Appels à contributions et nouvelles publications

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Appels à contributions

 Modes de vie et pratiques environnementales des ménages

Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer
Commissariat général au développement durable

Date limite de remise des propositions d’articles 30 septembre 2016

Depuis les années 1990, le service statistique du Ministère de l’Environnement a mis en place un dispositif d’enquête pluriannuel visant à appréhender l’importance que la société française accorde à la protection de l’environnement. Cela se traduit notamment par un suivi régulier des préoccupations, représentations et pratiques des citoyens en matière environnementale.

En 1998 puis en 2005, l’Institut français de l’environnement (Ifen) s’est associé à l’Insee dans le cadre de l’enquête permanente sur les conditions de vie (EPCV) pour dresser un état des lieux quantitatif des pratiques environnementales des ménages. Par la suite, ce dispositif d’enquête a été modifié suite à la non-reconduction d’EPCV en 2007 et à l’intégration d’une partie des prérogatives de l’Ifen au sein du Commissariat général au développement durable (CGDD) en 2008.

Prenant largement appui sur les questions précédemment posées, la première édition de cette nouvelle enquête sur les pratiques environnementales des ménages (EPEM) a été mise en œuvre fin 2010 et valorisée en octobre 2011 dans une Revue du CGDD intitulée « Les perceptions sociales et pratiques environnementales des Français de 1995 à 2011 ».

Suite au renouvellement concerté d’une partie du questionnaire et de la méthodologie, une quatrième édition de l’enquête a été menée en mars 2016. A cette occasion, plus de 4 000 ménages ont été interrogés en France métropolitaine et dans quatre départements d’Outre-mer.

Dans le prolongement de ce qui avait été fait en 2011, le service statistique du ministère propose la réalisation d’une publication collective traitant de la question des pratiques environnementales des ménages. Sa parution aura lieu à la fin du second trimestre 2017.

Les propositions d’articles doivent être envoyées jusqu’au 30 septembre 2016. Elles seront adressées par courriel au coordinateur de la revue (eric.pautard@developpementdurable.gouv.fr) et au chef du bureau des synthèses économiques et sociales sur l’environnement (benoit.bourges@developpement-durable.fr).

Appel a contribution complet PDF

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Nouvelles publications

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Justice et injustices environnementales

Philippe Billet, Cyrille Harpet, Jean-Philippe Pierron

L’Harmattan (2016)

Réfugiés climatiques, victimes de catastrophes industrielles, minorités ethniques expulsées, paysans chassés de leurs terres, quartiers pauvres dévastés par des catastrophes naturelles, populations contaminées par des pollutions diverses… Une inégale vulnérabilité des peuples, une inégale distribution des facteurs de danger et des menaces conduisent à s’interroger sur la « justice environnementale » et l’équité sociale. Entre éthique environnementale, défense des droits des peuples et des minorités, etc., cet ouvrage analyse les formes de gouvernement des hommes et de l’environnement.

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Les villes à la croisée des stratégies globales
et locales des enjeux climatiques

Sous la direction de
Florence Rudolf

Presses de l’Université de Laval (2016)

De par sa conception, le présent ouvrage opte pour un parti pris qui est celui de l’implication de la ville dans la production des changements climatiques, mais également dans leur contention, voire danseur réception. Placer le curseur sur les villes en matière de changements climatiques, c’est défendre la thèse selon laquelle c’est à «cette » échelle que se joue le problème, que se décline l’ensemble des enjeux mobilisés par les changements  climatiques.

Suite de la présentation

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La ville conflictuelle. Oppositions – Tensions – Négociations

Sous la direction de Didier Desponds et Elizabeth Auclair

Editions Le Manuscrit (mars 2016)

De Buenos Aires à la Goutte d’Or, de Jakarta à Francfort, de Mumbai à Saint Denis, vingt universitaires analysent les conflits urbains, les dynamiques qui en découlent et les méthodes utilisées pour régler ces conflits (médiation, arbitrages…). Les transformations qui affectent les villes sont sources de tensions, voire de conflits: ici mobilisation contre un projet d’aménagement, là confrontation entre habitants quant à l’usage des espaces publics.
Ces tensions révèlent les forces profondes qui agitent les espaces urbains et conduisent à l’exacerbation de rapports de force entre des groupes aux intérêts divergents. A travers les exemples de micro-conflits affectant des villes situées dans des contextes variés, les auteurs mettent en lumière ce qui se joue par-delà l’effervescence momentanée : inégale légitimité des pratiques, exclusion de populations marginalisées, appel à une participation active aux projets urbains.
Les conflits imposent des modes de régulation (concertation, arbitrage) qui ne conduisent que rarement à la victoire totale d’une des parties sur l’autre, mais davantage à des formes de réorganisation, arrangements momentanés susceptibles de s’inscrire dans la durée.
« Appréhender les villes par leurs conflits ouvre ainsi une fenêtre sur les jeux permanents de recomposition qui les traversent ».

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La democratie aux champs

La démocratie aux champs

Du jardin d’Éden aux jardins partagés, comment l’agriculture cultive les valeurs démocratiques

Joëlle Zask

La Découverte (Les Empêcheurs de penser en rond) mars 2016

On a l’habitude de penser que la démocratie moderne vient des Lumières, de l’usine, du commerce, de la ville. Opposé au citadin et même au citoyen, le paysan serait au mieux primitif et proche de la nature, au pire arriéré et réactionnaire. À l’opposé de cette vision, ce livre examine ce qui, dans les relations entre les cultivateurs et la terre cultivée, favorise l’essor des valeurs démocratiques et la formation de la citoyenneté. Défi le alors sous nos yeux un cortège étonnant d’expériences agricoles, les unes antiques, les autres actuelles ; du jardin d’Éden qu’Adam doit « cultiver » et aussi « garder » à la « petite république » que fut la ferme pour Jefferson ; des chambrées et foyers médiévaux au lopin de terre russe ; du jardin ouvrier au jardin thérapeutique ; des « guérillas vertes » aux jardins partagés australiens. Cultiver la terre n’est pas un travail comme un autre. Ce n’est pas suer, souffrir ni arracher, arraisonner. C’est dialoguer, être attentif, prendre une initiative et écouter la réponse, anticiper, sachant qu’on ne peut calculer à coup sûr, et aussi participer, apprendre des autres, coopérer, partager. L’agriculture peut donc, sous certaines conditions, représenter une puissance de changement considérable et un véritable espoir pour l’écologie démocratique.

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Histoires pragmatiques

Sous la direction de Francis Chateauraynaud et Yves Cohen

Éditions de l’EHESS (« Raisons pratiques », 25), 2016

Les études d’histoire et d’autres sciences sociales (sociologie, philosophie) rassemblées dans ce volume couvrent des périodes et des domaines très différents. Elles se situent dans un mouvement récent de réinterrogation des pratiques à partir de la pragmatique et du pragmatisme. En assumant le pluralisme constitutif de la démarche pragmatiste, les auteurs abordent de manière expérimentale et réflexive les questions que posent l’étude des pratiques et celle des façons de les concevoir.

Le volume propose un parcours allant des actes et des actions à des phénomènes historiques à grande échelle, des pratiques qui produisent les sources à la généalogie de la pensée de l’action, des formes de l’enquête dans des univers controversés aux réinterprétations des catégories sociales par les acteurs, sans oublier les pratiques du passé réactivées comme base de la recherche.

Au-delà de leurs différentes logiques épistémiques, les contributions partagent une même préoccupation de fond : proposer des chemins d’enquête qui rompent avec les versions téléologiques ou préjugées de l’histoire. Elles explorent ce faisant des configurations qui n’enferment jamais complètement les acteurs, même lorsque ceux-ci opèrent dans des mondes très contraignants, qu’il s’agisse d’institutions et de normes, de structures et de groupes sociaux, de concepts temporels et de catégories cognitives. Le primat conféré à l’expérience et à son contexte ainsi que l’attention portée à leurs qualifications par les acteurs apparaissent comme des éléments communs aux différentes formes d’histoire pragmatique.

