Archives par mot-clé : Remi Elicabe

Ouvrages et numéros de revues liés au réseau ACDD

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Habitat durable : approches critiques

Article de présentation du numéro (lien)

Site de l’éditeur (avec achat en ligne)

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Deux numéros de la revue Vertigo liés à l’atelier « Développement durable et acceptabilité sociale »

Article de présentation du dossier (lien)

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 L’ouvrage du réseau ACDD

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La ville durable controversée. Les dynamiques urbaines dans le mouvement critique

Sous la direction de Jérôme Boissonade

Editions Petra (collection Pragmatismes) 2015

Les auteurs : Jérôme Boissonade (dir.), Pierre-Arnaud Barthel, Caroline Barthelemy, Christophe Beaurain, Christophe Beslay,  Valérie Clerc, Ludivine Damay, Miguel Donate Sastre, Rémi Eliçabe, Guillaume Faburel, Philippe Genestier, Romain Gournet, Amandine Guilbert, Anne-Sophie Haeringer, Caroline Lejeune, Marie-Hélène Lizée, Raul Marquez Porras, Laetitia Overney, Eric Pautard, Pascal Philifert, Hélène Reigner, Camille Roche, Pablo Romero Naguera, Delphine Varlet, Bruno Villalba, Marie-Christine Zelem.

Les projets urbains qui invoquent la « ville durable » sont-ils à la hauteur des enjeux contemporains? La promesse d’éco-quartiers montrant la voie d’une « transition écologique » répond-elle aux préoccupations économiques, sociales et environnementales portées notamment par de multiples acteurs de la société civile? Les « éco-techniques », proposées pour donner un vernis écologique aux bâtiments, peuvent-elles inverser les conséquences négatives du régime de développement dominant? Le greenwashing des projets urbains est-il une dérive de la « ville durable » ou une conséquence logique? Dans les discours, il s’agit encore et toujours de changer les comportements par une pédagogie des « petits gestes » auxquels chacun doit prêter attention, jusque dans sa salle de bains. Un tel gouvernement des conduites peut-il susciter l’adhésion des « simples citoyens »? Les dispositifs de débat public qui accompagnent les projets d’aménagement sont-ils à la mesure des enjeux démocratiques posés par ces projets?

Cet ouvrage collectif interroge les usages de la matrice du développement durable dans les espaces urbains. Il rassemble les travaux de recherches qui, dans leur diversité, ont en commun de prendre au sérieux les critiques formulées par les acteurs eux-mêmes, saisis dans ce qui les lie à leurs milieux et leurs formes de vie. Ces critiques de la « ville durable », énoncée publiquement comme un « bien en soi », sont soumises à de multiples épreuves. Quelles prises faut-il construire pour donner une portée à ces mouvements critiques qui naissent au cœur des expériences et des pratiques urbaines les plus ordinaires?

Le livre ouvre une discussion théorique et pragmatique sur la place de la critique dans le développement durable. Il explore la fabrique des prises de la critique, en s’appuyant sur des enquêtes dont les terrains sont français et internationaux, tendus entre géo-politiques urbaines et politiques locales. Inspiré par l’anthropologie et la sociologie de la perception, l’ouvrage réinsère la question politique dans les agencements pratiques que vivent les personnes et les groupes, traçant les contours de résistances ordinaires, ou parfois très singulières, qui échappent aux instruments d’une gouvernementalité verticale par la ville durable.

Sommaire

Introduction (téléchargeable en PDF)
Jérôme Boissonade

 Première partie
Les figures critiques du développement durable

Chapitre 1
Une approche pragmatiste dans la critique du développement durable
Jérôme Boissonade

Chapitre 2
L’habiter écologique : retour réflexif sur les éco-quartiers et les valeurs portées pour l’action
Guillaume Faburel et Camille Roché

Chapitre 3
La rhétorique pédagogique au service de l’acceptabilité sociale
Éric Pautard

Chapitre 4
Durabilisme et allergie à la critique
Philippe Genestier

Chapitre 5
Une gouvernementalisation néohygiéniste et néolibérale des conduites
Hélène Reigner

 Deuxième partie
Mondes urbains entre géopolitiques et politiques locales

Chapitre 6
La « ville durable » dans le monde arabe : quelle appropriation?
Pierre-Arnaud Barthel,Valérie Clerc et Pascale Philifert

