pour repenser un angle d’incidence : retour d’enquête »
  • Sébastien Gourdier[10]: « Réduire l’exposition au retrait-gonflement des argiles pour la résilience des villes et des territoires »
  • Jean-Christophe Calvet[11] et Sophie Barthelemy[12]: « Observer, modéliser et prévoir en météorologie : exemple des sécheresses et de leurs impacts sur le bâti »
  • Serge Muller[13]: « Quels rôle et place pour les arbres dans les espaces urbanisés ? »
  • Oscar Navarro Carrascal[14]: « Apport de la psychologie environnementale autour de l’adaptation à d’autres risques climatiques »

      Discussion et mots de conclusion

[1] Maîtresse de conférences à l’Université Bourgogne Franche-Comté,  membre du Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LaSA – UBFC), responsable de l’Action scientifique RIFTS à la Maison des Sciences de l’Homme  et de l’Environnement (MSHE Ledoux USR 3184).
[2] Chercheure en Psychologie sociale et environnementale, Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB).
[3] Pour mentionner ici quelques exemples, voir entre autres son entrée en scène onusienne avec les résolutions de l’International Decade For Natural Disasters 1990-1999, ou plus récemment en France la loi Climat et résilience, adoptée le 20 juillet 2021, ou encore le Manuel de Transition. De la dépendance au pétrole à la résilience locale (Hopkins, 2010) avec lequel ce deuxième Atelier du réseau AC/DD avait débuté sa première séance.
[4] Klein R. J., Nicholls R. J., Thomalla F., 2003, « Resilience to Natural Hazards : How Useful is the Concept ? », Environmental Hazards, vol. 5, n°1-2, pp. 35-45.
[5] Manciaux M. (dir.), 2001, La résilience : résister et se construire, Genèves, Médecine & Hygiène, RMS, coll. Cahiers médico-sociaux.
[6] Cyrulnik B., Jorland G. (dir.), 2012, Résilience. Connaissances de base, Paris, Odile Jacob.
[7] Holling C. S., 1973, « Resilience and stability of ecological systems », Annual review of ecology and  systematics, 4, pp.1-23.
[8] Professeure de psychologie sociale et environnementale à l’Université de Nîmes, membre de l’UPR CHROME Risques chroniques émergents.
[9] Chef du groupe Appui Territoires Transitions au  Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement  (Cerema – DterCE/DTT/ATT).
[10] Responsable d’unité au Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM).
[11] Directeur de recherche au Centre National de Recherches Météorologiques (CNRM, Météo-France, CNRS).
[12] Ingénieure doctorante au CNRM/BRGM/CCR.
[13] Professeur émérite du Muséum National d’Histoire Naturelle, Institut de Systématique, Evolution, Biodiversité (ISYEB, UMR 7205, MNHN CNRS UPMC EPHE).
[14] Professeur à l’Université de Nîmes et président de l’association pour la recherche en psychologie environnementale (ARPEnv).