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Atlas des migrations environnementales

Atlas des migrations environnementales

Dina Ionesco, Daria Mokhnacheva, François Gemenne

Presses de Sciences Po., 2016

Catastrophes géophysiques ou météorologiques, hausse du niveau des mers, désertification, dégradation des écosystèmes : chaque année, des millions de personnes quittent leurs terres pour des raisons environnementales. Un phénomène que le changement climatique en cours ne va qu’amplifier.

À l’aide de plus de 100 cartes, graphiques et diagrammes et de nombreuses études de cas concrets, cet ouvrage pionnier, coordonné par trois des meilleurs experts des migrations environnementales, dresse un état des lieux inédit et propose des pistes pour répondre à ce grand défi du XXIe siècle.

Car mieux comprendre ces migrations, c’est mettre au jour la manière dont les causes environnementales se mêlent à d’autres facteurs – politiques, socio-économiques, psychologiques – qui poussent les individus à la migration temporaire ou à l’exode. C’est anticiper les mouvements de population et permettre leur accompagnement raisonné. C’est contribuer à l’indispensable adaptation aux conséquences du changement climatique.

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Justice écologique, justice sociale

Exemples historiques, analogies contemporaines et théorie politique

Sous la direction d’Aliènor Bertrand
Victoires éditions

Pourquoi les « inégalités écologiques » apparaissent-elles aujourd’hui comme détachées de l’ensemble des luttes sociales, alors qu’elles ont été le plus souvent inextricablement liées, particulièrement autour des problèmes de la santé au travail, des pollutions industrielles, des questions agraires et de la justice de l’eau ? La justice sociale est-elle en contradiction avec l’écologie ? Cet ouvrage a pour objectif de renverser les manières usuelles d’aborder les relations entre la justice écologique et la justice sociale. Il contredit le postulat trop simple selon lequel la prise en charge des questions environnementales ne serait devenue une nécessité pratique et théorique qu’à partir de la fin du XXe siècle grâce à l’émergence des mouvements écologistes ou altermondialistes. L’enjeu du livre est de récuser la difficulté d’articuler deux justices, sociale et écologique, sous prétexte qu’elles appartiendraient à des ordres différents, ou même qu’elles seraient intrinsèquement contradictoires. Les auteurs montrent au contraire que l’opposition de ces deux justices est un artefact entretenu par l’approche « environnementaliste », dont l’une des sources est paradoxalement le mouvement américain pour la justice « environnementale ». De fait, les « inégalités écologiques » ont d’abord été les déclencheurs des grandes luttes sociales du mouvement ouvrier. Ces conflits ont jalonné l’histoire de l’industrialisation et de la colonisation occidentale et perdurent encore. Les études ici menées sur les problèmes de la santé au travail, les pollutions industrielles, les questions agraires ou la justice de l’eau montrent que les inégalités sociales et écologiques sont inextricablement liées. Il s’agit donc non seulement de rendre l’écologie à l’histoire sociale de très longue durée, mais aussi d’interroger dans une perspective anthropologique et politique large les habitudes mentales qui nous conduisent à opposer la justice sociale et la justice écologique.

Introduction et sommaire disponible sur Academia

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Repenser la propriete

Repenser la propriété

Sous la direction de Sylvette Denèfle
Presses universitaires de Rennes (2016)

Le droit de propriété, droit constitutionnel fondamental dans la tradition républicaine française, assure la liberté à laquelle tout un chacun aspire, fonde la dynamique économique capitaliste et structure profondément les territoires. La propriété privée du logement est, quant à elle, associée à la citoyenneté, à l’identité locale et nationale, à la position sociale, à la vie familiale et reste une ambition sociale très largement partagée. Pourtant aujourd’hui, les contre-performances du système capitaliste perceptibles dans les crises financières et boursières, dans l’augmentation des inégalités, dans les dégradations des conditions de l’emploi, dans les risques technologiques en matière de santé ou d’environnement, dans les conflits migratoires, etc. amènent les populations, notamment les plus scolarisées, à douter du modèle de progrès qui a fondé les démocraties libérales.
À l’heure actuelle, des particuliers, des collectifs, des groupes d’habitants et/ou de militants, de tous âges, souhaitent vivre autrement, habiter autrement, s’inscrire dans des logiques de partage et de solidarité dont ils ont le sentiment qu’elles peuvent réguler les excès d’une économie financiarisée et globalisante et améliorer les modes de vie.
“Repenser la propriété. Des alternatives pour habiter” présente ces évolutions récentes qui renouvellent le rapport à la propriété du logement et génèrent le développement d’un modèle de société solidaire, écologique et collective opposé à celui de la société individualiste et techniciste du xxe siècle.

Site de l’éditeur avec introduction en PDF

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Acceptation sociale et développement des territoires

Sous la direction de Samuel Depraz, Ute Cornec et Ulrike Grabski-Kieron

La notion d’acceptation sociale, qui reste peu formalisée par la recherche en sciences humaines, est pourtant omniprésente dans les politiques de développement des territoires. Les études d’impact, les politiques participatives, la quête d’une bonne gouvernance territoriale ou d’une durabilité sociale dans la décision publique sont des démarches qui visent toutes, implicitement, à réduire les contestations de la part de la société civile face aux projets de développement, donc à améliorer l’acceptation sociale par une association plus étroite aux processus de transformation du territoire.

Cependant, ces dispositifs ne sauraient se réduire à des mesures d’ordre technique et institutionnel qui garantiraient automatiquement une meilleure adhésion aux projets. De nombreuses composantes subjectives régissent la réception sociale des innovations ainsi que les attitudes qui en résultent.

Cet ouvrage vise donc à mettre en lumière les critères d’acceptabilité des projets de développement territorial. Dans une approche comparative franco-allemande stimulante, les auteurs développent toute une série de méthodes d’analyse qui interrogent, notamment, la dimension visuelle des projets, les rapports interpersonnels de pouvoir ou encore les représentations et pratiques du territoire, autant de leviers dont l’identification peut aider les chercheurs comme les praticiens du territoire à mieux comprendre les tensions et conflits sociaux.

Présentation complète PDF

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Architecture et urbanisme durables. Modèles et savoirs

Sous la direction de Debizet (G.), Godier (P.)

Éditions de la Villette, Cahiers Ramau, n°7 (2015)

L’injonction au développement d’une architecture et d’un urbanisme durables introduit des exigences nouvelles pour les professionnels, comme pour les institutions et les habitants. Elle implique la construction de compétences et l’évolution des modalités de collaboration pour intégrer les objectifs de lutte contre le changement climatique ou de préservation de la biodiversité. Les Cahiers Ramau 7, dirigés par Gilles Debizet et Patrice Godier, portent sur les processus d’élaboration et de diffusion de savoirs et des pratiques, depuis des expérimentations ponctuelles jusqu’à des modes de faire plus répandus.
Les contributions dessinent les voies d’opérationnalisation de la durabilité. Ce ne sont pas tant des formes architecturales et urbaines ou des figures d’architectes qui font modèles, que des connaissances (des mots, des savoirs environnementaux, des imaginaires, des façons de mesurer) et des modalités de conception (label écoquartier, certifications environnementales, prescriptions architecturales, Bimby, etc.) qui se distillent et imprègnent la fabrique de la ville. Passée la période d’effervescences locales permises par le nouvel enjeu et l’irruption de savoirs nouveaux (souvent issus des professions environnementales ou de pays étrangers), les organisations extra-locales (État, institutions financières, syndicats professionnels) et les experts tentent de renforcer, avec plus ou moins de succès, leur influence. Dans leur diversité, les contributions révèlent ainsi comment ces sphères se confrontent, entre elles et aux acteurs de terrain, pour élaborer et diffuser des « bonnes » pratiques -voire des normes- visant à changer les pratiques.