Chapitre 7
Le cas du RER à Bruxelles : une grandeur verte furtive au sein des arènes publiques
Ludivine Damay

Chapitre 8
La justification durable comme extension du productivisme
Caroline Lejeune et Bruno Villalba

Chapitre 9
L’éco-centrisme systémique de l’écologie industrielle, instrument de mise à distance du social : plaidoyer pour une lecture pragmatiste de l’écologie industrielle
Christophe Beaurain et Delphine Varlet

Troisième partie
Vers une écologie des pratiques

Chapitre 10
Le « bâtiment économe » : utopie technicienne et « résistance » des usages
Christophe Beslay, Romain Gournet et Marie-Christine Zelem

Chapitre 11
Résonances critiques dans les jardins des quartiers Nord de Marseille
Carole Barthélémy et Marie-Hélène Lizée

Chapitre 12
Des milieux en résistance à la gouvernementalité écologique
Miguel Doñate Sastre, Rémi Eliçabe, Amandine Guilbert, Anne-Sophie Haeringer, Raúl Márquez Porras, Laetitia Overney et Pablo Romero Noguera (grac et copsat)

Bibliographie

Présentation des auteurs

Index des noms d’auteurs

Index des notions

Liste des figures

Prix éditeur : 32,00 €

Collection : Pragmatismes ; Éditeur : Petra ; EAN : 9782847430974 ; ISBN : 9782847430974 ; Parution : 19 mars 2015 ; Façonnage : broché ; Poids : 540g ; Pagination : 486 pages

Commande en librairie (France)

Mener l’enquête de l’habitabilité

Cycle « Écologie pratique et place des collectifs »

Troisième journée de l’atelier « Habiter la transition. Des pratiques existantes
aux politiques de transition : circulations et ambiguïtés »

Jeudi 18 mai 2017 (9h30-16h30)

Institut des Sciences de la Communication du CNRS (ISCC)
20 rue Berbier-du-Mets 75013 Paris
Métro Les gobelins (ligne 7)
Entrée libre (sans inscription)
Programme et plan d’accès PDF

Coordonnateurs de la séance : Rémi Eliçabe[1] et Jérôme Boissonade[2]

Depuis la mise en œuvre des premiers quartiers durables en Europe, la problématique de l’habiter est au centre de l’attention des aménageurs et des décideurs. La question qui se pose à eux est celle de savoir comment accompagner les habitants à la transition écologique et énergétique et, par-là, comment assurer l’appropriation par ces habitants de nouveaux modes de vie durables ? La recherche en sciences sociales est donc sollicitée pour suivre les transformations sur l’habiter qu’entraîne l’expérimentation de nouvelles techniques de construction et comprendre les éventuels problèmes qui se posent au fil de leur implantation. Mais une demande sociale importante lui est aussi adressée à l’échelle plus large de la mutation de l’urbanité et de la ville dans son ensemble, une demande que l’on pourrait formuler de la manière suivante : comment habiter la ville durable ?

La thématique de l’habiter est donc arrivée en force dans la littérature avec les premiers états des lieux qui prennent en compte les usagers et les habitants des écoquartiers français. Cette thématique est véritablement prise en charge par une génération de jeunes chercheurs (par exemple S. Nemoz, V. Renauld, F. Valegeas, Z. Hagel, H. Subrémon) qui est la première à poser la question de l’habiter dans la ville durable à l’épreuve de ses réalisations concrètes, sans discréditer par avance le discours des habitants et en prenant au sérieux leurs pratiques. Des parties entières de ces thèses sont consacrées à l’appréhension réflexive des habitants quant aux nouveaux dispositifs et aménagements durables, ou à leurs consommations énergétiques. Inspirées par les travaux de M. De Certeau sur les ruses de la vie quotidienne et les arts de faire des usages (arts des faibles, art du braconnage) et la sociologie pragmatique, ces recherches donnent à voir des habitants inventifs, bricoleurs, débrouillards, compétents pour résoudre toutes sortes de problèmes, agissant à des échelles multiples et de manière coordonnée.

