Pratiques de transition et autonomies

Vendredi 8 avril 2022

Cycle « Pratiques sociales et politiques de transition »

Vingt-quatrième journée de l’atelier
“Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés”

Atelier thématique commun aux réseaux ACDD et ReHaL
Avec le soutien de la
Fondation de l’Écologie Politique

Vendredi 8 avril 2022 (10h-17h)
PARIS

CAMPUS CONDORCET
Centre de colloques
Salle 100
Place du Front populaire
Aubervilliers
Métro Front populaire (ligne 12)

Entrée libre sans inscription
Retransmission en visioconférence

Programme de la séance (PDF)

Coordinatrice et coordinateur de la séance :
Laura Centemeri[1] et Jérôme Boissonade[2]

L’atelier “Habiter la transition” souhaite mettre à l’épreuve la notion de transition par les pratiques. Lors de cette séance, nous tenterons d’approfondir la question de l’autonomie, comme enjeu plus ou moins ouvertement affiché par nombre d’initiatives qui « préfigurent » en pratiques la transition écologique.
En écho aux écrits d’I. Illich, A. Gorz, C. Castoriadis ou S. Zizeck, plusieurs travaux abordent cette question aujourd’hui. On pense évidemment, à ceux de Luc Semal sur les villes en transition et la nécessité d’autonomie qu’elles impliquent pour faire preuve de résilience ; ou ceux réalisés avec Mathilde Szuba sur la décroissance, les Crag’s ou sur les dispositifs de rationnement qui ont tous à voir avec les questions d’autonomie. On peut se référer à ceux menés par Sylvaine Bulle, qui approfondit de manière rigoureuse la question de l’autonomie dans l’expérience des ZAD, en tant que grammaire du politique ; ou encore plus récemment, la recherche menée par Franck Poupeau en Bolivie sur les relations entre auto-organisation communautaire et autonomie des dominés, qui associe pratique assembléiste de la politique, forme de souveraineté sociale fondée sur le pouvoir des usagers et norme conflictuelle vis-à-vis de l’État et du marché. Pour sa part, Laura Centemeri, dans le cadre de ses recherches sur le mouvement de la permaculture en Italie, s’intéresse aux travaux pionniers de Johan Galtung sur la « self-reliance » ainsi qu’aux débats italiens sur le développement territorial et aux propositions « territorialistes », dans le cadre de la nouvelle « question » nationale, celle des aree interne.
Au cours de cette journée, l’objectif est celui d’explorer les multiples déclinaisons écologiques de la problématique de l’autonomie, du plan personnel, jusqu’à celui d’une communauté et d’un territoire. Nous souhaitons approfondir les relations entre l’autonomie et d’autres logiques de coordination et d’organisation, telles celles de l’(inter)dépendance, de la solidarité et de la responsabilité.
Après avoir développé une réflexion critique sur l’autonomie comme injonction d’activation dans les politiques sociales à partir d’une approche sociologique de l’« habiter » et du « prendre soin » attentive aux différentes « formats » de l’engagement dans l’action, Marc Breviglieri porte aujourd’hui son attention sur les spécificités de l’habiter des écosystèmes écologiquement fragiles, notamment les milieux oasiens. Il y explore les multiples arts de faire avec le vivant qui y ont été élaborés et qui sont aujourd’hui menacés par les programmes de développement axés sur la croissance et les circuits de l’économie de l’enrichissement auxquels s’intéresse plus particulièrement David Goeury dans le cadre d’un questionnement sur les biens communs et leur gestion durable. Elise Demeulenaere reviendra pour sa part, sur les débats et les fortes tensions traversant les mouvements pour la réappropriation paysanne de l’agrobiodiversité, notamment en raison de la reprise de ces questions par les institutions européennes. Elena Apostoli Cappello discutera l’idée d’autonomie dans deux contextes, celui des luttes indigènes zapatistes et celui des mouvements autonomes italiens qui s’en inspirent . Enfin, Geneviève Pruvost clôturera la journée en évoquant les “pratiques d’entre-subsistance écoféministe” qui portent un travail “critique en acte de la vie quotidienne”.
Ces regards montrent ainsi comment les pratiques peuvent mettre à l’épreuve la rhétorique de la transition écologique et soulignent aussi la difficile articulation entre expérimentations socio-écologiques pionnières et politiques publiques de transition environnementale. Plus largement, cette journée d’atelier pourrait confronter différentes approches (écologie politique, écoféministe, etc.), mais ce sera surtout l’occasion de discuter ce croisement problématique transition-autonomie par le biais des pratiques communalistes, écologiques, survivalistes, “ZADistes”,  etc. Ceci, dans leurs dimensions individuelles et collectives à travers les formes qui s’y développent, de mobilisation, de don, de rationnement, du “prendre soin”, de subsistance, etc.
Ce serait une manière de problématiser autrement les liens entre autonomie et hybridations et de revenir ainsi sur des terrains qui sont le plus souvent abordés sous le rapport autonomie vs domination.

Matinée (10h – 12h30) :

10h Introduction de Laura Centemeri

  • Marc Breviglieri[3] et David Goeury[4] : «  »
  • Élise Demeulenaere[5] : « »

Après-midi (14h00 – 17h) :

14h Introduction de Laura Centemeri

  • Elena Apostoli Cappello[6] : « »
  • Geneviève Pruvost[7] : « »

[1] Chargée de recherche au CNRS et membre du Centre d’étude des mouvements sociaux (CEMS)
[2] Maître de Conférences HDR à l’Université du Littoral (ULCO), codirecteur de l’UMR 7218 LAVUE et membre de l’équipe de recherche ALTER (Université Paris 8).
[3] Professeur à la Haute école de travail social (Genève)
[4] Professeur agrégé à l’INSPE de Paris ,Docteur en géographie et membre du laboratoire Médiations Sciences des liens, sciences de lieux (Unité de Recherche de Sorbonne Université).
[5] Chargée de recherche au CNRS et membre du Centre Alexandre-Koyré (UMR 8560 EHESS/CNRS/MNHN)
[6] Post-Doctorante à l’Université de Neuchâtel (Suisse) et membre du CERMA (EHESS)
[7] Chargée de Recherche CNRS HDR et membre du Centre d’étude des mouvements sociaux (CEMS)