Sommaire

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Manifeste pour une géographie environnementale
Géographie, écologie et politique

Sous la direction de Denis Chartier, Estienne Rodary
Presses de Sciences Po (2016)

La géographie française s’est toujours refusée à aborder la question écologique sous un angle véritablement politique. Pourtant, devant les crises environnementales qui se multiplient et face au spectre de l’écolo-scepticisme qui hante la pensée politique française, la géographie peut et doit se refonder.
Ce Manifeste pour une géographie environnementale marque une volonté collective de dépasser les pratiques individualisées pour interroger la place épistémologique et politique d’une géographie confrontée à l’irruption de l’environnement. Il aborde l’histoire de la discipline dans ses relations aux politiques de la nature, développe des comparaisons internationales, notamment avec la political ecology, et introduit les grands domaines d’investigation d’une géographie à l’appareillage conceptuel renouvelé par les politiques de l’Anthropocène.
Il montre que les géographes doivent abandonner une position surplombante pour accepter que leur discipline soit transformée par l’environnement, seul moyen pour elle d’être scientifiquement et politiquement pertinente dans le monde d’aujourd’hui.

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Forets tropicales

L’homme et les forêts tropicales, profit ou harmonie ?

Benjamin Singer

Editions Quae (2015)

Cet ouvrage présente les principaux enjeux écologiques, sociaux, économiques et politiques des forêts tropicales. Pour chaque enjeu, des instruments d’action sont recommandés, à l’échelle locale, nationale ou internationale. Cet ouvrage guide le lecteur vers la compréhension de solutions souvent regroupées sous le vocable de « gestion durable des forêts ». Incluant les données FAO 2015 sur l’état des forêts tropicales, il s’adresse à tout public curieux d’en savoir plus sur les enjeux des ressources naturelles.

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Nature en ville

De la ville durable à la nature en ville

Sous la direction d’Isabelle Hajek, Philippe Hamman, Jean-Pierre Lévy

Septentrion (2015)

Les projets de « ville durable » se sont aujourd’hui multipliés à travers le monde. Comment interpréter cet engouement généralisé ? Est-ce une nouvelle façon de concevoir les relations entre sociétés urbaines et environnements naturels ?
Dans un contexte d’accélération de l’urbanisation, plutôt que d’acter l’inauguration de nouvelles politiques urbaines, la nécessité d’une analyse des pratiques, représentations et discours de la durabilité urbaine, assortie d’un recul critique s’imposent. C’est l’objectif de cet ouvrage. Il rassemble les travaux actuels de spécialistes en géographie, sociologie et urbanisme, ainsi qu’en architecture, agronomie, lettres, paysagisme, et interroge les dynamiques socio-spatiales de diffusion et de traduction du mot d’ordre désormais mondial de « durabilité urbaine », sur des aires différenciées, en conjuguant les regards « macro » et « micro ». Confrontant de façon originale villes du nord et villes du sud, l’ouvrage donne des clés de compréhension sur la façon dont le projet de « ville durable » a pu devenir le symbole de ce contre quoi il est censé lutter : un « verdissement » inégal de la ville, facteur de ségrégation sociale. Si une ville naturalisée apparaît bien au cœur de la « ville durable », elle procède moins de l’application d’un paradigme idéologique, d’une régulation politique « par le haut » que d’une mosaïque d’initiatives, croisant ambiances, pratiques sociales et récits ordinaires.

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Age des fossiles

Sortons de l’âge des fossiles ! Manifeste pour la transition

Maxime Combes

Le Seuil (2015)

Les entrailles de la Terre contiennent suffisamment de pétrole, de gaz et de charbon pour déclencher le chaos climatique. Prendre au sérieux le réchauffement climatique implique de laisser dans le sol la majorité des réserves d’énergies fossiles connues. Pour survivre, nous sommes donc condamnés à apprendre à vivre sans brûler des énergies fossiles dangereusement surabondantes.
Ceux qui tergiversent, ceux qui s’y refusent, ceux qui étendent la logique extractiviste en forant toujours plus loin et toujours plus sale, ceux qui professent que les marchés, la finance ou les technosciences vont sauver le climat nous détournent de l’essentiel. Ils gaspillent le temps et les ressources dont nous avons besoin pour enclencher la transition.
Nous ne nous résignons pas au naufrage planétaire. Contre l’extractivisme, les hydrocarbures de schiste, les grands projets inutiles et la marchandisation de l’énergie et du climat, nous inventons aujourd’hui les contours d’un monde décarboné, soutenable et convivial de demain. Il est temps de sortir de l’âge des fossiles. La transition, c’est maintenant !

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Sociologie de l’énergie. Gouvernance et pratiques sociales

Sous la direction de Marie-Christine Zélem et Christophe Beslay

CNRS Editions (2015)

Affaire de société, enjeu politique, objet de controverses, l’énergie est devenue depuis une quinzaine d’années un sujet de recherche de première importance pour les sociologues. Alors que les débats autour de la transition énergétique s’animent, ce livre réunit les analyses scientifiques de chercheurs issus d’horizons institutionnels différents. L’objectif est de mutualiser, en un seul ouvrage et pour la première fois, les connaissances et les approches théoriques quant à la gouvernance de l’action publique et aux pratiques sociales dans le domaine de l’énergie.
L’ouvrage s’organise autour de six parties. La première est consacrée aux approches conceptuelles et théoriques. Cette partie insiste sur les changements en termes d’action publique, et les reconfigurations qu’implique le choix d’une société bas carbone. La seconde partie traite des conditions et des instruments de la gouvernance en matière de politique énergétique. La troisième partie de l’ouvrage s’intéresse aux dynamiques d’innovation, notamment des territoires en transition et des technologies émergentes. La quatrième partie est centrée sur les usages et les usagers, d’un triple point de vue, celui des conditions sociotechniques de la maîtrise de la demande, mais aussi des situations de précarité énergétique et des pratiques de certains acteurs. Les deux dernières parties proposent une focale sur l’accompagnement au changement par les nouvelles technologies « smart ». Marie-Christine Zélem est professeur de sociologie, à l’Université de Toulouse II Jean Jaurès, membre du laboratoire CERTOP (UMR 5044 du CNRS). Ses recherches portent sur les modes de réception des politiques publiques environnementales et les résistances aux innovations technologiques et sociales. Elle a fait partie des experts du Débat National sur la Transition Énergétique en 2013. Elle est notamment l’auteur de Politiques de Maîtrise de la Demande d’Énergie et résistances au changement. Une approche socio-anthropologique (2010).