On ne peut que se réjouir de la publication de ces travaux, qui permettent de commencer à re-symétriser une recherche qui avait tendance à n’éclairer le phénomène du développement urbain durable que depuis l’angle de sa gouvernance et de son déploiement technique et à ne considérer les habitants que comme des freins à ce développement. Mais si l’ensemble de ces travaux mettent en valeur ceux qui sont au centre de ces transformations de la ville, les habitants des écoquartiers et autres quartiers durables, avec toutes les compétences dont ils sont dotés, de nombreuses questions restent ouvertes : quel sens les habitants donnent-ils aux nombreux dysfonctionnements techniques rencontrés dans ces nouveaux écoquartiers ? Et de là, quelles continuités ou discontinuités peut-on repérer entre aménageurs et techniciens d’un côté et habitants de l’autre ? Quelles échelles de l’habiter sont prises en compte dans ces enquêtes ? Quelles pratiques de la ville, autres que purement domestiques d’une part ou adaptatives d’autre part, sont mises en valeur ? Quelle place est donnée non plus seulement à l’inventivité des habitants mais à leur capacité analytique, à leur capacité à problématiser la ville durable ?

Cette séance aura pour objectif de faire le point sur les méthodes autant que sur les résultats de ces enquêtes récentes sur l’habiter durable. Nous nous demanderons donc autant comment mener l’enquête sur l’habitabilité que ce que ces enquêtes nous apprennent de neuf sur les capacités des habitants à problématiser et agir dans ce contexte de transition écologique des villes. Deux des exposés auront directement à charge de présenter des enquêtes menées auprès d’habitants de grands écoquartiers fraîchement livrés, notamment Lyon Confluence : Ludovic Morand (suivi d’une intervention de Sophie Nemoz) et le GRAC (suivi d’une intervention de Martin Denoun). Un dernier exposé, en début d’après-midi, ouvrira le champ de questionnement au moyen d’une enquête collective et multisituée sur des pratiques d’agriculture urbaines initiées par des habitants (Bénédikte Zitouni, Alexis Zimmer et Chloé Deligne). Sophie Nemoz et Martin Denoun mettront en perspective les trois présentations et animeront la discussion.

Les enregistrements audios de la séance sont directement accessibles depuis le programme ci-dessous :
C
liquez sur le passage du programme concerné, puis Télécharger (le fichier peut alors être écouté ou téléchargé : clic droit sur la barre de progression audio et choisir « Enregistrer le fichier sous… »)

 

Introduction de Jérôme Boissonade

Matinée (9h30 – 12h30) :

Ludovic Morand[3] : « Un habiter durable ? Apports et limites d’une approche non-évaluative de l’habiter »[4]

Questions de Sophie Nemoz[5] ; Questions de la salle ; Réponses[4] de Ludovic Morand

Rémi Eliçabe, Amandine Guilbert[6] et Yannis Lemery[7] du GRAC (Lyon) : « Suivre la logique vivante de l’habiter. Une enquête aux côtés des habitants de Lyon Confluence » : Première partie ; Deuxième partie

Questions de Martin Denoun[8] ; Réponses du GRAC

Après-midi (14h – 16h30) :

Introduction de Rémi Eliçabe

Bénédikte Zitouni[9], Chloé Deligne[10] et Alexis Zimmer[11] du collectif « Ecologies de Bruxelles »[12] : « Terrains et intrigues. Passés, présents et futurs des jardiniers en ville » : Première partie ; Deuxième partie

Débat avec la salle : Première partie ; Deuxième partie

Discutants : Sophie Nemoz et Martin Denoun[13]

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[1] Sociologue, chargé de recherche au Groupe Recherche Action (GRAC)
[2] Architecte, Maitre de Conférences en sociologie (ULCO – UMR LAVUE)
[3] Sociologue, Centre Norbert Elias, EHESS Marseille.
[4] Ludovic Morand n’a pas souhaité rendre l’enregistrement de sa communication et de ses réponses aux questions disponible en ligne.
[5] Maître de Conférences à l’Université de Bourgogne/Franche-Comté Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LaSA).
[6] Chargée de recherche au Groupe Recherche Action (GRAC)
[7] Chargé de recherche au Groupe Recherche Action (GRAC)
[8] Sociologue, professeur à l’Université Saint-Louis Bruxelles
[9] Historienne, chercheur qualifiée au FNRS, Université Libre de Bruxelles
[10] Historien, post-doctorant, à l’Institut des Humanités de Paris, Université Paris-Diderot)
[11] Collectif aussi composé de Livia Cahn (USLB CES), Noémie Pons-Rotbardt (ULB LIEU) et de Nicolas Prignot (ULB, LIEU)
[12] Doctorant au Groupe de Sociologie Pragmatique et Réflexive (GSPR) EHESS