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Dictionnaire de la pensée écologique

Dictionnaire de la pensée écologique

Dominique Bourg, Alain Papaux

Presses Universitaires de France (2015)

Ce dictionnaire ne se limite ni à l’écologie politique, ni à l’écologie scientifique, ni à l’écologisme, mais rassemble au contraire toutes les réflexions, les constructions conceptuelles et les pistes d’action que peuvent inspirer l’état de la planète et le fonctionnement de la Biosphère. Il embrasse donc un spectre très large de disciplines et de collaborateurs, tirant le meilleur parti de l’hybridation, propre à la pensée écologique, des domaines naturels et sociaux interprétés à la lumière des sciences dures et des sciences humaines. À travers 357 articles écrits par 260 auteurs, le lecteur y trouvera des développements sur des notions clés, sur des livres déterminants ou sur des auteurs désormais classiques.
Parce que la pensée écologique embrasse une échelle nouvelle et menaçante de perturbations infligées au milieu, réinterrogeant la place de l’homme au sein de la nature, et parce que le champ de l’écologie est loin d’être univoque, ce dictionnaire se veut à la fois critique, historique et prospectif, n’hésitant pas à proposer des points de vue contradictoires sur des notions centrales.
Table des matières
357 articles, rédigés par 260 auteurs, francophones à quelques exceptions près, avec trois types d’entrée :
– Les notions clé (ex. : l’agriculture urbaine, l’Anthropocène, la Biosphère, le bouddhisme, le christianisme, le système Terre, l’hypothèse Gaïa, l’effet rebond, la finitude, la géopolitique, les monnaies complémentaires, la démesure, les droits humains, les constitutions, la démocratie, l’écopsychologie, Green Peace, la pollution et son histoire, la propriété, les risques, la substituabilité, l’UICN).
– Les livres qui ont particulièrement marqué le champ de la pensée écologique (ex. : W. Catton, Overshoot J. Passmore, Man’s Responsibility for Nature Jonas, Le Principe responsabilité Lynn White, Les racines historiques de notre crise écologique).
– Les auteurs dont les contributions ont été significatives (ex. : Descartes, Fourier, Gandhi, Montaigne, Gifford Pinchot, Elysée Reclus, Vernadsky…).

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La ville durable controversée. Les dynamiques urbaines dans le mouvement critique

Sous la direction de Jérôme Boissonade

Editions Petra (collection Pragmatismes) 2015

Les auteurs : Jérôme Boissonade (dir.), Pierre-Arnaud Barthel, Caroline Barthelemy, Christophe Beaurain, Christophe Beslay,  Valérie Clerc, Ludivine Damay, Miguel Donate Sastre, Rémi Eliçabe, Guillaume Faburel, Philippe Genestier, Romain Gournet, Amandine Guilbert, Anne-Sophie Haeringer, Caroline Lejeune, Marie-Hélène Lizée, Raul Marquez Porras, Laetitia Overney, Eric Pautard, Pascal Philifert, Hélène Reigner, Camille Roche, Pablo Romero Naguera, Delphine Varlet, Bruno Villalba, Marie-Christine Zelem.

Les projets urbains qui invoquent la « ville durable » sont-ils à la hauteur des enjeux contemporains? La promesse d’éco-quartiers montrant la voie d’une « transition écologique » répond-elle aux préoccupations économiques, sociales et environnementales portées notamment par de multiples acteurs de la société civile? Les « éco-techniques », proposées pour donner un vernis écologique aux bâtiments, peuvent-elles inverser les conséquences négatives du régime de développement dominant? Le greenwashing des projets urbains est-il une dérive de la « ville durable » ou une conséquence logique? Dans les discours, il s’agit encore et toujours de changer les comportements par une pédagogie des « petits gestes » auxquels chacun doit prêter attention, jusque dans sa salle de bains. Un tel gouvernement des conduites peut-il susciter l’adhésion des « simples citoyens »? Les dispositifs de débat public qui accompagnent les projets d’aménagement sont-ils à la mesure des enjeux démocratiques posés par ces projets?

Cet ouvrage collectif interroge les usages de la matrice du développement durable dans les espaces urbains. Il rassemble les travaux de recherches qui, dans leur diversité, ont en commun de prendre au sérieux les critiques formulées par les acteurs eux-mêmes, saisis dans ce qui les lie à leurs milieux et leurs formes de vie. Ces critiques de la « ville durable », énoncée publiquement comme un « bien en soi », sont soumises à de multiples épreuves. Quelles prises faut-il construire pour donner une portée à ces mouvements critiques qui naissent au cœur des expériences et des pratiques urbaines les plus ordinaires?

Le livre ouvre une discussion théorique et pragmatique sur la place de la critique dans le développement durable. Il explore la fabrique des prises de la critique, en s’appuyant sur des enquêtes dont les terrains sont français et internationaux, tendus entre géo-politiques urbaines et politiques locales. Inspiré par l’anthropologie et la sociologie de la perception, l’ouvrage réinsère la question politique dans les agencements pratiques que vivent les personnes et les groupes, traçant les contours de résistances ordinaires, ou parfois très singulières, qui échappent aux instruments d’une gouvernementalité verticale par la ville durable.

Détails et Sommaire

Introduction (téléchargeable en PDF)

 

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L’habitat participatif
De l’initiative habitante à l’action publique

Camille Devaux
Presses Universitaires de Rennes (2015)

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Cet ouvrage étudie l’émergence de l’habitat participatif. Au regard du faible nombre d’initiatives concrétisées sur le terrain, ce nouveau type d’habitat est-il une révolution des représentations et des pratiques de la production ou l’un de ces signaux faibles qui ouvrent la voie à des évolutions ?

Préface d’Alain Bourdin

L’habitat participatif : de quoi parle-t-on ?

Des initiatives héritières ou pionnières ?
Les groupes d’habitants : des motivations à leur formalisation
La structuration du réseau et du mouvement

Quand l’habitat participatif entre en politique

L’appel des acteurs institutionnels : d’une nécessité à une volonté
En quête des acteurs institutionnels
Un processus de mise en politique collectif
Du discours à la concrétisation : traductions d’un intérêt

La mise en œuvre de l’habitat participatif

L’habitant : l’inconnu(e) de l’habitat participatif ?
L’engagement concret dans l’habitat participatif et l’organisation des acteurs
Au cœur des négociations et compromis

Nombre de pages : 396 p. ; ISBN : 978-2-7535-3965-5 ; Prix : 23,00 €

Site de l’éditeur

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La deuxième vie des objets
Recyclage et récupération dans les sociétés contemporaines

Élisabeth Anstett et Nathalie Ortar

Editions Petra (2015)

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Les crises économiques qui touchent les sociétés de consommation, les conséquences de la surexploitation des ressources naturelles, tout autant que l’émergence d’un impératif de développement durable ont partout favorisé l’apparition de pratiques de récupération et de réutilisation d’objets et de matériaux usagés. Malgré leur grand nombre et leur diversité, ces pratiques restent pourtant encore peu documentées et peu questionnées par les sciences humaines et sociales.
Or les logiques qui président au tri, à la collecte et au réemploi de rebuts ou de matériaux déqualifiés, mettent en lumière la modification de rapports économiques ou sociaux tout autant que des changements de systèmes de valeurs. Elles amènent à se demander comment, où et quand l’on passe du déchet à l’objet ré-appropriable et selon quelles modalités notamment culturelles, sociales et sexuées s’effectuent ces transformations.
Prenant appui sur des situations de recyclage observées en France, en Europe ou ailleurs dans le monde, cet ouvrage qui associe anthropologues, sociologues et géographes, propose de s’attacher à la « deuxième vie » des objets en montrant que ces pratiques de récupération et de réemploi sont révélatrices des transformations les plus récentes de nos sociétés.

Avec les contributions d’Élisabeth Anstett, Jérémie Cavé, Aurélie Dehling, Anne Gagnebien et Akila Nedjar-Guerre, Valérie Guillard, Cecilia Montero Mortola, Nathalie Ortar, Stavroula Pipyrou et Manuel Valentin.

Éditions Pétra, collection Matière à recycler, Paris, avril 2015, 201 pages. ISBN : 9782847430943. 22,00 €

Site de l’éditeur

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Villes contestées. Pour une géographie critique de l’urbain

Cécile Gintrac et Matthieu Giroud

Les Prairies Ordinaires (2014)

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C’est peu dire que la géographie urbaine critique est un champ de recherche particulièrement bouillonnant. Profitant des entreprises de croisement multiples favorisées par la montée en puissance des « studies » sur les campus anglo-saxons, l’honorable discipline géographie en a profité pour muter sous diverses formes. Parallèlement à cet éclatement (tout relatif1) des espaces disciplinaires classiques, les transformations politiques des années 1960 et 1970 reconfigurent les possibilités d’un discours académique critique et radical, même si ces deux termes recouvrent des positionnements très variés. L’ouvrage dirigé par Cécile Gintrac et Matthieu Giroud est une anthologie d’articles et de chapitres de géographes anglo-saxons et allemands dont les travaux ont porté sur la ville.

Lire la suite de la recension sur ZILSEL (Sociologie, histoire, anthropologie et philosophie des sciences et des techniques)

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La gouvernance de la ville durable entre déclin et réinventions

Une comparaison Nord/Sud

Isabelle Hajek et Philippe Hamman (dir.)

Presses universitaires de Rennes (2015)

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Premier du genre dans la littérature française à tenter une confrontation entre villes du Nord et du Sud, l’ouvrage renouvelle les analyses menées en cernant la tension paradoxale qui caractérise aujourd’hui le projet de « gouvernance de la ville durable » : entre déclin, appauvrissement, voire mort programmée, et réinventions locales ou alternatives indigènes encore incertaines. Ces mises en parallèle intéresseront étudiants et chercheurs aussi bien que les d ifférents acteurs et opérateur! s impliq ués dans les projets urbains contemporains. Avec une préface de Jean-Luc Piermay. Publié avec le soutien de l’université de Strasbourg.

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Recycler l’urbain : pour une écologie des milieux habités

Chris Younès et Roberto D’Arienzo

MétisPresses (2014)

Recycler l'urbain

Transition écologique, réduction de la consommation, souci du viable, du vivable, de l’équitable… En ce début de 21e siècle, ces conceptions et pratiques nouvelles remettent en question le fonctionnement de la ville contemporaine et interrogent ses capacités de métamorphose. Le changement de paradigme qui se profile amène à repenser en profondeur toute installation humaine et à envisager une nouvelle alliance entre l’homme et son milieu.

Recycler l’urbain cherche à repenser les cycles de vie et à promouvoir la transformation comme principale action sur l’habitat. L’extension du concept de «  recyclage  » aux processus divers et entrelacés qui structurent l’urbain s’avère d’une grande efficacité pour relever les défis auxquels l’humanité est désormais confrontée. Pour tenter de répondre aux interrogations importantes et inévitables que cette approche suscite, ce volume convoque des disciplines aussi variées que l’écologie, l’économie, la géographie, l’histoire, l’architecture, l’urbanisme, le paysage, la sociologie et la philosophie.

Contributions de Sabah Abouessalam, Sabine Barles, Zygmunt Bauman, Clément Blanchet, Xavier Bonnaud, Stéphane Bonzani, Patrick Bouchain, Alessandro Coppola, Roberto D’Arienzo, Nicola Emery, Vittorio Gregotti, François Guery, André Guillerme, Cyrille Harpet, Edward Hollis, Jean-Marc Huygen, Lucien Kroll, Sara Marini, Edgar Morin, Muck Petzet, Didier Rebois, Bernard Reichen, Emmanuel Rey, Mosè Ricci, Mathias Rollot, John Scanlan, Agata Spaziante, Susan Strasser, Guido Viale, Paola Viganò, Chris Younès, Federico Zanfi.

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Nature en ville : attentes citadines et actions publiques

Sous la direction de Lise Bourdeau-Lepage et Roland Vidal

Editopics (2014)

Nature en ville

À quelle nature aspirons-nous en ville ? À la croisée d’horizons disciplinaires différents, ce livre révèle la diversité des attentes citadines, les pratiques, les conflits, les consensus, les actions des pouvoirs publics et les aménagements urbains qui naissent de la demande de nature en milieu urbain.

Sommaire :

Chapitre 1 – Modes d’habiter urbains

Vivre en ville, avec quelles natures? ? – Wandrille Hucy

Chapitre 2 – Les espaces naturels protégés de Göteberg

L’exemple suédois, entre demande de naturalité et gouvernance urbaine – Camille Girault

Chapitre 3 – Jardin partagé et jardin privé à Paris?

Vers une convergence des discours et des pratiques relatifs à la nature en ville ?? – Kaduna-Eve Demailly et Mathilde Riboulot

Chapitre 4 – La nature en ville contre l’industrie, tout contre…

L’exemple de l’agglomération dunkerquoise – Christophe Beaurain

Chapitre 5 : Natures urbaines en conflit

Écoquartiers, patrimoine et potagers militants – Eric Doidy et Emmanuel Dumont

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Les modes d’habiter à l’épreuve de la durabilité

Sous la direction d’Annabelle Morel-Brochet et Nathalie Ortar

Norois, n° 231 | 2014

Habiter epreuve de la durabilite

Imposer un changement de comportement, révolutionner les habitudes, susciter des croyances : la mise en œuvre, la réception et la compréhension du développement durable interrogent à plus d’un titre les conditions de sa réalisation et la place laissée à l’habitant. Ce dossier propose un croisement disciplinaire (géographie, ethnologie, sociologie, aménagement, science politique) autour de recherches employant toutes des méthodologies d’enquête qualitative à l’échelle micro-sociale et micro-spatiale. Les textes réunis informent quelques-uns des points encore aveugles de la recherche sur les pratiques et usages des individus-habitants, afin de rendre compte de leur appréhension du changement de paradigme en cours. Il s’agit d’analyser les comportements des acteurs ordinaires, placés dans un contexte censé modifier leur quotidien comme les écoquartiers ou simplement mis en situation, au travers de leurs pratiques, que celles-ci portent sur l’alimentation, la mobilité quotidienne ou le rapport à une ressource, l’eau en l’occurrence. Sont questionnés en filigrane le rapport à la norme et aux valeurs, la construction de nouveaux usages et l’incidence de la matérialité des lieux, comme des politiques publiques et du politique sur les modes d’habiter, lorsque celles-ci créent de nouvelles normes institutionnelles socio-techniques (écologiques autant qu’hygiénistes) et/ou qu’elles transforment les espaces habités. Le dossier informe la recherche sur les freins et les facteurs de changement des modes d’habiter au travers de l’analyse des pratiques de consommation, de la densité perçue et des représentations de l’environnement résidentiel, de la place des valeurs dans l’adoption de comportements congruents dans le quotidien comme le hors-quotidien.

Ont participé au numéro : Nicolas D’Andrea et Pascal Tozzi, Laurent Cailly, Agathe Euzen et Barbara Morehouse, Denis Martouzet, Xavier Michel, Stéphanie Vincent-Geslin.

Nathalie Ortar est chargée de recherche au LET, Annabelle Morel-Brochet est maître de conférences en Géographie – IUT d’Alençon

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Fabrication et usage des écoquartiers

Essai critique sur la généralisation de l’aménagement durable en France

Vincent Renauld

Presses polytechniques et universitaires romandes (2014)

Livre Ecoquartiers Renauld

Encouragés par le Grenelle de l’Environnement, les écoquartiers représentent aujourd’hui une part croissante de la production de logements en France. Contrairement à leurs aînés nord-européens, militants ou expérimentaux, ces nouveaux quartiers visent à mettre en oeuvre de nouveaux types d’aménagements et de constructions dans la production urbaine de masse, préfigurant ainsi, dans l’esprit de leurs promoteurs, la généralisation de l’aménagement durable. Or un écueil majeur est apparu dans cette dynamique: l’usage prescrit par les fabricants de ces nouveaux quartiers est fortement décalé des modes de vie des usagers. Les projections des experts – concepteurs, aménageurs, constructeurs – se heurtent ainsi à la réalité des habitants, qui au quotidien «bricolent» et adaptent leurs nouveaux environnements pour pouvoir habiter selon leurs besoins et habitudes de vie. Sur la base de ce constat, cet essai critique ose la question suivante: la «durabilité», intégrée dans les logiques économiques de croissance, ne reproduit-elle pas le même schéma pédagogique et descendant envers les habitants qu’imposait en son temps la «modernité»? L’«homme durable» des écoquartiers actuels ne succède-t-il pas ainsi à l’«homme moderne», si cher à Le Corbusier et aux Grands Ensembles des années 1960? Un ouvrage passionnant et surprenant, qui pour la première fois, convoque le monde idyllique vanté par les prescripteurs des écoquartiers puis le confronte à la réalité vécue par ses habitants. Il intéressera les professionnels et praticiens de l’architecture et de l’urbanisme, et plus généralement tous les citoyens intéressés par le développement durable et les questions qu’il soulève.

Site de l’éditeur

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Environnement et société
Une analyse sociologique de la question environnementale

Chantal Aspe et Marie Jacqué
Editions Quae 2012

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Cet ouvrage présente une analyse sociologique de la question environnementale depuis son émergence en France à la fin des années 1960 jusqu’à nos jours. Enjeu de mobilisations et de revendications , elle a d’abord eu comme objet la remise en cause du mode de développement industriel avant de devenir un puissant vecteur de normalisation sociale, posant aux sociologues la question des relations entre le politique, l’économique et l’idéologique. La manière dont les différentes disciplines des sciences sociales mais aussi des sciences de la nature se sont emparées de cette question, participe de la construction sociale de cet objet et questionne sur le positionnement actuel des scientifiques face aux enjeux environnementaux.

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Ce à quoi nous tenons Propositions pour une écologie pragmatique

Émilie Hache

Editions La découverte 2011

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Avec la crise écologique, l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, les forêts qui nous entourent ne sont plus des choses qui vont de soi et que l’on peut traiter avec indifférence. Nous découvrons qu’elles ne sont plus des ressources inépuisables, ni des ressources tout court au sens de simples moyens au service de nos propres fins.

Nous n’en avons donc pas fini avec la morale. Mais fabriquer une morale qui inclue les relations que les humains entretiennent avec les animaux, les montagnes, les océans, le climat, etc., implique de nouvelles propositions. Celles-ci ne peuvent pas être la simple déclinaison de principes universels fondés a priori : elles doivent s’appuyer sur les multiples expérimentations en cours, engagées aussi bien par des scientifiques que des éleveurs, des économistes, des patients ou encore des activistes se mêlant souvent de ce qui n’est pas censé les regarder.

En s’attachant à décrire au plus près ceà quoi nous tenons et non à prescrire ce qu’il faudrait faire, sans jamais séparer ce souci moral de ses conséquences politiques, Émilie Hache explore de nouvelles façons de prendre en compte ces différents êtres. Elle propose ainsi une approche pragmatiste des questions écologiques : il s’agit en effet d’apprendre à élaborer des compromis afin de se donner une chance de construire un monde commun, exigeant de ne pas s’arrêter à la question « Qui est responsable ? », mais d’en accepter une autre, bien plus difficile : « Comment répondre ? ».

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 Experts et faussaires Pour une sociologie de la perception

Christian Bessy Francis Chateauraynaud

2e édition augmentée d’une postface

Editions Petra

Couverture Experts et faussaires A4 RV_Page_1

Voici un livre, Experts et faussaires, publié une première fois en 1995. Analysant les épreuves d’authentification de nos sociétés contemporaines, il n’a rien perdu de son acuité. Affaires et controverses n’ont cessé de se déployer dans les arènes publiques : les cas de fraudes, de contrefaçons et de faux se succèdent avec, à chaque fois, des surprises et des innovations, dans de nouvelles configurations technologiques et normatives. Si de faux clonages de cellules souches (affaire Hwang) n’étaient guère possibles au début des années 1990, ils surviennent à la suite d’une longue série de fraudes scientifiques ; les manipulations spectaculaires associées aux noms de Kerviel, Madoff ou Goldman-Sachs ont enrichi une collection déjà florissante de scandales financiers ; quant aux enjeux de la contrefaçon, ils ont depuis longtemps dépassé les questions de produits de luxe pour toucher les médicaments, les ordinateurs, les pièces d’avion et même les centrales nucléaires… Et, bien sûr, au milieu du cortège, surgissent de nouveaux « faussaires de génie » défrayant la chronique des milieux de l’art. Mensonges, escroqueries, piratages ou simples canulars, ce sont là des pratiques normalement anticipées par les dispositifs de protection et de contrôle destinés à les rendre illicites – mais jamais complètement impossibles. L’épreuve du faux conduit ainsi à regarder autrement les instruments et les normes, qu’il ne s’agit plus de saisir in abstracto mais à travers l’activité des experts et des faussaires. Pour saisir les détournements qui naissent dans la mise en oeuvre quotidienne des objets et des agencements qui les encadrent, l’ouvrage élabore une théorie subtile de la perception, entendue comme un art de la prise sur le monde.

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Environnement et sciences sociales en france et en allemagne

Sous la direction de Lionel Charles, Hellmuth Lange, Bernard Kalaora et Florence Rudolf

Couv Socio environnement France Allemagne

Pays voisins, moteurs historiques de la dynamique européenne, l’Allemagne et la France présentent cependant de profondes différences dans leurs modèles et leurs cultures socio-politiques et économiques. Cela est aussi très net dans le domaine de l’environnement, lui-même en pleine mutation. L’Allemagne s’y est affirmée leader mondial, en particulier en ce qui concerne l’innovation et les écotechnologies, sur fond d’une puissante dynamique collective. La France donne le sentiment d’une évolution plus incertaine, plus contrainte par ses configurations socioinstitutionnelles et culturelles, moins en prise sur le monde et en phase avec la société.

Ce sont ces perspectives et ces différences que nous avons cherché à mettre à jour et à interroger en réunissant un panel de chercheurs en sciences sociales, essentiellement sociologues, mais aussi politistes français et allemands de l’environnement à l’occasion d’un colloque à Strasbourg. Le présent ouvrage constitue la suite éditoriale, amplement revue et complétée, de ce colloque. Il offre un panorama large et ouvert des principaux travaux, champs et courants de recherche à l’oeuvre dans les deux pays et de leurs arrière-plans. Il propose une exploration en profondeur de la thématique environnementale et des modalités d’appréhension divergentes qu’ont empruntées ces deux sociétés pour y faire face.

L’Harmattan (Collection « Sociologies et environnement ») 46.50 € • 480 pages

Les auteurs :

L’ouvrage rassemble les contributions de H. Lange, G. Bechmann, R. Grundmann, T. Jahn, K.-W. Brand, J. Huber, M. Birke, B. Glaeser, I. Schultz, R. Keller, F. Reusswig, pour les auteurs allemands et B. Kalaora, L. Charles, A. Micoud, D. Duclos, F. Pinton, S. La Branche, M. Leroy, L. Mermet, C. Claeys, J.-N. Consales, C. Barthélémy, F. Rudolf, F. Chateauraynaud pour les auteurs français.

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Métropoles en débat : (dé)constructions de la ville compétitive

sous la direction de Antoine LE BLANC, Jean-Luc PIERMAY, Philippe GERVAIS-LAMBONY, Matthieu GIROUD, Céline PIERDET, Samuel RUFAT

Collection « Espace et justice » Presses universitaires de Paris Ouest

Couv Métropoles en Débat

La compétitivité, un horizon incontournable de la ville ? Aucune ville n’y est en tout cas insensible, ni les favorites des classements internationaux, ni celles ne pouvant prétendre qu’à une place régionale, ni même les autres, reléguées de la hiérarchie mondiale mais impatientes de faire bonne figure. Cet ouvrage a précisément pour objectif d’interroger une telle unanimité. Que signifie au juste ce terme de « compétitivité » dont toutes les villes usent voire abusent ? Comment se fait-il que les autorités des villes les plus pauvres de la planète, pourtant incapables de concourir, se laissent prendre elles-mêmes à ce discours ? Quelle place accorder à un « impératif » de compétitivité dans le fonctionnement des villes et particulièrement des métropoles, en regard des autres enjeux urbains, notamment de justice sociale et de justice spatiale ? Qui dit la ville compétitive, qui la construit idéologiquement et matériellement ? Cet ouvrage tient toute sa place dans les débats contemporains sur l’urbain : il a pour ambition de démontrer que c’est bien à la lecture de la tension entre compétitivité et justice, entre enjeu économique et enjeu social, que l’injonction à la ville compétitive et ses conséquences spatiales méritent d’être déconstruites.

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Politiques publiques dans les pays nordiques : dissiper les mythes de la consommation durable

 Les pays nordiques ont l’ambition d’être leaders en termes de durabilité, en favorisant la consommation et les modes de vie durables grâce à des politiques efficaces est une partie importante de la réalisation de cet objectif. Le rapport de recherche ci-dessous, publié récemment par le Conseil Nordique des Ministres (forum de coopération gouvernemental pour les pays nordiques), démontre que les contributions de la science comportementale et sociale ne sont pas systématiquement intégrées dans la conception des politiques publiques. Par conséquent, certaines idées fausses persistantes – mythes sur le comportement des consommateurs – se perpétuent dans le discours dominant, en particulier dans les milieux politiques. Le but de cette étude est de dissiper les mythes qui entravent la durabilité en mettant en avant les preuves existantes sur le comportement des consommateurs pour aider au développement de politiques efficaces dans les pays nordiques. Une méta-analyse de la recherche internationale existant sur le comportement des consommateurs de la psychologie, la sociologie, l’économie comportementale, la politique et l’anthropologie a été menée. Les résultats démontrent qu’il est irréaliste de s’attendre à une société durable se concrétise à partir des stratégies politiques actuelles. Les modifications nécessaires sont importantes et cette étude montre que les décideurs politiques ont besoin de créer une « politique du possible » vers la durabilité en utilisant en synergie la pléthore de stratégies et d’outils existants et innovants. On peut ne pas partager la finalité de ce rapport, tout en louant l’effort critique important réalisé par cette institution.

Il met notamment en évidence dix mythes sur le consommateur vert :

– la consommation verte est la solution ;

– les consommateurs devraient mener le changement vers la transition ;

– si tout le monde en faisait un peu, nous pourrions faire beaucoup ;

– des actions environnementales simples et faciles vont entraîner les gros changements ;

– plus d’informations entraîne des comportements plus durables ;

– faire appel aux intérêts personnels est la voie vers des comportements durables ;

– la durabilité signifie « vivre à l’âge de pierre » ;

– les gens sont plus heureux quand ils gagnent et consomment plus ;

– la propriété privée est plus attirante que le partage des biens ;

– les politiques publiques de consommation sont trop sujettes à controverse pour être accepté par le public.

Rapport en PDF (en anglais)

Site des publications du Conseil Nordique des Ministres

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Ambiances

Revue internationale sur l’environnement sensible, l’architecture et l’espace urbain

Issue du Réseau International Ambiances et publiée sur revues.org, la revue Ambiances a pour objectif de mettre à l’épreuve du sensible nos manières d’habiter et de concevoir le monde contemporain. En introduisant le sensorium humain au cœur du questionnement sur les espaces architecturaux et urbains, il s’agit d’éclairer sous un jour nouveau les modes de conception et de fabrication de l’environnement construit, de donner toute sa place à l’expérience habitante et aux situations ordinaires de la vie urbaine, de prendre la mesure des mutations écologiques, sociales et esthétiques des villes.

La revue Ambiances publie des articles en français ou en anglais. Elle accepte des contributions isolées, ou des propositions de numéros thématiques.

Pour soumettre un article à la revue, consulter l’appel à contributions permanent. Le comité éditorial

Thomas Leduc, Anthony Pecqueux, Nathalie Simonnot, Daniel Siret, Jean-Paul Thibaud Contact : journal@ambiances.net

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Le droit saisi au vif. Sciences, technologies, formes de vie

Marie-Angèle Hermitte (Entretiens avec Francis Chateauraynaud)

Éditions Petra, Collection Pragmatismes 2013

Marie-Angèle Hermitte revisite quarante ans de recherches menées sur les frontières du droit au fil d’une série d’entretiens avec Francis Chateauraynaud. Si le rapport biologie-droit domine la conversation, le développement économique et ses limites, les mécanismes de marché et les valeurs non marchandes, les phénomènes de concurrence, les rapports Nord-Sud et les propriétés intellectuelles plantent le décor, un « écosystème », dans lequel s’installent les biotechnologies naissantes. Marie-Angèle Hermitte évoque les mutations de la recherche et des terrains aussi différents que l’industrie française ou les villages malgaches. Elle présente sa vision du droit comme cet « autre monde », déformation subtile du « vrai monde ». Comme si le droit organisait l’ordonnancement de tout ce qui surgit d’un côté du miroir et doit trouver sa place de l’autre côté. Parmi les objets de droit, il faudra mettre à leur juste place l’ADN, les cellules, les variétés végétales, les ondes électro-magnétiques, l’atmosphère… Mais comment recevoir, ou refuser, les aspirants à la qualité de sujets de droit, ceux qui prennent une figure humaine, comme les générations futures ou ces entités discutées que sont les embryons et les fœtus, mais aussi les non-humains parmi lesquels la diversité biologique et tous les êtres végétaux ou animaux qu’elle abrite ? Imprégnée d’un monde enchanté qui lui inspire une forme d’animisme juridique, Marie-Angèle Hermitte dessine le droit comme une architecture en perpétuel renouvellement où circulent sujets et objets.

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Analyse sociologique de la consommation d’énergie dans les bâtiments résidentiels et tertiaires Bilan et perspectives

Rapport pour l’ADEME réalisé par Gaëtan Brisepierre (sociologue) – Décembre 2013

Depuis environ une décennie, les sociologues français se sont emparés de l’énergie comme objet de recherche dans le contexte renouvelé de la transition énergétique. Plusieurs colloques et séminaires scientifiques se sont tenus, de nombreuses thèses de doctorat ont été réalisées ou sont en cours, et le nombre de publications d’articles sur le sujet a considérablement augmenté. Cette production est le fait de chercheurs travaillant dans des laboratoires de recherche, mais aussi de sociologues exerçant au sein d’organismes publics, d’entreprises privées ou en tant qu’indépendants.

Une grande partie de ces recherches portent sur la consommation d’énergie dans les bâtiments résidentiels et tertiaires. En effet, le bâtiment est le secteur clé de la transition énergétique car c’est celui qui offre le plus important potentiel de maîtrise de la demande d’énergie (MDE). Un consensus existe désormais sur le fait que ce gisement ne pourra pas être uniquement exploité par la diffusion du progrès technique (efficacité énergétique) mais demande aussi une mutation des comportements quotidiens et des modes de vie. La plupart des scénarios prospectifs misent en partie sur « la sobriété énergétique » pour atteindre les objectifs de Facteur 4 en 2050.

Malgré le foisonnement des recherches d’un côté, et une demande de connaissance des « comportements » de l’autre, on peut faire le constat d’un déficit de visibilité des recherches en sociologie de l’énergie auprès des acteurs engagés dans la transition énergétique. Cette situation s’explique en partie par la production d’une « littérature grise » (confidentielle), ainsi que par la difficulté des acteurs à identifier et à s’approprier des publications qui répondent aux normes académiques.

L’objectif de ce document de vulgarisation est de faciliter l’accès aux principaux résultats de la recherche en sociologie sur la consommation d’énergie des bâtiments. Il se veut un outil d’aide à l’appropriation des connaissances principalement destiné à un public de non sociologues mais ayant déjà une connaissance du sujet. Il vise également une valorisation des publications existantes et une identification de leurs auteurs. Le document comporte trois parties :

un bilan des connaissances structuré autour de thèmes connus de tous, rédigé dans un langage clair et direct, et adoptant une forme concise. A la suite de chaque synthèse, une bibliographie interactive permet d’accéder facilement à des publications disponibles en ligne afin d’approfondir le sujet.

des perspectives d’orientation de la recherche basée sur une série d’entretiens auprès « d’utilisateurs » de la sociologie de l’énergie (voir Annexe B). Elles proposent une analyse de la perception de la sociologie de l’énergie, ainsi que des orientations et des pistes de recherche.

Précisons que le bilan ne prétend pas être un état de l’art scientifique, qui a été en partie réalisé par ailleurs sur la question des usages et du confort[1]. L’esprit de vulgarisation qui anime ce travail nous a conduits à sélectionner certains résultats saillants et à privilégier la reformulation plutôt que la citation. Chaque synthèse s’appuie sur les travaux de multiples chercheurs mentionnés dans les bibliographies en fin de partie et de document. Par ailleurs, l’exercice du bilan reste délicat car la sociologie ne produit pas de résultats définitifs étant donné que son objet d’étude est en perpétuelle évolution. La connaissance sociologique est plutôt à voir comme un processus, dont ce document constitue l’une des étapes, œuvrant pour une diffusion plus large et ouvrant vers de nouvelles perspectives.

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Pour une sociologie de l’environnement

Bernard Kalaora et Chloé Vlassopoulos

Champ Vallon / Revue Cahiers d’anthropologie sociale N°9 Dossier Leurrer la nature (L’Herne)

 « Sous l’influence de Durkheim, et de la coupure qu’il instaure entre nature et société, la sociologie française a tardé à s’intéresser aux questions écologiques. Les auteurs signalent également le tropisme hexagonal consistant à compartimenter les disciplines universitaires ou les domaines de l’action de l’état, qui aboutit à un « éparpillement » de la recherche et à une fragmentation de l’engagement public, le ministère de l’Environnement ayant par exemple multiplié les directions et séparé ce qui concerne les risques et pollutions de ce qui revient à la protection de la nature, ou encore à l’aménagement et au cadre de vie. D’une manière générale, l’environnement est réputé relever des champs scientifiques, ceux de la biologie ou de la climatologie et la dimension écologique du social, l’insertion de l’homme dans son milieu naturel et les interactions qui s’y produisent semblent hors de portée des sciences sociales. Pourtant les rapports entre nature et société sont souvent au centre des enquêtes des anthropologues, des géographes ou plus récemment des historiens, notamment pour ces derniers les relations au climat ou à la forêt. Mais en France la sociologie reste dominée par les paradigmes de classe ou de structure.

 Rien de tel chez nos amis anglo-saxons, en vertu sans doute d’une lointaine influence de l’empirisme et du pragmatisme. Aux États Unis, des philosophes comme Emerson ou Thoreau ont porté sur la nature sauvage un regard presque mystique, très éloigné de « l’amour envahissant du paysage » qui a conduit chez nous à une approche patrimoniale du « cadre naturel ». Au seuil du XXe siècle l’École de Chicago, premier département universitaire de sociologie au monde, développe en son sein un courant d’écologie humaine, d’emblée interdisciplinaire et mêlant dans ses théories les populations, les institutions et l’espace. Un rejeton tardif de cette école, le sociologue francophile Howard Becker, chantre de « l’interactionnisme symbolique », illustre l’idée de « société organique » en évoquant dans Les Ficelles du métier l’enquête de McEvoy sur les pêcheurs californiens qui met en relief les connexions mutuelles entre les oursins, les loutres, les marchands de fourrure russes et les amateurs chinois d’ormeaux. Je vous raconte l’histoire, elle est révélatrice de ces liens entre les vivants, humains et non humains, et leur écosystème planétaire. Les oursins et les ormeaux raffolent du varech, qui fournit nourriture et abri à une grande variété de poissons. Les loutres, elles, adorent les oursins et les ormeaux. Là où elles sont assez nombreuses et se régalent des fruits de mer, le varech prospère, et les poissons aussi. Lorsque les marchands de fourrure, notamment russes, épuisèrent l’espèce des loutres dans la région, les ormeaux se mirent à proliférer pour le plus grand bonheur des Chinois, grands amateurs du coquillage, qui le ramassaient en quantité pour le consommer et le vendre. D’où le retour du varech, et des eaux poissonneuses. Conclusion d’Howard Becker : « Les instincts naturels des poissons, les habitudes culturelles des humains et les données géographiques de l’environnement entretiennent des connexions mutuelles qui illustrent la complexité des liens entre les hommes et l’ensemble du vivant ». C’est cette solidarité  qu’on peut appeler écologie. Les sociétés traditionnelles la pratiquent comme une réalité sociale depuis des millénaires. Ce que suggèrent les auteurs, c’est que nos chercheurs en sciences sociales réapprennent la prose, comme M. Jourdain, et ils citent l’un des tenants, avec Bruno Latour, de la « théorie de l’acteur-réseau », Michel Callon, qui a étudié le projet de réimplantation de la coquille Saint-Jacques dans la baie de Saint-Brieuc et mis en valeur un phénomène de « traduction » opéré par les chercheurs entre le langage des mollusques bivalves tel qu’exprimé par les scientifiques, celui des marins bretons soucieux de leur survie économique et celui des pouvoirs publics, traduisible en termes d’image de marque et de sécurité alimentaire. C’est à ces conditions de coopération entre des acteurs différents que la synergie écologique peut se produire » (texte de Jacques Munier – France Culture).

Présentation complète en PDF

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Thèses et documents de recherche

Tarifs résidentiels pour la réduction de la consommation électrique : une évaluation expérimentale d’acceptation et d’impact

Thèse soutenue par Laure Frachet

Thèse en format PDF

 

Deux textes de Jérôme Rollin

Jérôme Rollin, 2012, « L’aménagement durable et la quête de la pluridisciplinarité : urbanisme et assainissement individuel en Provence », dans Mésini B., Aménagement durable des territoires méditerranéens, Marseille, Presses universitaires de Provence, Presses universitaires d’Aix-Marseille, p.197-213.

 Jérôme Rollin, 2013, « Assainir la ville diffuse : l’impossible contrôle de l’urbanisation par les réseaux », Paris, Éditions du CTHS.

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Pour un habitat écoresponsable de qualité et financièrement accessible en Saône-et-Loire

Thèse soutenue par Mathilde Chamodot le 1er mars 2013

Thèse en format PDF

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L’habitat participatif : Une solution pour le logement abordable?

Centre d’Études Techniques de LYON (Département Construction Aménagement Projet) Mars 2013

Rapport en PDF

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Cultiver son jardin, s’inscrire dans la ville

Approche anthropologique des community gardens de new york city

Sandrine Baudry

Thèse de Doctorat (Université paris 7 – Denis Diderot)

Thèse en PDF

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Quelle gouvernance territoriale pour une urbanisation orientée par le rail dans les aires

métropolitaines? Les leçons d’une expérimentation régionale

Marie-Christine Fourny, Grégoire Feyt, Thomas Leysens, Sylvie Duvillard, Kirsten Koop,

Magali Talandier (Communication présentée au colloque ASRDLF 2013 « Cultures, patrimoines et

savoirs », UCL- Mons (B), 8 au 11 juillet 2013)

Communication en PDF